La fréquentation des écoles primaires « proche de zéro pourcent »

Ecole au point mort, la rentrée n’a pas eu lieu, une semaine après la fin des vacances. Profs, élèves et administration s’organisent pour le bac. Les syndicats enseignants organisent la grève.

Alors que commence la cinquième semaine de grève, les collectifs ont fait part de leur volonté de « durcir » les barrages cette semaine. Si les acteurs de la santé sont dramatiquement impactés par ce mouvement qui s’éternise, il en va de même pour les élèves de Mayotte, privés de cours alors que la rentrée aurait dû avoir lieu il y a une semaine tout juste.

Selon les chiffres du vice-rectorat, 33% des écoles primaires étaient ouvertes vendredi -le décompte de lundi était encore en cours quand nous écrivions ces lignes-. Les écoles ouvertes comptaient un nombre variable d’élèves « de zéro à 100% »de fréquentation selon les communes indique le vice-rectorat. En moyenne, 24% des instituteurs se sont rendus dans leur établissement, ou dans le plus proche de chez eux. Moins de 1% des élèves sont allés à l’école car « la consigne de garder les élèves à la maison a été très suivie » analyse Didier Cauret, directeur de cabinet du vice-rectorat.

Dans le secondaire, tous les établissements sont ouverts, continuité du service public oblige. Vendredi, 56% des enseignants du secondaire ont rejoint un lieu de travail. Au lycée, 12% des élèves sont venus, contre 14% au collège. Le lycée de Sada, entouré de plusieurs barrages, est particulièrement touché.

L’inquiétude est grandissante parmi les enseignants concernant les élèves de première et de terminale qui passent le Bac dans trois mois. C’est pourquoi le vice-rectorat a signé un partenariat avec le CNED, Centre national d’enseignement à distance, pour mettre des outils pédagogiques à disposition des élèves de première et de terminale. Sauf pour les bac pro. « Le CNED ne possède pas de ressources pédagogiques pour le bac pro, poursuit M. Cauret, on a donc demandé que des enseignants déposent des ressources pédagogiques réalisées par leurs soins sur le site pédagogique du vice-rectorat ».

L’administration maintient sa consigne de se rendre dans l’établissement le plus proche, mais précise qu’un enseignant bloqué par les barrages, ou à court de carburant, peut s’en expliquer à son chef d’établissement. « Quelqu’un qui n’a plus d’essence ne sera pas considéré comme gréviste par exemple » précise le vice-rectorat.

Point Godwin et « rentrée ratée »

Le SNES-FSU, syndicat d’enseignants du secondaire, accuse le gouvernement et souligne « une rentrée ratée ». « Le gouvernement a fait le service minimum en prenant des mesures sécuritaires qui restent à renforcer mais le volet social est à construire. Il aura quand même fallu plusieurs semaines de droit de retrait des agents des établissements scolaires et des chauffeurs de bus, puis de grèves avec barrages pour en arriver à ces premières mesures »

Henri Nouri, secrétaire du SNES se dit « favorable aux barrages bien sur ». Présent d’ailleurs sur celui de Longoni, il appelle, conformément à la décision du collectif, à des négociations avec un émissaire de Matignon. « Quelqu’un qui soit en mesure de trancher au niveau ministériel ».
En revanche dans un communiqué rédigé dimanche (lire : Communiqué FSU 18 mars 2018), le SNES écrivait que « L’appel au boycott des élections est aussi massivement suivi aujourd’hui à n’en pas douter. Les résultats le démontreront bientôt. Des élections à faible participation entament et décrédibilisent leur légitimité. » Le taux de participation a finalement donné tort au syndicat, la population ayant bel et bien montré son attachement à l’institution qu’est le vote.

Du côté de la CGT Educ’Action, Quentin Sedes rappelle garder ses « distances » avec le mouvement. « Nous sommes très critiques sur la stigmatisation d’une partie de la population et sur ce lien systématique qui est fait entre immigration et insécurité ». Inquiet pour ses élèves, il note que « des collègues échangent par mail avec des élèves et leur envoient du travail ». Concernant les barrages, il note que « la situation se tend, on espère qu’il n’y aura pas de dérapage et que le gouvernement n’utilisera pas la force ».
Dans un communiqué (lire : Ressaisissons-nous CGT éduc 18 mars 2018, son syndicat dénonce « des rafles » dans le nord de l’île et dénonce des « agissements contraires à tous les droits humains fondamentaux (…) dignes d’une époque que nous pensions ne jamais plus revoir dans un territoire Français »

Estimant que « la balle est dans le camp du gouvernement », le syndicat appelle lui à la mobilisation du 22 mars. Contrairement au SNES pour qui cette journée ne sera « qu’un jour de plus de mobilisation ».

Y.D.

mots clés de l'article : baccalauréat

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