Les entreprises Mahoraises lorgnent des débouchés en Afrique de l’Est

On l’oublie un peu trop souvent, mais Mayotte est niché entre Madagascar et une côte est-africaine qui n’hésite pas à nous faire les yeux doux. Pour peu qu’on ne considère pas le canal du Mozambique comme un Rubicon, ce que n’ont pas hésité à franchir la CCI, l’Agence de Développement et d’Innovation de Mayotte (ADIM), et le conseil départemental pour se rendre en mission au Kenya.

Les rencontres Africa 2017 qui se tenaient du 5 au 7 octobre à Nairobi (Kenya), sont destinées à favoriser les échanges entre les entreprises françaises et celle du continent Africain. Zoubair Ben Jacques Alonzo, Directeur de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Mayotte (CCIM) et de l’ADIM, explique que l’événement voulu par le gouvernement français, fait suite à une première rencontre, « couronnée de succès », en 2016. Paris a ciblé trois pays moteurs en Afrique : la côte ouest-africaine, francophone, avec la Côte d’Ivoire, l’anglophone Kenya et la Tunisie pour le Maghreb.

Baptisé « locomotive de l’Afrique de l’Est », c’est tout naturellement vers le Kenya que se sont tournés les entrepreneurs mahorais. Initié par Business France, l’ADIM et la CCIM, le déplacement a permis de poser les jalons d’une collaboration solide. Sept entreprises faisaient partie de la délégation, BET TEMA (bureau d’étude), SERVE U (maintenance informatique), SMFP (Formation professionnelle), Bouche à Oreille (agence de communication), Mayana Fraîcheur (Fruits et légumes), MCTP (Assainissement) et Pi2i (Consulting).

Outre les habituelles rencontres Be to Be, la délégation a senti une réelle volonté politique des Kényans de s’impliquer avec cette petite voisine qu’est Mayotte : « Arrivés le jeudi, nous étions reçus le lendemain par le ministre de l’industrie qui manifestait un grand intérêt », explique Zoubair Alonzo. Une action rendue possible par la loi Letchimy qui autorise une collectivité d’outre-mer à mener des relations bilatérales avec un autre Etat, et même à conclure des accords internationaux.

Permanence de Mayotte à Nairobi

Bien sûr, l’annulation de l’élection présidentielle d’août dernier à la suite d’émeutes qui avaient fait plusieurs dizaines de morts, et son report au 26 octobre aurait pu refroidir, « mais justement ils ont mis en avant une certaine maturité démocratique dans l’acceptation de la reconduction de l’élection ». Il s’agit avant tout de rassurer les investisseurs sur un continent où beaucoup de pays sont en quête de stabilité.

Un programme européen a été mis en place pour promouvoir ce genre de coopération, INTERREG, qui implique la présence de deux partenaires. Or là, seul le conseil départemental et l’ADIM étaient financeurs pour un montant d’environ 20.000 euros. « Pour cofinancer dans l’avenir, nous avons lancé un partenariat avec la Chambre de Commerce kényane ». Et le vice-président du Département Issa Issa Abdou, en tête de la délégation, a proposé d’installer une permanence de la CCI Mayotte à Nairobi, et vice-versa : « Les Réunionnais ont mis ce système en place à Maputo. Ils avaient les informations en temps réel, facilitant l’arrivée de leurs entreprises », rapporte Zoubair Alonzo.

Echanges en swahili

Avec une croissance de 5% cette année, le Kenya offre de nombreuses opportunités d’affaire, « à l’intérieur du pays, notamment avec une classe moyenne en développement, mais aussi à l’exportation grâce à leurs nombreux agréments. Nos entreprises, confrontées à l’étroitesse du marché local, sont intéressées pour investir et transformer au Kenya ».

Une mission similaire a été menée à Maputo, dans la capitale du Mozambique, fin août, « un partenariat qui se poursuit avec le Club d’Affaires, affilié à la CCI Internationale. » Pour Zoubair Alonzo, il était temps que ce rapprochement régional s’opère : « Nos valeurs communes nous rapprochent naturellement, facilitant des rencontres que d’autres délégations n’obtiennent pas. » Au Kenya, quelques échanges se sont fait en swahili, « sinon, nous utilisons pratiquement tous l’anglais ». La CCI envisage même de créer un Club de langues à la demande de plusieurs chefs d’entreprise qui souhaitent se perfectionner dans la langue de Shakespeare.

Un challenge régional ambitieux pour lequel nos PME n’auraient pas à douter : « Business France rapporte que beaucoup d’entre elles réussissent à l’international grâce à une politique volontariste du gouvernement ».

Les regards sont donc braqués sur l’après 26 octobre et la stabilité espérée de ce pays voisin qu’est le Kenya.

Anne Perzo-Lafond
Lejournaldemayotte

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