Biodiversité : on commence à parler de la « Déclaration de Mayotte »

Les DOM vont-ils devenir territoires d’expérimentation au regard des périls environnementaux qui les cernent ? C’est en tout cas l’objet de la déclaration signée à l’issue du colloque des CCEE ultramarines le mois dernier.

Le grand rassemblement des Conseils de la Culture, de l’Education et de l’Environnement (CCEE) des DOM qui s’est tenu à Mayotte du 16 au 18 octobre dernier, n’aura peut-être pas été vain. Le thème choisi rassemblait tous les enjeux des territoires ultramarins, coincés entre développement et protection de l’environnement : « Biodiversité et développement maîtrisable : quelle place pour la préservation et la valorisation du patrimoine naturel de nos départements d’outre-mer dans les politiques de développement, d’aménagement, de recherche et d’éducation ? »

La tenue à Mayotte de ce genre de raout ultramarin après celui de l’ACCD’OM l’année dernière, prouvait selon le préfet Frédéric Veau, la place que tenait au sein des DOM le 5ème petit dernier.

Il ne pensait pas si bien dire, puisqu’à l’issue de la signature d’un document commun, on pourrait parler de « Déclaration de Mayotte ». A la suite de l’accord de Paris, ça en jette !

Mayotte comme électrochoc

Le site du journal France Antilles se fait en effet l’écho d’une prise de conscience d’un nécessaire statut juridique particulier pour les territoires ultramarins de la part des CCEE, « La Déclaration de Mayotte fera-t-elle date ? », interrogeait le média antillais.

La Déclaration de Mayotte du colloque inter CCEE 2017 signée le 18 octobre par les 5 présidents, porte « sur la biodiversité en règle générale en lien avec le thème du colloque », précise Abdoulkarim Youssouf, du CCEE Mayotte. Dommage qu’elle n’ait pas été transmise dans la foulée aux médias locaux. Et il aura fallu batailler pour l’obtenir.

Le péril de la biodiversité à Mayotte aura-t-il joué comme un électrochoc ? La croissance démographique soutenue doublée d’une forte pression migratoire, implique de satisfaire les besoins de la population en rattrapant le retard en infrastructures, et ceci, sur une territoire qui représente avec ses 374kms2 « moins que le 10ème d’un département hexagonal », comme le rappelait le préfet de Mayotte, et en tenant compte des contraintes de prévention des risques.

L’entrée en piste de la « mitigation »

Les autres départements ont fait valoir leurs propres contraintes, notamment le réchauffement climatique et la montée des eaux, « 3mm par an, 82 cm d’ici 2100 » aux Antilles, énonçait son représentant.

Des périls qui amènent les présidents des Conseils à demander l’attribution d’un « statut juridique particulier », celui de « territoire d’expérimentation ». Il permettrait de « mettre en place un plan d’éducation à l’environnement en concordance avec les aspirations de la population », et de « faire de nos territoires des modèles exemplaires de mitigation », c’est à dire d’adoucissement des impacts, dans ce cas, sur l’environnement.

Membre du conseil d’administration de l’Agence Française de la Biodiversité, la conseillère Bichara Bouhari Payet se réjouissait de cette prise de décision, mais n’en connaissait pas encore les tenants et les aboutissants. La Déclaration de Mayotte implique les Agences régionale de la biodiversité : « Elles constituent l’outil structurant de mise en œuvre de politiques volontaristes de préservation et de valorisation de la biodiversité. Il importe donc de faire en sorte que ces instances jouent pleinement leur rôle et intègrent des compétences locales ».

Une mention précise la mise en place de « moyens pérennes », répartis équitablement entre les territoires.

Les CCEE souhaitent y être force de proposition. Il faut espérer que celui de Mayotte, plutôt silencieux si on le compare à son homologue du CESEM, prenne toute la mesure des enjeux, et soit notamment moteur des actions à mettre en œuvre.

A.P-L.
Lejournaldemayotte.com

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