Caillassages, incendie d’habitation, agressions, barrages : La sécurité à Mamoudzou est hors de contrôle

Après une semaine et un weekend épouvantables dans le grand Mamoudzou, il semble évident que la police est incapable de faire face au déferlement de violences. D’un point chaud à l’autre, c’est la gestion permanente de l’urgence, à défaut d’être en mesure de la prévenir.

Ce sont trois personnes qui ont finalement été interpellés après les échauffourées qui ont conduit à l’interruption de la course de pneus ce samedi. Les scènes de panique et les mouvements de foule ont marqué profondément tous ceux qui les ont vécu. Mais bien au-delà, l’arrêt de la course est le symbole d’une délinquance qui submerge tout, même les événements qui sont pourtant particulièrement encadrés, avec une présence très forte de forces de l’ordre.

Avant la course de pneus, les tensions entre les bandes de Cavani et de Mgombani étaient pourtant palpables. Depuis 3 ou 4 jours, elles menaçaient clairement de déborder sur l’événement populaire du weekend, dont on savait qu’il allait amener des milliers de personnes dans le centre-ville. Ce sont des histoires de téléphone et de scooter volés qui étaient à l’origine de ces tensions. La police avait procédé à 6 interpellations vendredi soir mais visiblement, la nécessaire médiation pour apaiser ce conflit n’a pas été réalisée.

Dès la fin de la matinée de samedi, du côté du lycée Bamana, des jeunes de Mgombani sont venus agresser deux jeunes de Cavani à coup de couteau. Avant qu’ils ne jonchent la chaussée de bris de verre… la suite des événements est connue jusqu’à l’utilisation des gaz lacrymogène par la police à proximité de la Pointe Mahabou et l’interruption de la course de pneus.

Des représailles aux décasages légaux

Pourtant, ces événements liés à la course de pneus ne sont peut-être pas les plus graves du weekend à Mamoudzou. Deux agressions hyper-violentes ont eu lieu en lien avec les personnes décasés légalement il y a quelques jours .

D’abord à Passamainty, un homme a été agressé chez lui, dans le quartier « Vietnam » par une vingtaine de jeunes venue se venger. Ils reprochaient à leur victime d’avoir donné des renseignements à la police avant l’opération de décasage légale, menée par les autorités sur décision de justice. Tabassé à coup de rondin de bois, l’homme a reçu un coup de couteau à une main nécessitant une intervention chirurgicale importante.

La 2e agression s’est déroulée à Tsoundzou. C’est la famille du conseiller Chiaboudine qui était visée par ces actions de représailles. On parle de tentative de meurtre sur un homme et d’une habitation incendiée. Une personne a été hospitalisée, choquée par le déroulé des événements.

Prévention et médiation ou conflits

Si on ajoute à ces événements, les nouvelles agressions intervenues sur la route de Vahibé, cette semaine, avec des troncs d’arbres couchés sur la chaussée pour obliger les voitures à s’arrêter, et des conducteurs et passagers violemment dépouillés, le tableau fait froid dans le dos.

Ce n’est pas la première fois que nous l’écrivons mais il semble évident que le commissariat est contraint de courir après des affaires toujours plus graves alors qu’elles nécessiteraient une véritable stratégie pour les prévenir.

Partout, les phénomènes à l’œuvre sont connus. Dans une société de tradition orale, il semble plus que jamais nécessaire qu’à Mamoudzou, les forces de l’ordre réapprennent la gestion des tensions avant qu’elles ne se transforment en véritables conflits. Ce n’est qu’à cette condition, que nous sortirons, peut-être, d’une chronique des faits divers toujours plus violente et même sanglante.

Car malheureusement, dans cette crise sécuritaire invraisemblable, personne ne peut croire que le pire est derrière nous.

RR
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