« La semaine précédant la visite du ministre Darmanin sera agitée »

La circulation est perturbée depuis 9h ce matin à Doujani. Le rond point sud est bloqué par les grévistes des secteurs publics et privés. Beaucoup moins de monde qu’hier mardi, et essentiellement des drapeaux CGT et quelques FO sont déployés. Du côté du conseil départemental, la journée se joue à porte fermée.

Le temps d’arrimer la sono à la voiture de tête, et le petit cortège de manifestants qui bloquait le rond point sud de Doujani s’élance à 10h vers Mamoudzou. Il va rejoindre les grévistes du conseil départemental qui sont stationné au rond point Zaina M’déré.

Quelques heures auparavant, bien malin qui aurait pu distinguer grévistes et non grévistes devant la maison Département, les agents bien alignés sur un muret ne pouvaient que constater la fermeture des portes. A un détail prés, les seconds assiégeaient plus volontiers le bar du coin pour un café matinal. Les revendications sont propres au CD, et portent sur les coupes dans les indemnités, la réorganisation des services et le respect du protocole de septembre 2016. « Le mouvement continue jusqu’à ce qu’on soit reçu », répète Haoussi Boinahedja.

Du côté du rondpoint de Doujani, les grévistes sont partagés entre deux revendications. Celles de la prise en compte des années d’ancienneté avant leur intégration, pour la fonction publique, et le refus de la réforme du code du travail pour le secteur public, mais toujours, avec des revendications mahoraises.

Les avancées… tout un chantier !

« Nous attendons avec crainte la sortie de l’ordonnance sur le code du travail de Mayotte dans le courant du mois d’octobre, ainsi que les ordonnances Macron d’ici la fin du mois », commente Salim Nahouda, secrétaire départemental de la CGT Ma. Si les accords d’entreprise sont dénoncés par le leader de son parti en métropole, il redoute le pire à Mayotte : « Une négociation par entreprise où les représentants du droit du personnel de connaissent pas le droit des salariés nous amènerait à la catastrophe. ». Il appelle à passer auparavant par les accords de branches avec une application intégrale des acquis.

Il évoque aussi la généralisation des Contrats à Durée Indéterminée de Chantier. Le CDIC a pour objet l’accompagnement d’un chantier. Il s’agit toutefois d’un CDI particulier, car il comporte une clause de rupture prédéterminée : la fin du chantier. « Après 5 ans de chantier, on devrait pouvoir décrocher un CDI, mais les salariés attendent parfois 10 ans pour l’obtenir. »

L’avion n’attend pas

Il reprend l’exemple du salarié de la société Colas Mayotte qui a menacé de se suicider du haut d’une grue, « c’est la démonstration de la précarité de l’emploi et de la crainte des salariés de cette entreprise », a-t-il dit au préfet mardi lors des échanges post manif en préfecture.

Pendant ce temps, les automobilistes commencent à montrer leur impatience au rond point, « il n’y a qu’une route, c’est facile de bloquer ! », lance l’un d’entre eux », tandis qu’un autre traverse le barrage à pied avec sa valise à roulettes, « j’étais venu en voiture, mais je dois prendre l’avion, c’est agaçant, mais je vais me débrouiller. »

Face à la faible mobilisation, Salim Nahouda n’est pas certain que le mouvement va perdurer jeudi, « nous annonçons par contre une semaine agitée avant l’arrivée du ministre Gérald Darmanin », c’est à dire à partir du 2 octobre.

Anne Perzo-Lafond

Le Journal de Mayotte

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