Lutte contre l’illettrisme : les associations locales au cœur du dispositif

Les formations territoralisées sont un dispositif expérimental de lutte contre l’illettrisme, qui se base sur la proximité et les compétences des associations locales. Un process innovant et prometteur.

Plus de 1.200 inscrits dans les sept communes engagées, le chiffre est prometteur. Les formations territorialisées, sur le papier, c’est « un ensemble d’actions de formations aux savoirs de base à destination des adultes ».
Pourquoi territorialisées ? Parce que, comme 90% de l’offre de formation se trouve à Mamoudzou, les organisateurs ont tenu à se rapprocher des communes mahoraises, pour faire venir la formation à ceux qui en ont besoin.

Cette première phase expérimentale qui a débuté l’année dernière a tourné autour de trois axes, définis en écoutant les besoins des inscrits. Ces thèmes sont la parentalité, les formalités de la vie quotidienne, et l’insertion des jeunes.
« On s’appuie sur ces problématiques pour mettre en œuvre des actions de formation, explique Dahlin Mondroha, chargé de développement territorial de la plate-forme de lutte contre l’illettrisme.

Des parents acteurs de l’éducation

Pour Zanabou Abaine, formatrice, il était urgent de « sortir de l’alphabétisation pure, qui ne donne pas de résultat. Il fallait chercher une autre façon de faire. »
C’est donc grâce à ces thématiques que les formateurs peuvent, à partir d’exemples de la vie de tous les jours, initier à la lecture et à l’écriture. Ainsi, l’intervention d’un employé de La Poste a permis de découvrir quelques formalités de base, afin de pouvoir les gérer soi-même à l’avenir. Remplir un chèque ou déposer de l’argent peut vite être un obstacle si on n’a jamais appris à le faire. Lire un carnet de notes ou de correspondance est aussi indispensable pour qui veut suivre la scolarité de son enfant. Le but étant de « faire en sorte que les parents deviennent des acteurs, et n’attendent pas que les enfants soient pris en charge par l’Etat ».

Ces exemples de la vie courante ne sont pas des fins en soi. « Il ne s’agit pas de dire aux parents comment élever leurs enfants bien sur », mais ils servent de support pour aborder les savoirs de base, acquérir les fondamentaux de la lecture.

Pour cibler au mieux les besoins des habitants, les organismes de formation et les mairies actrices du dispositif* s’appuient sur les associations locales « acteurs proches des habitants »

Trouver des salles

Mais des défis restent encore à surmonter pour que l’expérience fructueuse, continue à porter ses fruits.
La première problématique rencontrée est celle des locaux pour les formations. Certaines communes proposent des salles de classe, mais les salles ne sont pas disponibles en semaine, et les bancs sont bien trop bas pour ces adultes en formation.

La question de la pérennisation du dispositif est également sur toutes les lèvres. « Beaucoup de projets ont été initiés, peu ont continué, déplore Zanabou. Les apprentis sont en attente d’une continuité. On attend les financements. » L’argent, définitivement le nerf de la guerre.
Dernière inquiétude, celle touchant aux emplois aidés. Ces contrats subventionnés sont omniprésents dans les communes et la vie associative. S’ils disparaissent, comme l’a annoncé le président de la République, beaucoup de structures locales auront alors bien du mal à mener leurs projets à bien.

Les communes participantes sont : Acoua, Chirongui, Dembéni, Mamoudzou, Tsingoni, Sada et la communauté de communes de Petite Terre.

Y.D.

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