La ville de Lille et l’Etat condamnés pour « décasage »

Le maire de Lille aurait été bien inspiré de regarder du côté du dernier-né des départements français : à Mayotte, on sait bien qu’aucune expulsion de logement illégaux n’est possible sans décision de justice. C’est déjà assez compliqué avec…

La Ligue des Droits de l’Homme, Amnesty International, la Fondation Abbé Pierre, le Collectif Romeeurope et Gisti se font l’écho de cette décision de justice du tribunal de Grande instance de Lille (Decision TGI Lille bidonville) : la ville et l’Etat doivent réparer le préjudice causé à 15 personnes vivant dans un bidonville. Elles avaient été expulsées sans décision de justice préalable.

Plusieurs familles en situation de précarité, dont celle qui a porté l’affaire en justice, avaient été expulsées par les polices municipale et nationale, alors qu’elles habitaient un terrain vide, propriété de la ville de Lille, depuis trois semaines, « faute d’une autre solution de logement digne », rapporte LDH, qui explique que « cette décision sanctionne la pratique, trop fréquente, des expulsions de bidonvilles réalisées sans autorisation de la justice, y compris pendant la trêve hivernale ».

Instruction aux préfets

Cela n’est pas sans rappeler les opérations de « décasages » qui ont eu lieu dans le sud et le nord de Mayotte en 2016, et dont l’une a été sanctionnée par la justice de 6 mois de prison avec sursis par l’auteure des faits. Une comparaison qui s’arrête là, la pression migratoire n’étant pas comparable, et les communes métropolitaines ayant des moyens de relogement d’une autre ampleur que celles de Mayotte. Depuis, les habitants ont davantage recours à la justice en référé, mais plusieurs décisions tardent à être exécutées.

En Hexagone, plus de 11.300 personnes ont été expulsées de quelque 130 lieux de vie en 2017, d’après l’enquête LDH-ERRC, pour une estimation de 570 bidonvilles (selon la DIHAL). « La seule politique acceptable est de proposer des solutions de logement dignes à ces enfants, ces femmes, ces hommes, dont aucun n’a choisi de vivre dans ces conditions. C’est la précarité qu’il faut combattre, et non les personnes qui en sont les victimes », invite la Ligue des Droits de l’Homme.

Qui rappelle l’instruction du gouvernement du 25 janvier 2018 « visant à donner une nouvelle impulsion à la résorption des campements illicites et des bidonvilles », et adressée à l’ensemble des préfets du territoire, qui a « pour objectif la résorption des bidonvilles par l’accompagnement des personnes ».

A.P-L.
Lejournaldemayotte.com

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