Agents du Sieam, Naturalistes : la guerre de l’eau se poursuit

L’association de Michel Charpentier élève à son tour la voix. Dans un communiqué, les Naturalistes de Mayotte reviennent sur les engagements du plan d’urgence eau de 2017 qui faisait suite à la pénurie : extension de la capacité de l’usine de dessalement de Petite Terre, élévation de la retenue collinaire de Combani et interconnexion entre les deux retenues collinaires. Ils déplorent que les deux derniers aménagements « qui devaient être opérationnels dès la saison suivante, ne sont toujours pas achevés trois ans plus tard ».

Nous allons les décevoir un peu plus, même le premier point n’est pas tout à fait achevé. Selon nos informations, si l’extension de l’usine de dessalement, attribuée à Vinci en 2017, a bien été construite, elle n’est toujours pas opérationnelle. Prévue pour produire 3.000m3 par jour, elle devait être livrée le 31 janvier 2018… mais ne l’a jamais été en raison de problèmes de conception. Alors que Petite Terre devait être autonome, elle reçoit toujours de l’eau de Grande Terre. On comprend l’inquiétude des agents assainissement du Sieam sur un transfert de compétence vers Vinci.

Forêt et eau en symbiose

Les forêt recule toujours sous les brûlis

Ils ont été reçus par le directeur de cabinet du préfet ce mercredi, en implorant un accompagnement par des équipes d’ingénieurs compétents pour dépenser les millions du plan d’urgence eau et des fonds européens en matière d’assainissement, « sans déléguer par une DSP ». Ils nous rapportent leurs propos : « Nous avons dit que s’il doit y avoir sanction, elles doivent tomber sur les élus, pas sur les agents qui ne veulent pas aller dans le privé ». Le sous-préfet qui vient d’arriver, doit transmettre à Jean-François Colombet.

Si les Naturalistes ont pris la plume, c’est pour dénoncer le peu de moyens mis à combattre la déforestation, « le couvert forestier recule au rythme inquiétant de 400ha par an, d’après le Plan d’Aménagement et de Développement Durable, ce qui restreint sont rôle d’éponge pour stocker la ressource en eau ». Ils en déduisent donc que « plus la forêt diminuera, plus il faudra construire des retenues collinaires ». Ils craignent l’assèchement des rivières, « comme à Anjouan où en quelques décennies le nombre de rivières pérennes a diminué de moitié du fit de la déforestation. »

Reprenant une étude de l’ONF, ils exposent qu’une « augmentation de la surface boisée de 100 ha conduirait à une augmentation de la quantité d’eau disponible dans les rivières en saison sèche de 400.000 m3 »

De nouvelles clairières de déforestation en forêt de Majimbini aurait été constatées, « dans les reliques de forêt primaire ». Les arbres ont été abattus ou brûlés pour y planter du manioc ou des bananes ».

Ils appellent à utiliser à cette fin les crédits non utilisés à Mayotte, et à « la mobilisation pour la forêt de Mayotte. »

Anne Perzo-Lafond

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