Après le faste à Paris, retour à la réalité à Washington pour Trump

© AFP - SAUL LOEB

Après deux jours de pompe et de faste à Paris, le président américain Donald Trump replonge ce week-end dans la réalité du tourbillon de l’affaire de l’ingérence russe qui empoisonne son mandat.

Reçu jeudi et vendredi par son homologue français Emmanuel Macron, invité d’honneur du défilé du 14 juillet, le président des Etats-Unis n’a pas boudé son plaisir en s’offrant 30 heures de répit dans la "Ville Lumière", loin du "marais" de Washington.

"MERCI LA FRANCE", a tweeté le milliardaire, avec une vidéo des meilleurs moments de sa visite en compagnie de son épouse Melania, le couple ayant été invité à dîner à la Tour Eiffel par Emmanuel et Brigitte Macron.

"Ce fut un grand honneur de représenter les Etats-Unis à ce magnifique défilé (du 14 juillet). Félicitations au président @EmmanuelMacron !", a écrit sur Twitter le locataire de la Maison Blanche, visiblement séduit par la solennité de la fête nationale française.

Le Washington Post et le New York Times ont affiché en une de larges photos du défilé militaire sur les Champs-Elysées et de MM. Macron et Trump aux Invalides à Paris.

Loin de la tempête qui souffle à Washington.

Toute la semaine, c’est le fils aîné Trump, Donald Jr., qui a été propulsé en premier ligne du scandale des collusions supposées entre Moscou et l’équipe de son père. L’affaire, explosive, menace de happer à son tour le gendre du président, Jared Kushner, confident et conseiller de l’ombre à la Maison Blanche.

- ’La catastrophe Obamacare’ -

Dernier rebondissement en date, un lobbyiste russo-américain a confirmé vendredi à des médias américains avoir participé à une rencontre en juin 2016 entre MM. Trump Jr. et Kushner avec une avocate russe qu’ils croyaient en possession d’informations compromettantes sur Hillary Clinton.

A la veille des grandes émissions du dimanche matin sur les télévisions américaines, où doit s’exprimer un avocat de Donald Trump, Jay Sekulow, le président a encore tweeté samedi que "la Bourse avait atteint un nouveau sommet hier (vendredi) malgré le canular russe".

Il a dans la foulée annoncé la nomination d’un ancien procureur fédéral au poste de conseiller juridique spécial à la Maison Blanche.

L’homme d’affaires s’est offert aussi un bol d’air vendredi et samedi sur l’un de ses parcours de golf dans le New Jersey, coiffé de sa casquette rouge frappée de son slogan "Rendre sa grandeur à l’Amérique", pour assister, avec Melania Trump, à l’US Open de golf féminin.

En dépit de voix d’élus républicains inquiètes et critiques de l’impact politique potentiellement dévastateur de l’affaire russe, l’occupant de la Maison Blanche garde le soutien du gros des parlementaires majoritaires au Congrès.

L’une des priorités de Donald Trump est l’adoption d’une réforme du système de santé pour remplacer Obamacare. Dans son message hebdomadaire samedi, le président a réaffirmé que le Sénat "allait voter la semaine prochaine une législation pour sauver les Américains de la catastrophe Obamacare".

Mais ce projet républicain d’abrogation partielle de la loi démocrate de 2010 ne tient qu’à un fil au Sénat, où deux républicains ont déjà annoncé qu’ils voteraient non.

Quant à la popularité du président, elle stagne autour de 39% d’opinions favorables. "Environ quatre Américains sur dix approuvent le travail de Donald Trump comme président", estiment des analyses de Gallup, relevant que "les chiffres n’ont pas évolué en quatre mois."

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