Macron affirme que "la France n’a pas déclaré la guerre au régime de Bachar al-Assad"

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Emmanuel Macron a justifié dimanche les frappes menées en Syrie tout en affirmant que "la France n’a pas déclaré la guerre au régime de Bachar al-Assad", lors d’une interview télévisée sur BFMTV/RMC/Mediapart qui se tenait au théâtre de Chaillot à Paris.

Récusant toute action illégale en réaction de l’attaque à l’arme chimique le 7 avril à Douma, imputée au régime syrien, le président français a justifié les frappes menées dans la nuit de vendredi à samedi contre des sites de production d’armes chimiques du régime de Bachar al-Assad, en affirmant que "c’est la communauté internationale qui est intervenue".

"Nous avons réussi l’opération sur le plan militaire" en Syrie, a-t-il lancé, affirmant que les capacités du régime de Bachar al-Assad "de production d’armes chimiques ont été détruites" par ces frappes menées par les Etats-Unis, le Royaume Uni et la France, selon lui.

La Syrie a bouleversé le menu de cette interview télévisée, la quatrième depuis le début du quinquennat il y a près d’un an, et la seconde en quatre jours après celle de TF1 jeudi. Ce dossier internationale a occupé les 25 premières minutes de cette émission d’au moins deux heures conduite par deux journalistes expérimentés, Jean-Jacques Bourdin (BFMTV/RMC) et Edwy Plenel (Mediapart).

Les raids menés avec les États-Unis et le Royaume-Uni ont visé trois sites liés au programme d’armement chimique syrien près de Damas et dans le centre du pays. Ils ont ouvert un nouvel épisode de tensions avec la Russie, où M. Macron doit toujours se rendre fin mai.

- "Convaincre les Russes" -

Le président français a expliqué qu’il voulait "convaincre" les Russes et les Turcs de venir à la table des négociations, insistant sur le fait qu’il voulait "parler avec tout le monde".

La France a convaincu le président américain Donald Trump de "rester dans la durée" en Syrie alors qu’il avait récemment manifesté son intention de désengager ses troupes du pays, a ajouté M. Macron.

"Il y a dix jours, le président Trump disait les Etats-Unis d’Amérique ont vocation à se désengager de la Syrie", or "nous l’avons convaincu qu’il fallait rester dans la durée", a-t-il déclaré, ajoutant l’avoir également "convaincu qu’il fallait limiter ces frappes aux armes chimiques".

Cette intervention est jusqu’à présent loin d’avoir provoqué d’union sacrée.

Le président du parti Les Républicains (LR) Laurent Wauquiez a ainsi affirmé dans le Journal du Dimanche ne pas croire "à l’utilité de frappes punitives", jugeant que "la priorité" d’Emmanuel Macron "doit être de lutter contre les islamistes".

La présidente du FN Marine Le Pen a estimé que la France avait perdu "une occasion d’apparaître sur la scène internationale comme une puissance indépendante".

Pourfendant également un "alignement" sur les États-Unis, le dirigeant de La France Insoumise Jean-Luc Mélenchon a appelé à "rétropédaler" après des frappes "irresponsables".

LREM, le PS et l’UDI ont, en revanche, apporté leur soutien à l’opération. Manuel Valls, ex-Premier ministre, s’est dit "indigné" par l’opposition de M. Mélenchon et d’une partie de la droite à cette opération.

- "Pas légitime" -

Après la Syrie, Emmanuel Macron a commencé à être interrogé sur la situation en France, avec des questions incisives des deux journalistes, qui ont provoqué des échanges musclés et une certaine confusion dans le débat. "Vous êtes des intervieweurs et je suis le président de la République", a-t-il répondu à Jean-Jacques Bourdin.

Le ton était ainsi très différent de l’entretien mené par Jean-Pierre Pernaut jeudi au JT de TF1, qui a réuni 6,4 millions de personnes.

Le cadre plus solennel du foyer du Théâtre national de Chaillot tranche d’ailleurs avec la salle d’école de jeudi à Berd’huis, petit village de l’Orne, où Emmanuel Macron a rejeté jeudi l’étiquette de "président des riches" que lui accolent ses opposants de droite comme de gauche.

Le chef de l’Etat a jugé que la "colère" des opposants à l’expulsion cette semaine des occupants de la Zad de Notre-Dame-des-Landes n’était "pas légitime". "Il y a une décision qui a été prise (...), vous me parlez d’une colère aujourd’hui mais la colère de qui ? Des gens, qui depuis des années bloquaient un endroit où on faisait construire un aéroport qu’on ne construit pas et qui aujourd’hui viennent continuer à protester ? Je considère qu’(...) elle n’est pas légitime, elle n’a rien à voir avec celle des cheminots".

"J’entends les colères" dans le pays mais il n’y a "pas de coagulation dans les mécontentements" sociaux, a-t-il assuré.

Durant le reste de l’émission devaient être abordées les questions économiques, institutionnelles ou encore le controversé projet de loi sur l’immigration et l’asile, débattu à partir de lundi à l’Assemblée et qui suscite des réticences jusque dans les rangs LREM. Le locataire de l’Elysée a déjà prévenu jeudi qu’il ne cèderait rien sur le fond des réformes engagées, notamment de la SNCF, qui ira "jusqu’au bout".

mots clés de l'article : social , conflit , Syrie , médias , président , économie

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