Mayotte par Le Journal de Mayotte , mercredi 5 janvier 2022 à 04:03

Départs annulés vers Dar Es Salam, entre incompréhension et manque de communication

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“Si ça dure trop , je vais sur Nairobi et prends un visa de transit”. Excédé, ce passager vient d’apprendre par l’agence Kenya Airways l’annulation de son vol, prévu cette semaine. Exit les semaines de vacances prévues en Tanzanie, qui laissent place à un mélange d’incompréhension et de colère. Notamment d’avoir été prévenu sur le tard par l’agence. “Hallucinant cette volonté de ne pas passer d’info ! Même pas un arrêté préfectoral ! ” s’exclame le passager cloué au sol qui s’interroge sur la légalité de la mesure.

Un problème qui n’a “rien à avoir avec Kenya Airways” nous assure une source proche de la compagnie, qui confirme que les départs pour la Tanzanie sont “suspendus jusqu’à nouvel ordre”. “Les vols vers Dar-Es-Salam, c’est le préfet qui les a suspendus, car beaucoup de clients feraient de faux tests, ils sont négatifs au départ et positifs en arrivant ici” nous explique-t-on. Résultat à l’agence de Mamoudzou, le personne s’affère à prévenir les passagers à destination de Dar-Es-Salam. Toutefois, la restriction “ne concerne que les billets pour Dar Es Salam, les billets pour Nairobi et Paris, ça marche très bien” insiste cette source.

Pour les passagers au départ, pas le choix, ils sont invités à ne pas se rendre à l’aéroport, et à annuler leur billet. “Il faut que les gens annulent leur billet pour être remboursés, on rembourse tous ceux qui le demandent, et pour ceux qui ont acheté en ligne, il faut que les clients contactent leur agence émettrice” poursuit notre interlocuteur.

Une annulation indispensable, car si la destination Tanzanienne est interdite, les vols pour Nairobi décollent bel et bien, et si les passagers n’embarquent pas sans avoir annulé eux-mêmes le billet, ils pourraient perdre le bénéfice de leur carte d’embarquement, “ce qui peut leur coûter très cher” poursuit-on du côté de la compagnie. Ce, parce que cette dernière n’est pas à l’origine de l’interdiction.

Du côté de la Tanzanie, des passagers sont aussi impactés en partance pour Mayotte. La semaine dernière, une vingtaine d’entre eux a dû faire l’objet d’un rapatriement en vol “spécial”, avec l’autorisation de la préfecture. D’autres, testés positifs, ont été refusés, et devraient revenir à Mayotte au compte goutte, et surtout au rythme des résultats négatifs.

Une situation qui agace d’autant plus que sur Internet, rien ne laisse présager de telles restrictions. Le site des Affaires Etrangères précise simplement qu’il faut un motif impérieux pour se rendre en Tanzanie si l’on n’a pas un schéma vaccinal complet, et qu’un test négatif suffit pour les autres passagers. Non sans préciser que “Le capacitaire sanitaire étant très limité, tout déplacement non essentiel vers la Tanzanie est déconseillé”.

Mic-mac dans la communication autour de ces restrictions

La préfecture, elle, assure “n’interdire aucun vol”, et dit avoir simplement “rappelé les consignes aux compagnies sur les conditions dans lesquelles les Français peuvent revenir : schéma vaccinal complet et test négatif de moins de 24h” et explique que les rapatriements ne seraient qu’une augmentation de “la capacité de leurs avions pour ramener les Français désirant rentrer”. Une version différente de celle présentée par les autres interlocuteurs que nous avons pu contacter, et qui témoigne là encore d’un défaut de communication, auprès du public ainsi qu’en interne.

Les vols vers Dar-es-Salam sont en tout cas bien suspendus au départ de Mayotte confirme l’aéroport de Mayotte joint par téléphone. D’ailleurs une simple recherche par vol avec la destination Tanzanie ne donne d’ailleurs aucun résultat sur le site de l’aéroport.

A cela s’ajoute une autre épine dans le pied de certains voyageurs. Dubaï, plaque tournante du trafic aérien au nord de l’océan Indien, interdit de son côté les vols depuis le Kenya, ce qui peut également impacter des voyageurs en partance depuis Mayotte via Nairobi.

Il importe donc de bien se renseigner avant son départ sur les restrictions sanitaires propres à chaque destination, en l’absence de grande cohérence d’un pays à l’autre.

Y.D.

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