Matis : « Le dialogue comme une arme »

Cela fait 4 ans maintenant que la société de transport scolaire intervient auprès des collégiens pour améliorer leurs comportements dans les transports scolaires. Ils en récoltent les fruits, assurent-ils. Cette semaine, ils étaient à Dzoumogné.

L’intervention pédagogique auprès des jeunes scolaires, une action qui se révèle bénéfique selon Rafioun Houmadi Charif, Assistant chez Matis en charge de la centaine d’agents de médiation détachés du conseil départemental, « il y a eu une nette amélioration selon les agents embarqués dans les bus. Le choix de cibler les 6ème depuis 4 ans, nous permet de récolter les fruits auprès des 3ème maintenant. »

Les agents de médiation sont présents sur les lignes où les rapports entre villages ont été compliqués dans un passé récent, c’est le cas du trajet Dzoumogne-Koungou, ou Kawéni-Dzoumogne, « nous utilisons le dialogue comme une arme. »

Que ce soit le clip qui simule un accident, avec rétropédalage sur les gestes à éviter, ou « Like le respect-Où est mon avenir ? », tout est fait pour toucher la corde sensible chez les jeunes. Cette semaine, l’équipe Matis est venue porter la bonne nouvelle du civisme aux jeunes des 12 classes de 6ème du collège de Dzoumogné.

Les lycéens, eux, sont invités à des Journées Portes ouvertes chez Matis, avec visite de l’atelier mécanique et des réparations en cours. Car le but recherché est bien que l’élève s’approprie son bus, en repère les dangers, et comprenne qu’un trajet n’est pas qu’anecdotique.

« Excuse-nous, on s’est détaché ! »

« Je me souviens en 2009, d’un trajet qui s’est terminé en catastrophe », se rappelle un agent de médiation. « Les enfants ont détaché leur ceinture dès que le bus a quitté le parking. Mais peu après, le chauffeur s’est endormi, le bus a franchi le bas côté et s’est retourné. Il y a eu 15 blessés, dont 2 graves. Quand les enfants m’ont vu ensuite, ils se sont précipités vers moi en disant ‘excuse-nous, excuse-nous’, on s’est détaché ! »

Une mésaventure qui l’incite à rappeler constamment les règles de sécurité à bord. Rafioun Houmadi Charif, les oblige à se mettre en rang, sac à la main, avant de monter dans l’habitacle, à repérer les issues de secours, les marteaux brise-glaces, « centralisés au-dessus du chauffeur, car certains les emportaient chez eux », l’extincteur.

Ils apprendront à repérer les 9 places les plus dangereuses où il est vital de s’attacher, « sinon, au moindre coup de frein, vous risquez de vous retrouver dans le pare-brise, votre poids étant multiplié par 3. »

Angles morts pour le chauffeur

L’exercice d’évacuation incendie ne sera pas minuté, pour cause de pluies intense sur Dzoumogné ce matin là, mais le positionnement dans le bus a été longuement répété. « Nous avons eu à gérer un incendie l’année dernière, mais sur un petit bus de 9 places », nous précise Rafioun.

Ils ont été bluffés de découvrir que, même positionnés en une longue file indienne derrière le bus, le chauffeur ne les voyait absolument pas, avec un même angle mort devant ou sur les côtés.

En cas d’absence de respect du règlement intérieur dont la brochure dessinée du « Guide Respect » leur a été remise, l’élève risque une exclusion du transport, momentanée ou définitive. « C’est déjà arrivé », rapporte Rafioun Houmadi Charif, avant de raccompagner les élèves dans l’établissement.

Anne Perzo-Lafond
Le Journal de Mayotte

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