Rénovation urbaine : Tous pour un quartier, Kawéni pour tous

C’est un défi qui paraît gigantesque : proposer une rénovation urbaine d’un quartier aussi hétéroclite que Kawéni, où l’habitat indigne s’est étendu au fil des années. Les habitants étaient là pour y réfléchir.

Pour que les habitants s’approprient le renouvellement urbain de leur quartier, Kawéni, un « Work shop », entendre une concertation collective, leur était proposé vendredi dernier par la ville de Mamoudzou. Elle a retenu l’agence en communication Téchné Cité dont le directeur Philippe Eysseric, qui se définit comme sociologue urbain, était à la manœuvre : « Souvent les habitants ont du mal à participer, il faut les associer à la définition du projet pour qu’à la fin, ce soit le leur ».

Car le cadre du Nouveau programme de Renouvellement urbain (NPRU) est à double visage, « certains sujets relèvent de l’urbain et donc du NPRU, d’autres sont sociaux, et pour ça, nous avons besoin des avis de tous ».

La fréquentation était à la hauteur d’un 1er rendez-vous, une cinquantaine de personnes ayant répondu à l’appel. Des associations, des notables, des représentants d’établissements scolaires, mais aussi de simples usagers. Car Kawéni est un mix parfois inattendu pour un quartier apparemment urbain, puisqu’on y retrouve 2 collèges, 2 lycées, mais aussi du maraichage et de l’élevage.

Différents degrés d’attentes

Un « diagnostic en marche », a déjà été effectué, une ballade avec tous les volontaires, main dans la main, pour s’approprier le quartier et lister les actions déjà mises en place.

La spécificité du quartier, comme on va le retrouver à Majicavo Dubaï, est l’implication totalement différentes des habitants au regard de leur statut : « Certains n’ont pas d’avis, pas d’attente, d’autres ont des idées bien précises, et une troisième catégorie, qui ne s’autorise pas à participer à l’élaboration du projet en raison de leur situation administrative sur le territoire », commente Stéphanie Boudard, directrice du développement urbain à la mairie de Mamoudzou.

Des pistes sont à l’étude pour trouver des solutions à l’habitat insalubre, comme l’auto construction, ou un partenariat avec la SIM pour des logements collectifs.

Un marché et des espaces de jeux

Si 7 groupes de réflexion ont été organisés, quelques thématiques reviennent : « C’est le cas de l’idée de marché que demandent les élus et les habitants. Pour l’instant, nous avons monté un projet de restauration rapide et de couture avec les dames qui vendent des sandwichs sous les parasols ». Elles se sont constituées en association, avec l’aide du cabinet « La Fabrique urbaine », à l’appellation volontaire, « Energie Alternative », et sont formées à l’hygiène alimentaire, à l’idée de travail collectif, et donc de l’opportunité de commandes groupées, ce qu’elles n’avaient jamais fait.

Avec sans doute à la clé, l’organisation au sein d’un local de vente. La Fabrique urbaine qui propose aussi de mettre en musique une autre suggestion, celle d’espaces de jeux et de convivialité dans le village.

La demande qui fait l’unanimité est la lutte contre l’insalubrité, et l’accès à l’eau pour tous, et à la collecte des déchets. Un travail a déjà été initié en mairie sur ce sujet.

L’agence Téchné Cité va devoir penser un modèle acceptable, voir qui fait rêver, à partir d’une réalité difficile. Ils peuvent compter sur leur expérience : « C’est notre 57ème projet de rénovation urbaine, et nous avons travaillé sur les quartiers nord de Marseille et sud de Lille. »

Anne Perzo-Lafond
Lejournaldemayotte.com

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