Protection de l’enfance : incompréhension entre Solidarité Mayotte et le Département

A la suite de notre article "Que faire des millions de l’ASE et des PMI ?", l’association Solidarité Mayotte s’est plainte, accusant le conseil Départemental de l’avoir sous-dotée. "Nous sommes dans une phase de transition en accord avec l’Etat", explique Issa Issa Abdou.

« Je suis choqué ! ». Romain Reille d’habitude tout en retenue, laisse aller son exaspération. L’association Solidarité Mayotte qu’il dirige prend en charge des mineurs isolés depuis 2005. Jusqu’alors, les financements étaient nationaux, mais avec la convention entre l’Etat et le Département, l’Aide Sociale à l’Enfance a bénéficié de 42 millions d’euros sans compter les 9,6 millions annuels.

Il y a encore 2 ans, l’Etat prenait en charge une compétence qui revenait au Département, la protection de l’enfance. Il finançait 4 associations qui s’en chargeaient, Tama, Solidarité Mayotte, Apprentis d’Auteuil et la Croix rouge.

Avec l’arrivée du nouvel exécutif à la tête du Conseil départemental, et notamment de Issa Issa Abdou, vice-président chargé de l’Action sociale et la santé, l’espoir renaît. Le rapport de l’Inspection générale des Affaires sociales met en évidence la dette de l’Etat envers le département, et la convention débloquant des millions est signée entre Ericka Bareigts et le président Soibahadine.

Des vases qui communiquent mal

« Le Département a reconnu l’action des associations », rappelle Romain Reille. De fait, des conventions d’habilitation de ces 4 associations ont été signées l’année dernière, avec engagement de financement à la clé. Parmi les actions, Solidarité Mayotte gère l’accueil de jour et l’accompagnement des mineurs isolés demandeurs d’asile, soit 165 jeunes, 60 mineurs isolés, et 105 jeunes majeurs de 18 à 20 ans.

Etant donné que l’Etat se désengage peu à peu en laissant le Département prendre la main avec les millions annoncés, l’association s’attendait à un cofinancement, « nous avons un budget annuel moyen de 91.000 euros sur cette compétence d’accueil des mineurs. » La surprise est amère puisqu’à la lecture de la dernière délibération du conseil départemental, il s’aperçoit que le financement est de 4.500 euros.

« Et alors qu’une action comme la ‘Journée internationale des droits de l’enfant’ de Malezi Mema est dotée de 20.000 euros ! Pour une seule journée ! », s’exclame Hassani Mouhamadi, le directeur adjoint de Solidarité Mayotte. Il est lui aussi désabusé.

Compétence totale en 2018

Issa Issa Abdou, VP en charge de l’action sociale au Département, explique : « La délibération indique bien que la Direction de la Jeunesse de l’Etat participe cette année encore pour 91.278 euros, nous avons dû réviser à la baisse la dotation pour Solidarité Mayotte, et n’avons donc fait que compléter. Ce ne sera plus le cas l’année prochaine en 2018 où nous prendrons en charge la totalité. »

On perçoit à travers ces incompréhensions, l’inquiétude des associations quant à la volonté d’un conseil départemental qui a si longtemps trainé les pieds sur cette compétence, « mais les temps ont changé, il faut sortir ces enfants de la rue », assène Issa Abdou.

Une autre action est en cours, l’appel d’offre sur l’Action Educative en Milieu Ouvert (AEMO) qui prévoit 400 mesures concernant la protection de l’enfance. Le conseil départemental est très attendu sur ce sujet aussi.

Anne Perzo-Lafond
Le Journal de Mayotte

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