A Marseille, la police expérimente les caméras-piétons

© AFP - BORIS HORVAT

"Juste pour votre information, votre contrôle est filmé". Face à un homme assis sous un abri-bus en haut de la Canebière, le policier reste poli mais ferme : "Vous avez vos papiers ?" Légèrement en retrait, sa collègue filme avec l’une des "caméras-piétons" dont est équipée la brigade VTT du centre de Marseille.

L’homme, la soixantaine, obtempère, sans dire un mot.

Pour l’instant à Marseille, seules la brigade VTT du centre-ville et la Brigade spécialisée de terrain (BST) des quartiers Nord sont munies de caméras-piétons.

"L’expérimentation est née il y a trois ans en France", souligne le préfet de police des Bouches-du-Rhône, Laurent Nunez, selon lequel "cela permet de faire baisser les tensions lors des interventions".

"Dans 90% des cas, cela permet de calmer les conflits pour les 10% restants, nous nous servirons des images comme preuve", renchérit le brigadier-chef Vincent Pace, chef de la brigade VTT du centre-ville.

Autre objectif "moins connu", souligné par le préfet de police, "c’est l’aspect pédagogique dans le cadre de la formation de policiers".

Pour M. Nunez, "les policiers sont très demandeurs de cet équipement". "C’est un outil de travail", explique M. Pace. Sur les trois policiers d’une brigade, un seul en est muni. "L’un contrôle, l’autre protège et un dernier filme un peu en retrait de manière à avoir le maximum d’informations".

"On l’utilise quand il y a un contrôle qui peut être un peu tendu ou nécessite d’avoir des images qui seront mises à disposition des services judiciaires", ajoute M. Pace.

De petite taille et très légères, ces caméras fabriquées à Nîmes (Gard) se portent sur le "gilet tactique" du policier, au niveau du thorax. Pour la mettre en route, ce dernier n’a qu’à pousser un petit bouton rouge latéral et le repousser dans l’autre sens pour l’arrêter. Les caméras enregistrent également le son.

Pas de prise de vue automatique donc. Mais le brigadier chef Pace balaie toute critique sur une éventuelle manipulation d’images. "Quand bien même une séquence d’intervention viendrait à être coupée, cela paraîtrait suspect, on n’y a aucun intérêt", dit-il.

"On ne peut pas trafiquer non plus le logiciel", ajoute-t-il.

- "Parfois ça ne plaît pas"-

"Les enregistrements sont très sécurisés", argumente M. Nunez. "Il y a une traçabilité des documents (heure et lieu de l’enregistrement) qui sont transférés sur un support sécurisé au sein du service dont l’accès est limité à certaines personnes nommément désignées", dit-il. Par ailleurs, la loi a prévu une destruction des images dans un délai de six mois maximum et leur consultation indirecte par les intéressés par l’intermédiaire de la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL).

"Parfois ça ne plait pas", admet le chef de la brigade VTT. Il s’en étonne car "tout le centre-ville est filmé par des caméras". Et d’en vanter les résultats positifs : "Depuis qu’on a les caméras-piétons, nous n’avons plus de souci, concernant des pseudos violences policières...aucun retour, aucune plainte".

Le dispositif est plutôt bien accueilli par le public, malgré des inquiétudes quant au respect de la vie privée.

"Ca va peut-être réduire les abus de pouvoir comme on l’a vu en ce moment dans l’actualité... les policiers feront peut-être plus attention à ce qu’ils disent et ce qu’ils font", indique Fertal Ariles, un étudiant de 21 ans, interrogé à proximité du commissariat de la Canebière.

Pour Mohammed, retraité de 66 ans, "c’est une bonne chose, parce qu’on voit tout de suite la bêtise que la personne est en train de faire (...) Ça aide à éliminer la délinquance".

Mais pour Laurine Payet, 20 ans, étudiante " "rien ne garantit que les images ne seront pas trafiquées, donc je ne suis pas sûre que ça évite énormément de bavures !"

Le système de caméras-piétons est toujours à l’état expérimental, mais après l’interpellation brutale par la police d’un jeune homme, Théo, à Aulnay-sous-Bois, le 2 février, le ministre de l’intérieur Bruno Leroux a annoncé une généralisation du dispositif à toute la France. A Marseille, la police municipale devrait bientôt être également équipée.

mots clés de l'article : Police , enquête , sécurité

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