Forêt sèche, pétrels, geckos verts : le patrimoine naturel durablement protégé

photo RB imaz Press Reunion

2017 marque le 25e anniversaire de la création des projets Life financées par la Commission européenne. A La Réunion, soutenus par le Parc national, les projets Life + Pétrels et Life + Forêt sèche visent à défendre, conserver et protéger le patrimoine naturel de l’île à travers plusieurs actions mises en place sur une période de 6 ans. Ouvert aux territoires ultramarins en 2007, le financement des projets Life permet aux équipes du Parc et de ses partenaires de protéger les pétrels noirs de Bourbon et de Barau, ainsi que la forêt sèche qui s’étend sur l’Ouest et le Nord de l’île.

 

Cela fait 10 ans que les équipes du Parc national de La Réunion et leurs partenaires cherchent, via les projets Life + pétrels et Forêt sèche à protéger la biodiversité de l’île. Ces projets, financés à hauteur de 50% par l’Union européenne, permet des avancées notables, dont la société civile a pris part, à travers plusieurs actions qui ont pu être mises en oeuvre grâce à la solidité financière justement apportée par l’Europe.

- Les pétrels durablement protégés -

Il aura fallu 15 ans pour trouver les premiers pétrels noirs de Bourbon, oiseaux marins endémiques de La Réunion dont la population est dangeureusement menacée d’extinction. Les équipes du projet Life + Pétrels, qui a notamment permis la mise en place des nuits sans lumières, estiment qu’entre 10 et 50 couples d’oiseaux sont présents sur l’île.

Un chiffre qui justifie les 3 millions d’euros que coûte leur préservation, dont 1,5 million est financé par l’Europe. Les pétrels de Barau entrent évidemment dans ce bugdet, dont l’espèce, elle aussi menacée d’extinction, est quantifiée entre 6.000 et 8.000 couples.

Le projet Life + Pétrels permet aux agents du Parc national et aux acteurs de la Société d’études ornithologiques de La Réunion (SEOR) d’en savoir plus sur cette espèce longtemps méconnue, afin d’en adapter les mesures de protection sur le terrain. "Le 15 novembre 2016, nous avons découvert les premières colonies des pétrels noirs de Bourbon. C’est une superbe découverte car on ne connaissait pas vraiment cette espèce, les seules données que nous possédions étaient issues des échouages de pétrels noirs qui tombaient au moment des pics d’envols" explique Camille Payet, chargée de la communication du projet.

 


Lâcher de #Pétrels de Barau, oiseaux marins endémiques de #LaReunion, sur le front de mer de #SaintDenis pic.twitter.com/t674hphytQ
— Johanna Martin (@johmrt) 21 avril 2017


Si les pétrels de Barau sont régulièrement relâchés pour qu’ils regagnent l’océan, les pétrels noirs de Bourbon font pour l’instant l’objet d’un "travail d’approche" : "nous savons seulement qu’il y a une colonie dans les Hauts de Saint-Joseph et on travaille activement pour en trouver d’autres" précise la communicante.

Trois grands axes de travail structurent le projet : le volet scientifique vise à identifier les colonies de pétrels, pour mieux les protéger. Le volet protection des deux expèces passe notamment par la régulation des populations de chats et de rats dans les hauts de l’île car dangereux pour les oiseaux, ainsi que la réduction de la pollution lumineuse, possible grâce à la collaboration des collectivités locales.

Enfin, le volet pédagogique vise à sensibiliser la population sur la protection des pétrels. Un kit de sensibilisation destiné au grand public et aux touristes devrait faire son apparition pour rappeler les règles de base quant à leur protection. Un jeu vidéo a même été créé à leur effigie, téléchargeable gratuitement sur smartphone et tablette, en tapant "Jack Barrau"- le pétrel pirate.

- Le gecko vert de Bourbon va retrouver la forêt sèche -

En plus des pétrels, le Parc national chapeaute également le projet Life + Forêt sèche, dont la protection passe par la replantation d’espèces endémiques. A la fois sur les hauteurs de la Grande Chaloupe et dans les hauts de Saint-Denis, les bénévoles participant au projet qui s’étend lui aussi sur la période 2014/2020, ont oeuvré à la plantation du bois de senteur blanc. Ces actions permettent la lutte efficace contre les espèces invasives et incitent les plus jeunes, notamment les élèves du lycée agricole, à la protection de l’environnement local.

Là aussi, les financements européens permettent de pérenniser les chantiers bénévoles, qui sont organisés entre décembre et mars de chaque année. Depuis 2012, 96.960 "pié dbwa" sont été réintroduits en milieu naturel à la Grande Chaloupe.

Près de 80 000 arbres supplémentaires seront plantés durant les trois prochaines années, permettant la "création d’un sanctuaire écologique de 84 hectares, pour la regénération de la forêt sèche réunionnaise" explique Cédric Anamoutou. Cette sauvegarde passera également par la réintroduction du Gecko vert de Bourbon dans la forêt, dont la mise en oeuvre en est actuellement à sa phase d’études.

La suite du projet intègrera notamment les élèves de l’école de la deuxième chance, tandis que chaque année, 300 bénévoles répondent présents lors des opérations de reboisement. "Tout le monde peut nous rejoindre pour nous aider, ti pa ti pa, à sauvegarder notre patrimoine naturel local" souligne Cédric Anamoutou.

A noter que le 25e anniversaire du lancement des projets Life a été célébré le 5 juillet dernier par les équipes des projets réunionnais, par l’inauguration de nouveaux locaux à Saint-Pierre, dédiés au travail de défense de la biodiversité.

Un pied de bois de senteur blanc, a d’ailleurs été planté dans les jardins. Enfin, en décembre prochain, La Réunion recevra les Rencontres annuelles des projets Life + francophones (France, Belgique, Luxembourg). Elle sera ainsi le premier territoire d’outre-mer à accueillir ces rencontres.

ts/jm/

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