Pas de cash, pas de containers

C’est un effet domino : la société gestionnaire du port de Longoni, Mayotte Channel Gateway (MCG), en bout de chaîne, informait ses clients le 16 mars dernier, que la maison ne faisait plus crédit. « Nous non plus ! », répondent en substance les transitaires, en se tournant vers leurs clients… déjà sinistrés.

Aussitôt le lourd barrage de Longoni levé, une longue queue de camions porte-containers se formait, prête à s’étirer vers les zones commerciales. Mais pour les sortir du port, le gestionnaire MCG a annoncé qu’il « ne livrera et n’autorisera aucune sortie de conteneur si le paiement n’est pas effectué au comptant en espèce ou par chèque, en raison déjà de nombreux impayés et des sommes importantes dues par les clients en compte crédit ». Concrètement, aucune sortie de containers ne se fera sans paiement au comptant « en espèce ou par chèque », « exception sera faite pour ceux qui déposeront une caution bancaire ».

Habituellement, c’est le transitaire qui avance pour l’importateur les frais de sortie du port de ses containers, mais là, ils s’y opposent, parla voix de leur syndicat : « Il nous est impossible de payer au comptant chaque conteneur de nos clients pour des raisons tout d’abord de trésorerie, mais également techniques et pratiques, ne sachant pas concrètement quand MCG nous mettra les containers à disposition, (…) à noter qu’en temps normal, nous subissons déjà de lourdes difficultés de mise à disposition du conteneur ».

De plus, l’engorgement des quais, saturés de 4.500 containers* nous précise MCG, risque de retarder leur mise à disposition « au lendemain, voire un autre jour », avertit le syndicat des transitaires, « ce qui conditionnera un règlement complémentaire de votre part », en raison des frais de stockage sur les quais facturés par MCG.

Payer pour du périmé

Il est donc demandé aux importateurs de se rapprocher des services de MCG « afin d’obtenir les devis concernant vos conteneurs et soit de mettre en place une caution chez MCG, soit de leur fournir le chèque de règlement correspondant au montant du devis que vous aurez obtenu en leur précisant la date de sortie prévue du ou des conteneurs concernés. »

En ce qui concerne les frais de Douanes, des dépôts de caution ont été mis en place par les transitaires eux-mêmes, ce qu’il ne peuvent reproduire pour MCG, assurent-ils, « car la facturation établie par MCG est source de contestations régulières vu les erreurs récurrentes commises par leur service et leur comptabilité », avec donc le risque que la caution soit encaissée.

Problème, si les importateurs ont été logés à la même enseigne lors du blocage des containers au port, ils n’ont pas tous la même résistance. Certains vont pouvoir débloquer de la trésorerie pour payer cash leur sortie, d’autres non, et devront être accompagnés. Car, au final, pas sûr qu’ils puissent entrer ensuite dans leurs frais, la marchandises stockées s’étant forcément dégradée, et doit avoir atteint sa date de péremption. Il est possible que face à ce risque, plusieurs propriétaires ne souhaitent pas récupérer leurs containers qui vont rester parqués sur le port.

En conclusion, le syndicat des transitaires met en garde contre une éventuelle euphorie liée au déblocage de l’accès en port, « nous émettons d’ores et déjà des réserves quant à la bonne fluidité des sorties de conteneurs du Port ».

A.P-L.
Lejournaldemayotte.com

* 2.000 en importation, 2.000 en transbordements, 500 vides

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