Mayotte par Le Journal de Mayotte , vendredi 7 janvier 2022 à 05:30

Avec le “vaccin expérimental”, Mansour Kamardine inocule le “désarroi” à Olivier Véran

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La question fait le buzz. Par sa formulation, volontairement provocatrice, autant que par la réponse d’un ministre déconcerté.

« Je fais partie des trop nombreux Français qui ont séjourné à l’hôpital pour cause de Covid”, a entamé Mansour Kamardine lors des questions au gouvernement. “Je fais partie de ces millions de Français qui ont suivi vos recommandations puis vos injonctions d’accepter l’inoculation dans le corps d’un vaccin encore au stade expérimental d’évaluation” a-t-il poursuivi. Une formulation péjorative qui a fait tiquer le ministre. Ce dernier n’a pas rebondi sur le terme d’inoculation, un mot qui fait pourtant peur puisque, contrairement à la vaccination qui désigne toute injection de résidus organiques afin de préparer le corps à combattre un agent pathogène, l’inoculation se définit par l’injection de l’agent pathogène lui-même. Le terme s’applique aussi bien à un virus ou une bactérie qu’à une toxine ou tout autre poison injecté, et pas forcément à des fins thérapeutiques.

“Puisqu’il est admis que le chemin emprunté ne conduira pas à l’immunité collective promise, a poursuivi l’élu de Sada, je vous demande simplement, combien de doses devra recevoir chaque Français au profit du bilan de Pfizer ?” a ensuite  formulé le député.

“Je reste sans voix devant la responsabilité que vous prenez”

Le ministre a surtout rebondi que le caractère supposément “expérimental” des vaccins, certes découvert et commercialisés en quelques mois grâce à des facilités administratives, mais qui, injectés à une majorité de la population française, peuvent encore difficilement être qualifiés d’expérimentaux.

“Je reste sans voix devant la responsabilité que vous prenez en ayant des affirmations comme celle que vous venez de tenir” a lâché le ministre, rappelant que “des milliers d’humains ont été vaccinés et que le vaccin sauve des vies”. “Vous aurez compris mon désarroi” a conclu le ministre avant de rendre le micro sans répondre à la question du député LR.

Le député de Mayotte fait partie de la minorité de votants “contre” dans le groupe LR

“Je sens que vous êtes isolé dans votre groupe” a aussi commenté le ministre. En effet, une courte minorité des Républicains a voté contre le texte.

Mais pour le député, “le désarroi est dans notre camp, car plus nous nous vaccinons, plus vous dîtes que c’est insuffisant”.

Si Olivier Véran n’a pas répondu ,c’est peut-être que la réponse est plus médicale que politique. La multiplication des variants, d’Alpha à Omicron, et la baisse progressive d’immunité d’un individu au bout de quelques mois après une exposition au virus ou au vaccin, ont conduit la communauté scientifique à émettre des recommandations en faveur de la 2e dose, puis de celle de rappel.

“Aucune malice”

Joint par téléphone, le député maintient sa formulation. “J’aurais pu utiliser d’autres mots, mais j’ai utilisé un vocabulaire courant, il n’y avait dans l’expression aucune malice ou arrière pensée” assure Mansour Kamardine. “Le vaccin reste expérimental jusqu’au 6 avril 2023, je n’invente rien. Comme la pandémie menace l’humanité, l’OMS l’a autorisé, ce n’est pas insultant de la dire” se défend-il. Quand au fond de sa pensée, “il n’y a aucune méprise dans la question, ni dans la réponse. Je ne suis pas un antivax, j’ai fini à l’hôpital, j’ai pris 3 doses, tous les Mahorais diront que Mansour a fait une grosse publicité pour se faire vacciner, j’ai fait la dose de rappel sans y être contraint” rappelle-t-il. Ce qu’il conteste en ayant voté contre le texte, c’est le caractère contraignant du passe vaccinal.

“Il faut convaincre” plaide Mansour Kamardine

“Encore une fois, je me suis fait inoculer le vaccin, s’il doit y avoir une 4e dose et ainsi de suite, je les ferai. Mais je ne peux pas forcer quelqu’un à le faire. Je n’ai pas cette compétence ni cette autorité. J’ai la liberté concernant mon corps, mais s’agissant de mon mandat, je dois faire attention à ce que je dis. Nous n’avons peut être pas le droit de forcer les gens”.

D’où le choix de cette formulation à l’adresse de M. Véran. “On nous parle d’une 4e, voire d’une 5e dose, la question c’était combien de doses faudra t il ? Je voulais démontrer que forcer tout le monde à se faire vacciner n’est pas forcément la solution, car je suis contre la contrainte, mais je suis partisan de la conviction, il faut convaincre de la nécessité d’aller se faire vacciner” conclut Mansour Kamardine.

Y.D.

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