Des squales juvéniles seront pêchés aux embouchures de l’Étang Saint-Paul et l’Étang du Gol

photo d’archive Imaz Press Réunion

Ce jeudi 12 octobre 2017, le CRA (Centre de ressources et d’appui sur la réduction du risque requin) a présenté les derniers résultats du programme d’études sur l’écologie et le comportement des requins côtiers de La Réunion. Outre le pan de la recherche, le centre a également abordé la question de la pêche : Cap Requins 2 s’arrêtera à la fin de l’année pour laisser la place à un nouveau programme. Ce dernier comprendra le prélèvement de juvéniles aux embouchures de l’Étang du Gol, l’Étang Saint-Paul, voire dans le lagon. Un appel d’offres à ce sujet devrait être lancé d’ici la fin de la semaine prochaine.

 

"Programme ECoReco-Run" : derrière cet obscur intitulé, se cachent des études entreprises sur l’écologie et le comportement des requins côtiers de La Réunion. Ce jeudi, le Cra (Centre de ressources et d’appui sur la réduction du risque requin) a présenté un rapport visant à améliorer les connaissances sur les requins tigre et bouledogue.

L’occasion d’annoncer qu’un appel d’offres concernant un nouveau programme de pêche serait lancé dès la fin de la semaine prochaine. Le montant prévisionnel de ce nouveau programme – qui devrait voir le jour en 2018 – s’élève à 630 000 euros. Il sera financé par l’État, la Région ainsi que les communes littorales. Pour autant, Cap requins 2 a été prolongé pour six mois et devrait donc se dénouer à la fin de cette année.

Spécificité principale du nouveau programme : la pêche de requins juvéniles bouledogues, qui s’effectuera au droit des embouchures de l’Étang de Saint-Paul, de l’Étang du Gol à Saint-Louis, et voire même dans le lagon. Soit là où "des nurseries de requins ont été identifiées", souligne Frédéric Carre, sous-préfet de Saint-Paul mais aussi président de l’association du CRA. "On sait que les requins bouledogues sont capables de bouger tout autour de La Réunion. L’idée finale, c’est bien la protection de l’homme et permettre la réappropriation de la mer aux Réunionnais et aux touristes" développe t-il. Des palangres verticales, aujourd’hui installées près des côtes, devraient également être posées plus au large entre la Cap Lahoussaye et les Aigrettes.


Des #requins juvéniles seront prélevés dans le nouveau programme de pêche, à l’Étang St-Paul, l’Étang du Gol, voire dans le lagon pic.twitter.com/QHlvdNQMf6
— Imaz Press Réunion (@Ipreunion) 12 octobre 2017


 

Autre nouveauté, la mise en place d’un groupe d’observateurs indépendants destinés à vérifier le respect des protocoles de pêche. Un lien "plus fort" entre observation et effort de pêche devrait également être développé. Ces prestataires seront "privés" et ne devraient pas appartenir à des associations ou organisations non gouvernementales. Côté moyens, ils ne changent pas : la pêche se fera toujours à l’aide des deux techniques entreprises depuis deux ans, à savoir la palangre verticale avec alerte de capture et la palangre horizontale de fonds. Comme depuis juin 2015, le déploiement se fera dans les zones autorisées à la pêche professionnelles, mais aussi au sein des zones de la Réserve Naturelle Marine.

Concernant les résultats de l’étude sur les toxines, qui assurent que 90 échantillons de requin ont été testés négatifs, Frédéric Carre reste prudent : "C’est une pierre à l’édifice, mais le rapport le dit, d’autres tests doivent être effectués". Autrement dit, une levée de l’arrêté d’interdiction de commercialisation n’est pas encore à l’ordre du jour.

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- Le requin tigre mangeur de poulet -

Le pan de la recherche a également été longuement abordé par le Cra ce jeudi. Avec le régime alimentaire des squales, par exemple, ou encore leur développement et cycle de reproduction. Première conclusion : "le requin tigre est important dans l’éco-système car il va avoir un rôle d’éboueur" assure le scientifique Sébastien Jaquemet.

Si chez les deux espèces, c’est le poisson qui est davantage consommé, le requin tigre engloutit également une quantité important de déchets de pêche ou de poissonneries ainsi que des organismes d’origine terrestre. Ainsi, c’est environ 20 % de restes alimentaires – dont du poulet – qui ont été retrouvés mangés chez le tigre. Selon Frédéric Carre, la question des déchets en mer se pose. Le rapport précise d’ailleurs qu’un travail de sensibilisation à la gestion des déchets "doit être mené auprès de la population réunionnaise afin de limiter ces apports en zone côtière".

Quant au bouledogue, le programme rappelle qu’il s’agit bien d’un prédateur. Concernant la taille de ceux évoluant au large de l’île, elle est plus grande que celle observée dans le bassin Atlantique. "En Afrique du Sud et à La Réunion, on a les mêmes modèles de croissance" souligne Sébastien Jaquement. Ce qui conduit à la conclusion qu’il existe un " pool de requins bouledogues du sud-ouest de l’océan Indien ".

L’objectif du CRA est de s’orienter maintenant vers une "science participative". Dans cette optique, la pêche sur le littoral sera davantage valorisée afin de récupérer le maximum d’informations sur les requins juvéniles. L’idée serait, à terme, de présenter La Réunion comme "une référence sur la connaissance des requins", en développant d’autres aspects que la gestion du risque.

En un peu plus de deux ans, ce sont 158 requins qui ont pêchés, comptabilise Frédéric Carre. "C’est une pêche de prévention ! Elle concerne les requins en maraude, dangereux pour l’homme, qui s’approchent trop près des zones de baignade" martèle le sous-préfet, qui estime que ces "espèces n’ont rien à faire à côté des zones d’activité humaines".

Publié ce vendredi 13 octobre 2017 à 3 heures/mp/

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