Pourquoi acheter ce que l’on peut produire ?!

Une question qui n’a rien d’une Lapalissade. En témoigne tout un pan de l’économie circulaire créé pour y répondre. A La Réunion, la « démarche REELLE » semble prometteuse, pour « Ré-Enraciner L’économie LocalE ».

Partant du principe que capter un euro supplémentaire de l’extérieur est tout aussi stratégique que de retenir cet euro arrivé sur le territoire, La Réunion s’est interrogée : « Comment valoriser les potentiels humains, physiques et culturels du territoire ? ».

Dans le cadre du Séminaire régional « Cluster Economie Circulaire », la Chambre de Commerce et d’Industrie (CCI) de Mayotte proposait une visio-conférence avec Eric Leung, Président de la commission Développement international à la CCI Réunion.

Il illustrait l’objectif de la démarche REELLE. « Nous nous sommes aperçus que nous importions pour 7 millions d’euros de confitures qui pouvaient être produites sur place, notamment de fraises, ce qui pouvait se concevoir, ne s’agissant pas de produits locaux. Mais en réalité, il existe à La Réunion des producteurs de fraises, dans le sud, qui ont des difficultés pour écouler leur production, étant donné que ce fruit n’entre pas dans les coutumes locales. » Fruits mal calibrés ou en en date limite de consommation, « nous nous sommes appuyés sur la législation qui incite à ne pas jeter les aliments encore consommables ».

Dans la foulée, les producteurs, les fabricants de bocaux et les vendeurs d’étiquettes ont été démarchés dans la même logique, « avec comme condition de ne pas vendre plus cher que les produits importés ».

Orienter les fonds européens vers ce secteur

Les acteurs institutionnels que sont l’Etat, la Région et l’Union européenne, ont été eux-aussi démarchés, « plutôt agréablement surpris de savoir qu’on ne venait pas chercher des fonds, mais réfléchir à la rentabilité de leurs investissements sur le territoire. » Des indicateurs de performance ont été mis en place.

Mais sans sensibiliser les consommateurs, point de réussite : « Les associations de consommateurs ont été associées, ainsi que les leaders d’opinion ».

A l’époque où les acteurs réunionnais tirent le bilan des Programmes opérationnels européens et se préparent à entrer en négociation pour la prochaine enveloppe 2020-2026, la question du fléchage des fonds sur ces nouveaux axes économiques doit se poser en amont.

Pas un repli sur soi

Les Régions ultrapériphériques européennes (RUP) réunies ce mercredi en séminaire, ont lancé la réflexion sur l’adoption d’un modèle similaire à tous les RUP.

D’autres outils sont à disposition : le fonds européen INTERREG, le décret d’application de l’aide au fret par l’Etat, notamment.

Première piste pour notre territoire, « Mayotte-La Réunion pourraient devenir Centre de référence de valorisation des déchets sur l’ensemble de l’océan Indien ».

Un processus de consommation de chaque possibilité qu’offre le territoire, qui n’a rien d’une démarche autarcique ou de développement endogène, avertit Eric Leung, « on démontre qu’en relocalisant, on booste l’économie locale, en absorbant la demande locale tout en exportant la production locale ».

Anne Perzo-Lafond
Lejournaldemayotte.com

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