L’esprit du Musée de Mayotte à Bandraboua pour la Grande Collecte

Abdoul Karim Ben Saïd et Pauline Gendry avaient investi le foyer de Bandraboua samedi matin. Le Chargé de mission du Musée de Mayotte (MuMa) et la Directrice des Archives départementales voulaient faire d’une opération deux coups.

« Une partie de la population regrette que le musée soit en Petite Terre et me demande de sortir de temps en temps de Dzaoudzi », explique Ben Saïd Abdoul Karim, en justifiant son choix pour le nord de l’île, « la bibliothèque de Bandraboua est très active, nous comptions donc sur leurs médiateurs pour répercuter l’opération ».

Car il s’agissait de communiquer sur la « Grande Collecte », cet événement national qui en est à sa 3ème édition, la première pour Mayotte. Elle consiste à récolter les objets, photos, souvenirs, qui ont fait à un moment l’Histoire de Mayotte dans sa région, sur le thème « D’une rive à l’autre du Canal du Mozambique, les relations entre Mayotte, l’Afrique et les îles du sud-ouest de l’océan Indien du XIXème au XXème siècle. »

Un événement sur lequel compte beaucoup Pauline Gendry : « L’addition des mémoires locales produit la mémoire nationale. Certains objets sont jetés par les familles, alors qu’ils sont de précieux témoignages sur la manière de vivre. Nous les numérisons, puis nous les restituons aux familles qui le demandent. »

Gallieni en chaise à porteur

Elle cite en exemple un don d’un homme politique de Bandraboua, ancien tailleur : « Il nous a donné toutes ses archives et ses objets usuels de la période où il était tailleur pour l’administration ».

Autre pépite, en 2014, un métropolitain est venu donner une copie numérique de ses photos de famille d’un oncle ingénieur, « il avait travaillé sur le chantier du canal des Pangalanes sur la côte est de Madagascar. On y voit notamment le général Gallieni sur une chaise à porteur dans les rues de Tananarive. » Un cabinet d’architecture a également légué ses archives. Certains secteurs professionnels de Mayotte ont sans doute des témoignages précieux qui pourraient intéresser les Archives.

Mais la population a partiellement raté ce rendez-vous à Bandraboua, « nous avons pu visionner quelques objets », se réjouit malgré tout Pauline Gendry, « des pièces de monnaie anciennes et récentes, de Tanzanie, d’Afrique du sud, d’Angleterre, de Thaïlande. »

Fouiller dans les vieilles caisses

Les enfants de Bandraboua, eux, ont pu profiter des animations que le musée avait mis à leur disposition, avec notamment les petites figurines en pâte à sel , qui se décomposent sous l’humidité mahoraise, conçues par Noëlle Bessier, Documentaliste en charge des Collections. Elles ont les traits des autochtones de différents pays, qu’il faut savoir replacer sur l’échiquier mondial. Mais au sud des Etats Unis, les enfants voient… l’Afrique. Il faudra recommencer plusieurs fois l’exercice.

Plus loin, un « Jeu de l’hippocampe » épouse les règles du jeu de l’oie, alors que sur un grand tapis, plusieurs puzzles permettent de découvrir des objets usuels, déjà passés à l’état de mémoire, comme le fer à charbon. « Un habitant est venu nous en léguer un ».

Il est encore temps de fouiller dans vos archives*, la Grande Collecte dure encore un mois.

Anne Perzo-Lafond
Le Journal de Mayotte

* Pour contacter les Archives départementales : 0269 64 97 97

mots clés de l'article : Culture , société , Thaïlande , orange , Tanzanie , Une , Afrique du sud , archives départementales , MUMA , Musée de Mayotte , Gallieni , grand collecte

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