Le handisport à l’honneur au collège de Passamainty

A l’abri sous un préau, des dizaines de collégiens, temporairement en fauteuil roulant, pratiquent le fauteuil-basket. Une manière de s’initier au handi-sport. Pendant ce temps, dans le gymnase reconverti pour l’occasion en salle de conférence, des représentants de la CJSOI, échangeaient sur leurs pratiques respectives en matière de Handisport.

Jusqu’à jeudi, le forum de la jeunesse inclut un séminaire « sport et handicap dans les politiques publiques ». A cette occasion, des émissaires des pays adhérents à la CJSOI, Commission de la Jeunesse et des Sports de l’Océan Indien, se sont retrouvés pour évoquer le handisport dans leurs pays respectifs.

Ainsi, alors que le handisport bénéficie de 21 000€ de budget annuel à Mayotte, il est intéressant de découvrir que Maurice en dégage prés du double, soit 13 000€ pour chacune de ses quatre fédérations reconnues de handisport. Le budget mahorais dédié aux sportifs handicapés représente quelque 5% du budget total que l’Etat alloue au sport dans le 101e département français. « C’est plutôt engageant » estime David Hervé, professeur de sport travaillant pour le ministère des sports. Sur un territoire plus petit que Maurice, et avec zéro adhérant en handisport, « on n’a pas à en rougir » juge-t-il.
Reste qu’à l’écoute des différents intervenants, le retard de Mayotte dans la prise en compte du handisport est criant. Bénéficiant de l’attention du Mahorais Docteur Léo, ce jeune qui avait fait le tour de Mayotte en fauteuil roulant en début d’année, l’émissaire mauricien a ainsi expliqué que sur les 44 fédérations sportives reconnues par leur ministère de la jeunesse et des sports, quatre sont dédiée aux handicapés. « On dit simplement handicapés chez nous, on espère n’offenser personne » précise Banjeev Boodnah, représentant du ministère mauricien. Tous les deux ans depuis 2014, l’île voisine de la Réunion organise des jeux financés par l’Etat et ouverts à tout le pays.

Handicap rime avec pauvreté… mais avec volonté, à Djibouti

Autre membre présent, quoique moins habitué aux déplacements internationaux, Djibouti, où la pauvreté freine le développement sportif. « Le sport normal a déjà du mal à décoller chez nous, je dirais que le handicap rime avec pauvreté » exprime l’émissaire djiboutien. Pour autant, le petit état d’Afrique de l’est, ancienne colonie française qui a 40 ans d’indépendance, a récemment organisé des handi-jeux, avec l’aide d’une Djiboutienne membre du Comité international olympique. Ils ont ainsi créé la Fédération Djiboutienne du Handisport (FDH). « On est novices, on a besoin de de former » explique le représentant djiboutien.

Se former, c’est précisément le besoin formulé par les membres de la CJSOI lors de leur dernière rencontre à Moroni. C’est là que Mayotte a proposé l’idée de ce séminaire.
Fait intéressant, la délégation djiboutienne a profité de la tribune qui lui était offerte pour proposer une présentation inattendue des équipements sportifs de Djibouti. Allant d’un stade de 10 000 places à un vaste gymnase scolaire, ces équipements qui font pâlir d’envie les profs d’EPS de Mayotte seront mis à contribution pour les jeux de la CJSOI en avril prochain à Djibouti. Le petit pays coincé entre l’Erythrée, l’Ethiopie et la Somalie semble bien avoir, habilement, profité du séminaire pour promouvoir sa destination et sa capacité d’accueil d’événements sportifs dans la région.

En attendant, Dr Léo a profité lui aussi de la tribune ainsi offerte pour demander aux participants leur contribution pour son projet de tour de La Réunion. Il souhaite aussi créer dans les différentes îles de la Région des associations similaires à celle qu’il a initiée à Mayotte « Handicapable à Mayotte ».

Y.D.

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