Cadres et médecins dénoncent « un climat de terreur » et de « racisme »

Une centaine cadres et praticiens hospitalier s’est mise en droit de retrait ce jeudi matin. Ils protestaient contre les violences et dérives communautaires qui rendent la grève « contre-productive »

Les médecins et cadres du CHM n’en peuvent plus et le font savoir. Ce jeudi matin, ils étaient une centaine à se réunir à l’entrée des Urgences pour protester contre certaines des méthodes qui rendent selon eux la grève « contre productive ».
« On attend une intervention forte des pouvoirs publics, résume Nicole Cogghe, cadre supérieure de santé et représentante du syndicat des managers hospitaliers. Il n’est pas question de faire stopper la grève, dont les revendications sont légitimes par rapport à l’offre de soin, mais qu’elle se fasse dans le cadre légal. On ne peut cautionner les violences, ce racisme sous-jacent. Ils vont jusqu’à virer des malades des Urgences car ils ne sont pas de la « bonne communauté », si vous voyez ce que je veux dire. »

Des « actions racistes » qui sont confirmées par une médecin urgentiste selon laquelle des patients ont été malmenés à Mamoudzou mais aussi dans des dispensaires où des « femmes leader » ont été appelées en renfort des grévistes.
En outre selon le communiqué des cadres « A Dzaoudzi, ces ‘femmes leader’ vont même jusqu’à exiger de faire le tri à l’accueil à la place des agents. L’intrusion de ces femmes avec la collaboration des grévistes fait forcément intégrer des notions de lutte communautaires, qui ne font pas partie des revendications initiales, et sont surtout contraires à nos valeurs de soignants et d’agents du service public. » Menaces et injures raciales sont aussi dénoncées, « quelquefois perpétrées par des personnes extérieures au CHM ».

Des discussions ce jeudi avec le ministère de la Santé

Autre frein au travail du personnel, de puissantes enceintes ont été placées à l’entrée du CHM, diffusant de la musique à fort volume en direction des locaux administratifs, mais causant aussi une gêne potentielle pour les patients hospitalisés. « Mardi, on enregistrait 120 décibels dans les bureaux » déplore la cadre. Elle dénonce aussi la fermeture du centre Jacaranda qui entraîne une surcharge des urgences. « On est passé de 130 entrées par jour à près de 400. On sait que des patients meurent faute de soins, car ils ne viennent pas chercher leur traitement depuis plusieurs jours. Les grévistes alimentent un climat de terreur. Le droit de grève doit s’appliquer, mais dans le droit légal, le respect des missions et sans agresser les gens » conclut-elle.

La directrice du CHM Catherine Barbezieux est venue à la rencontre des médecins et cadres « dans un message d’apaisement, car je suis la directrice de tout l’établissement. On a cette particularité de travailler autour de l’humain, j’ai vu l’ensemble des soignants, métropolitains et mahorais autour de patients à les soigner main dans la main » témoigne-t-elle, soucieuse de tuer dans l’œuf les tensions communautaires. Elle estime en outre n’avoir « pas d’éléments objectifs » accréditant les accusations d’actes racistes dans ses services.

« Certains se plaignent toutefois d’avoir été bousculés, faisant valoir leur origine, mais je fais bien la différence entre la grève et les exactions » tranche-t-elle finalement. Des propos de nature à rassurer les non-grévistes qui réclament des sanctions internes contre les grévistes sortant du cadre légal.
Du côté de l’ARS, on nous assure que « le ministère confirme sa volonté de dialogue et d’ouverture ». La réunion prévue mercredi doit avoir lieu ce jeudi, toujours par visioconférence, avec le médiateur nommé à Paris il y a quelques jours.

Yohann DELEU

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