Coupes dans le budget politique de la ville : les premières victimes

La nouvelle avait été annoncée en juillet, mais vient d’impacter les recettes des associations et des collectivités : la diminution des fonds publics touche ceux qui œuvrent à l’accompagnement des publics les plus fragiles

Pour réduire les écarts de développement au sein des villes et redonner les moyens aux quartiers défavorisés en améliorant les conditions de vie de leurs habitants, l’Etat a mis en place la politique de la ville, qui dispose de moyens d’intervention spécifiques. Mais ces aides viennent d’être revues à la baisse par le gouvernement en raison des économies budgétaires à réaliser.

Sur l’ensemble du territoire national, 5,5 millions de personnes vivent dans les 1.500 quartiers les plus pauvres, 36 quartiers sont concernés à Mayotte. L’enveloppe distribuée par la préfecture bénéficie aux communes, aux associations et au conseil départemental. Elle a permis notamment de se doter des Adultes relai dans les écoles, des médiateurs Peps, de la formation de dirigeants d’association, etc..

Or, un décret pris par le gouvernement le 20 juillet 2017, indique que le programme 147 de la politique de la Ville sera amputé de 11%.

« Baisse de 50% de ma subvention »

Financé comme tous les autres par le Commissariat général à l’égalité des territoires (CGET), le Centre de ressources politique de la ville (CRPV) de Mayotte nous confirme la coupe : « Nous avons pour cette année une enveloppe de 123.500 euros, contre 150.500 euros l’année dernière. Une baisse manifeste qui nous a contraint à ne pas renouveler un emploi à temps plein », explique au JDM Odile Matignon, Directrice du CRPV. Et encore, la préfecture par le biais de Dominique Fossat, Sous-préfet à la Cohésion sociale, a limité les dégâts, « il est arrivé à conserver la subvention-socle ».

Si les maires par l’Association des Maires de Mayotte (AMM) se disent inquiets, sans chiffrer exactement la perte, les petites associations ont rapidement fait leurs comptes. « Yes we Can nette » est dans ce cas : « L’administration m’oppose une baisse de 2.500 euros, faisant chuter la subvention de 10.000 à 7.500 euros. Une baisse de plus de 50%. Après la remise en cause des emplois aidés, la pérennité des associations se pose », déplore Laurent Beaumont, le président de l’association d’épicerie participative, qui permet d’acheter des denrées alimentaires à prix plancher contre la remise de canettes usagées.

Cibler les gaspillages

Du côté des emplois aidés justement, rien n’est encore très clair. Si le premier ministre a fait une petite marche arrière, on ne connaît pas les bénéficiaires des 200.000 contrats préservés, mais on sait que la participation de l’Etat chute à 50%. Les deux mesures cumulées pourraient handicaper fortement des actions mises en place par les associations ou les communes.

La diminution des aides publiques tous azimuts touche par exemple l’association Solidarité Mayotte sur sa demande de complément de bons d’achat alimentaires pour les populations fragiles.

Une politique de restriction budgétaire qui doit être mieux ciblée sur les gaspillages, notamment de certaines communes, pour épargner les structures qui les utilisent intelligemment, comme la commune de Chirongui, et éviter ainsi de venir gonfler les statistiques du chômage.

Anne Perzo-Lafond
Lejournaldemayotte.com

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