Bacar Ali Boto s’entoure “de l’extrême gauche à l’extrême droite”

La présentation de la liste devait avoir lieu ce jeudi matin à l’hôtel Caribou, mais la réunion a été annulée en dernière minute “hier (mercredi) à 21h14” nous indiquait l’hôtel jeudi matin.

Officiellement, l’annulation précipitée est sans lien avec les articles parus en début de semaine évoquant une alliance entre Rassemblement national et France Insoumise chez nos confrères de Kwézi. C’est selon Bacar Ali Boto l’absence de certains colistiers du territoire qui l’a convaincu de reporter la présentation officielle à janvier, et de mener une réunion à huis-clos avec les présents à la place.

Toujours est-il qu’au sein de cette liste dont la composition a de quoi surprendre, on assume parfaitement ce mélange des genres tout en niant un éventuel rapprochement d’idées.

“Il n’y a pas d’union ou de consensus entre la FI et le RN et il n’y en aura jamais, assure Christine  Raharijaona, militante LFI et directrice de campagne de Bacar Ali Boto. On est sur deux idéologies totalement différentes. Aux municipales il n’y a pas de soutien ni du RN ni de la France Insoumise. Il peut y avoir une ou deux personnes de ces sensibilités politiques, mais qui mettent de côté leurs étiquettes politiques. L’enjeu c’est des projets pour développer Mamoudzou, c’est une liste humaniste et progressiste” insiste-t-elle.

“La liste s’appelle le Peuple D’abord, c’est une liste sans étiquette, j’insiste bien sur ce point. L’orientation politique c’est de reconstruire Mamoudzou dans le respect de la diversité et dans le respect de l’environnement. Il y a pas mal de chantiers à travailler, la jeunesse, la femme, la propreté, la santé, l’environnement, le réchauffement climatique mais aussi les crispations identitaires. On souhaite rassembler toutes les forces vives sans stigmatiser les uns et les autres. On veut mettre en avant la diversité de la population mahoraise comme une force” poursuit la militante.

Pour la tête de liste Bacar Ali Boto, l’appartenance à un parti importe peu. “Chacun peut rester dans son groupe, son parti, mais pour les municipales on travaille ensemble, chacun vient avec ses opinions sans les imposer aux autres et on met tout ensemble pour faire autre chose que de la confrontation. Nous sommes pluriels. Le point essentiel c’est qu’on n’est ni RN ni LFI mais une synthèse de tout cela” défend-il.

“Vivre ensemble”

Christine Raharijaona et Adrien Theilleux en 2017

Reste que cette déclaration de candidature, même décalée à janvier, sonne le glas de l’alliance de circonstance entre Mohamed Majani et son premier adjoint. ” En 2014, rappelle ce dernier, chacun avait sa liste, on a fait fusion au 2e tour pour récupérer la mairie, mais d’entrée on était pas ensemble. Pendant la mandature, on a travaillé ensemble et j’ai fait partie des personnes les plus impliquées”. Mais le premier adjoint sortant affirme trouver le rythme de travail “trop lent” à la mairie, et pense pouvoir aller “au moins trois fois plus vite”. Il critique aussi “le soutien de LREM à Majani” qu’il qualifie “d’opportunisme”. Non pas par désaccord avec l’action de la majorité présidentielle, mais au contraire parce que dit-il, “les représentants locaux ne sont pas capables d’expliquer la politique du gouvernement. Cela donne l’impression que le gouvernement n’écoute pas la population alors que le président de la République fait un travail considérable”.

Surtout, le candidat Ali Boto se veut rassembleur. “Nous sommes favorables à apprendre à vivre ensemble, aujourd’hui on se croise mais on ne se rencontre pas. C’est pourquoi notre liste rassemble de l’extrême gauche à l’extrême droite. On ne travaille pas avec des partis mais au niveau individuel.” La volonté décrite par Christine Raharijaona est de “redonner la place au peuple et à la jeunesse qui représente 70% de la population mahoraise. On ne veut pas qu’on parle d’Anjouanais, de Comoriens, de M’zungus… Nous sommes des habitants de Mamoudzou, on va apprendre à vivre ensemble.”

Y.D.

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