Médiathèque et marché : Bandrélé se dote d’infrastructures aux couleurs européennes

L’hymne européen a retenti ce vendredi sur le site de la future médiathèque de Bandrélé : une Ode à la joie de voir se concrétiser 3 projets cofinancés avec fonds européens, et d’en annoncer 3 autres. L’aboutissement d’une gestion assainie qui permet à la commune d’investir, avec l’Etat et le conseil départemental.

Bandrélé s’habillait en bleu et jaune ce vendredi après-midi. A la hauteur de ses hôtes, trois représentants de la Commission européenne, le préfet himself et son SGAR, et le vice-président du conseil départemental.

Des discours d’officiels qui commencent à l’heure, des tentes pare-soleil et pluies en cette saison médium, un parking dédié… Tout transpirait une organisation qui se veut à la hauteur des enjeux : l’obtention et la consommation cadrée des fonds européens pour la commune. Avec un maître de cérémonie applaudi par les élus, le DGS François Delaroque. Des projets abondants, dont trois ont obtenu leurs conventions de financement.

Dans cette commune aux 7 villages, il manquait notamment pour ses 8.000 habitants, une médiathèque, « pour laquelle la commune aura dégagé 368.000 euros, l’Etat 36% et le FEADER 35% », rapportait le maire Ali Moussa Moussa Ben. La 1ère pierre devrait être posée d’ici quelques semaines. Le recours au Fonds européen agricole pour le développement rural (FEADER) s’explique par l’emplacement en zone rurale de la médiathèque.

Aménagement de Musicale plage

C’est le même fond qui financera à 75% le marché de Hamouro, d’un montant d’un million d’euros, la commune participant pour 16%, et le sentier des crêtes de Bandrélé, à 75% toujours, pour un petit projet de 236.000 euros, mais pour lequel la commune participe là encore. On voit tout l’intérêt d’une gestion assainie. Trois projets pour lesquels le conseil départemental participe dans une fourchette allant de 3 à 8,66%, notamment à travers le Contrat de projet Etat région (CPER).

Trois autres projets sont en cours d’étude. L’aménagement de Musicale plage, « une des plus fréquentées de l’île », souligne le maire, dont la 1ère tranche de 600.000 euros sera à financement Etat (51%), FEDER (33%) et communale (16%), la réalisation d’un point de débarquement des produits de la pêche à Nyambadao, de 686.000 euros, à financement FEAMP/CPER, et l’installation de petits aménagements de l’écomusée du sel, à financement FEADER/LEADER.

La clé de la réussite tient dans la compétence de mener à bien ces projets, comme le soulignait Sid Mohamed, 6ème vice-président, à la fois représentant le président du CD, et en Charge des Affaires européennes : « Votre commune dispose de l’ingénierie pour réaliser les projets dans les délais ».

« L’immobilisme n’est pas une option »

Une problématique essentielle que soulevait l’élu : « Mayotte aux retards structurels abyssaux, région européenne la plus pauvre après la Bulgarie, aurait besoin de fonds à la hauteur des enjeux, et non une enveloppe discriminatoire comme ce fut le cas en 2014 pour la période actuelle. Mais d’un autre côté, nous avons une responsabilité politique et morale pour que les fonds alloués soient distribués intégralement. Personne ne le fera à notre place, l’immobilisme n’est pas une option ».

D’autant que, comme le faisait remarquer Issa Issa Abdou, présent en tant que conseiller départemental du canton, « l’autorité de gestion doit changer de main, mais il faudra être formés si nous voulons la reprendre en 2020 ».

Pour le préfet, plus besoin d’en rajouter sur ce chapitre, ce qui ne fut pas toujours le cas par le passé avec des élus moins lucides. Frédéric Veau invitait à utiliser au sein des Assises, l’opportunité des 30 mesures nationales d’adaptation de la gestion européenne aux contraintes des Régions ultrapériphériques (RUP) européennes, et en profitait pour livrer les derniers chiffres de programmation des projets européens (les prévisions dont le financement est acté, mais pas encore réalisées) : « Nous sommes en tête des DOM pour le FEDER, avec 40%, et nous ne sommes pas mal placé pour le FEADER, 34%. »

On sait le retard important du Fonds social européen (FSE) qui atteignait 1% en début d’année nous avait indiqué le SGAR Pierre Papadopoulos, « nous sommes à 25%, dans une phase de rattrapage », soulignait le préfet. La préfecture de Mayotte ayant reçu en septembre dernier seulement l’agrément d’autorité de gestion, elle va pouvoir mettre en paiement des fonds.

Les projets en cours et à venir étaient ensuite largement présentés à la population bandréléenne.

Anne Perzo-Lafond
Lejournaldemayotte.com

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