Assises de l’Outre Mer » voir une richesse à laquelle on n’a pas accès, c’est une violence psychologique »

Ce mardi soir, une réunion publique était organisée par la préfecture à la MJC de M’Gombani. Il s’agissait de l’avant dernière des 10 rencontres organisées depuis le 13 décembre dernier. Cinq étaient consacrées à la jeunesse, les autres, dont celle d’hier soir, étant tout public.

Après avoir essuyé quelques critiques sur la consultation en ligne et les ateliers thématiques, l’Etat a réussi à mettre les Assises de l’Outre Mer à la portée des habitants avec les réunions publiques.
« L’objectif des Assises, c’est une concertation avec le public, rappelle Pierre Caille-Vuarier, chargé de l’organisation de ces rencontres au sein de la préfecture. Le but est bien d’associer les habitants, en donnant la parole à ceux qui ne la prennent jamais. C’est la différence avec Mayotte 2025. On a beaucoup d’outils sur Internet, mais on a conscience que l’Internet ne suffit pas. D’où ces réunions publiques. Leur contenu varie selon le territoire et le public, selon qu’il s’agisse de réunions pour les jeunes ou des concertations tout public. D’une manière générale, on voit une attente de l’Etat, mais aussi une prise de conscience que le développement de Mayotte passe par les Mahorais. »
Les thèmes abordés au fil des huit premières consultations montrent un clivage dans les priorités de la population en fonction de son âge. Du côté des réunions jeunesse, les thèmes récurrents étaient l’éducation, la santé, l’environnement et la sécurité. Lors des réunions tout public, les principales préoccupations concernaient la sécurité et l’immigration, l’accès aux services publics (santé et éducation notamment), l’aménagement du territoire. L’environnement « vient moins » chez les adultes constate la préfecture.
Si les prises de consciences sont variées, les ateliers n’ont sont pas moins constructifs. « Il y a toujours une ambiance constructive dans ces réunions, tout le monde participe à proposer des solutions. Les gens apportent des idées vraiment novatrices et qui pourront être retenues, se réjouit Pierre Caille-Vuarier. Les ateliers thématiques pendant ce temps, continuent à travailler en se nourrissant de ce qui est dit dans les réunions publiques depuis le 13 décembre. »
Par ailleurs, la préfecture a pris en compte l’éventualité que des habitants ne puissent se rendre à ces réunions, pour des raisons personnelles ou géographiques. Chaque citoyen a donc la possibilité d’organiser officiellement sa propre réunion publique dans sont quartier. Il suffit pour cela de se rendre sur le site Web www.assisesdesoutremer.fr puis de sélectionner « Organisez vous-même votre atelier« .

« Un territoire c’est comme un corps humain », quelques citations de la réunion de ce mardi

 » L’atout de Mayotte, c’est sa jeunesse. Ce qui marche partout dans le monde, c’est le sport. Les nouveaux riches sont issus du milieu du sport. Il faut apporter les moyens nécessaires pour améliorer la qualité du sport à Mayotte. »

« Mayotte connaît une croissance démographique historique, c’est la cause, ou du moins un facteur aggravant à un certain nombre de problèmes. Pour la freiner, je propose une allocation de contraception suffisamment élevée pour inciter à la prendre. »

« L’idée n’est pas de faire de Mayotte une spécificité, mais de l’intégrer au droit commun. Dans l’administration, il n’y a plus d’emplois, il faut développer le secteur privé »

« Ce n’est pas normal que des Mahorais paient 1200€ un trajet en avion que d’autres payent 400€. Est-il normal que le département le cher soit le plus pauvre ? Il faut aussi que le contournement de Mamoudzou voie le jour. Créer de l’activité, c’est créer des chantiers. »

« Je connais un chargé de mission au Conseil Départemental qui touche 6000€ et qui ne travaille pas. Il faut un vrai plan de carrière pour les agents de la fonction publique territoriale. C’est la responsabilité des élus. »

 » Il faut un fort développement des transports en commun et une limitation du développement de la voiture particulière ».

« On ne peut pas interdire aux Mahorais d’avoir une voiture »

 » Je mets deux heures pour aller au travail chaque matin. Pourquoi pas un chemin de fer Sada-Mamoudzou ? »

« Les lacunes scolaires sont énormes, on n’aura pas les cadres ou les élites qu’on voudrait pour la Mayotte de demain. Je propose la création de classes d’élite, ou européennes, on les appelle comme on veut. »

« Développons la voie maritime et mettons aux normes ce qui existe, rien n’est aux normes à Mayotte. »

« On ne demande pas des autoroutes, juste à pouvoir circuler sans devoir faire attention aux nids de poule ou aux zébus qui traversent. »

« Ici on nous demande de choisir une priorité. Dans ma vie au quotidien, il n’y a que des priorités. C’est comme si on me demandait de choisir un bras à muscler et pas l’autre. Un territoire, c’est comme un corps humain. Au fond on est un peu malades. »

« Regarder de l’autre côté de la route et voir une richesse à laquelle on n’a pas accès, c’est une violence psychologique, ce n’est pas ça le développement d’un territoire. »

« Ce serait mieux de coopérer avec Grande Comore pour poser nos avions au lieu d’aller les poser à la Réunion ».

Y.D.

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