Transformateurs électriques en surcharge : la course contre le temps

On ne le sait pas, mais la compétence de l’électrification en dehors de la zone du Grand Mamoudzou revient au Conseil départemental. Un partenariat étroit est donc nécessaire avec EDM, sur des exigences d’investissements et un timing qui ne sont pas les mêmes. Et pas les mêmes non plus que le rythme d’installation de nouveaux habitants…

La période d’un conseil général « étourdi » qui laissait s’envoler les enveloppes du Fonds d’amortissement des charges d’électrification (FACÉ) semble révolue, puisque pas moins de trois élus avaient fait le déplacement à Dzoumogné pour faire le point avec les médias sur l’électrification rurale.

Quand on parle de ruralité, on pense souvent à la rase campagne, quand il s’agit ici d’implanter un réseau hors zone urbaine, c’est à dire hors le Grand Mamoudzou, compris entre Doujani et Jumbo score où les installations restent de la compétence d’Electricité De Mayotte (EDM). Nous nous sommes donc rendus dans les villages de Dzoumogné et de Longoni à l’invitation de Raïssa Andhum, vice-présidente du Département, Chargée de l’Aménagement et du Développement durable, en présence de Toyfriya Anassi, conseillère de Mtsamboro, et de Issoufi Ahamada, dit « Mhoko », conseiller de Bandraboua.

Tous les trimestres, (EDM) émet un rapport de surcharge des transformateurs, or, la programmation du conseil départemental est annuelle, ce qui pose un problème d’adaptation aux besoins. « Nous avons du mal à anticiper la croissance démographique et la pression migratoire, dans leur répartition territoriale », se plaint Raïssa Andhum, qui connaît bien son sujet pour avoir fait voter le budget alloué au renforcement des capacités des transformateurs en tension de l’île.

Déperdition sur la ligne

Chaque année, ce sont prés de 6 millions d’euros qui sont dépensés pour les extensions de réseau de desserte et l’implantation de poste, mais il faudrait faire plus. « EDM a l’obligation de délivrer une tension constante, avec un taux de variation autorisé de 11% de chute de tension, et de 5% quand il s’agit d’enfouissement de lignes. Or, l’extension rapide des villages, pose problème. Un habitant qui recevait 220V en bout de câble, peut voir sa tension fléchir à 110V si beaucoup de branchements sont effectués entretemps », explique Ali Rastami, Chef de projet électrification rurale chez EDM.

Face à ce problème, il faut démultiplier les transformateurs, « 28 étaient en surcharge », et étendre les lignes. Sur les 6 millions d’euros investis chaque année, 2,5 millions sont remboursés par le Fonds FACÉ. Peu à peu, les transformateurs de 650 kVA (Kilo volt ampère) remplacent les 250kVA.

Tensions contre les voleurs

Et c’est sans compter les branchements illicites, « en cas de vol constaté, l’auteur est sanctionné par la justice. Cela arrive régulièrement », rapporte Ali Saindou, Directeur Environnement et développement rural et de l’énergie au conseil départemental.

Les 4 programmes en cours sont en phase de finalisation par la Sogea, la branche travaux du groupe Vinci à Mayotte : « Nous sommes à 80% de réalisation des travaux, avec la mise en place des réseaux Haute et Basse tensions en ayant tiré les lignes aériennes. Il ne reste plus à EDM qu’à réceptionner le tout pour une mise sous tension », explique Régis Berthe, Conducteur de travaux chez Sogea.

Ensuite, fini les coupures intempestives sur la ligne ou les baisses de tension… jusqu’à l’arrivée de nouvelles habitations qui impliqueront pour le conseil départemental, d’étendre le réseau pour gagner de nouveau la course contre la montre de l’arrivée de la fée électricité dans les foyers.

Anne Perzo-Lafond
Lejournaldemayotte.com

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