La Chambre régionale des comptes salue le redressement des comptes de Bouéni

La CRC a épluché les budgets 2016 et 2017 de la commune de Bouéni et lui donne un bon point. Elle salue les mesures de redressement prises et sort les comptes de la commune de la tutelle préfectorale.

Pour chacun de nous, la fête nationale c’est le 14 juillet. Mais cette année, à Bouéni, c’était plutôt le 28 juillet. Ce jour-là, la Chambre régionale des comptes (CRC) de Mayotte-Réunion a rendu un avis sur les budgets de la commune très attendu par la municipalité. Alors que les finances de Bouéni étaient sous tutelle préfectorale depuis une dizaine d’années pour cause de déficit incontrôlé, la CRC a levé cette mise sous tutelle.

« La Chambre constate que le budget primitif de l’exercice 2017 de la commune de Bouéni comprend les mesures suffisantes pour résorber le déficit constaté à la clôture des comptes de l’exercice 2016 », écrit la Chambre.

« C’est un grand soulagement », confie Mouslim ABdourahaman, la maire de Bouéni. « Cette situation était très prenante. Ca représentait beaucoup de charge de travail pour les agents et les élus. Sous tutelle, on doit produire énormément de justificatifs, ça occupe en permanence. Et puis la commune n’est pas libre de ses choix. Maintenant, c’est une grosse liberté que nous retrouvons après 3 années d’exercice et de gestion rigoureuse ».

Une bonne gestion

La CRC explique que selon les dernières dispositions prises par la municipalité, le budget primitif de 2016 a finalement été arrêté en équilibre par le préfet de Mayotte, dans le cadre d’un plan pluriannuel de redressement. Ensuite, l’ensemble des mouvements comptables ont été correctement réalisés : par exemple, les investissements qu’il restait à réaliser en 2016 ont été correctement reportés dans le budget 2017.

Enfin, pour la plus grande satisfaction de la CRC, le 20 mai dernier, le conseil municipal a voté un budget primitif 2017 avec une section de fonctionnement et une section d’investissement en « équilibre apparent ». Dans les deux cas, dépenses et recettes sont exactement au même niveau, aux alentours de 5,6 millions d’euros dans les deux sections,

Dans le budget 2017, on trouve ainsi près de 3 millions de dépenses engagées les années précédentes mais non encore mandatées et 3,6 millions de recettes certaines de rentrer dans les caisses mais qui n’ont pas encore été réclamées. Un budget sans erreur significative et des relations avec les différentes administrations en ordre… Bref, d’un point de vue comptable, c’est le retour à la normale… enfin !

Une réorganisation du fonctionnement

Pour la Chambre, les mesures de redressement ont donc été suffisantes pour redresser les comptes et résorber le déficit. « Nous avons pris beaucoup de mesures significatives et qui vont avoir un impact sur le long terme. Par exemple, il n’y a que le maire qui a un téléphone portable. Les adjoints ou les conseillers n’en n’ont plus, comme c’était le cas avant. On a donc une toute petite facture de téléphonie. On a imposé à tous les services de gérer leur comptabilité pour n’engager que des dépenses nécessaires et prioritaires. Et puis, on a réorganisé les services pour ne plus dépenser inutilement et fluidifier l’action municipale », explique Mouslim Abdourahaman.

Des investissements ont également été décalés dans le temps, comme par exemple la réception de la MJC de Bambo, qui aurait nécessité de nouveaux coûts de fonctionnement.

Parallèlement, la commune a bénéficié de la mise en place de l’octroi de mer et de la fiscalité locale qui ont fait entrer des recettes conséquentes dans les caisses, de quoi parvenir à l’équilibre du budget.

La première étape est donc franchie mais pas question de relâcher l’effort tout de suite. « Nous allons attendre encore un peu pour voir si on peut engager des dépenses nouvelles, comme par exemple sur le financement des associations. Il faudra voir quand nous pourrons dégager des marges de manœuvre, peut-être en fin d’année ou l’année prochaine », précise le maire. Après tant d’efforts, il serait en effet dommage de s’arrêter si près du but, si près d’une gestion saine et durable.

PM
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