Le général Lucas demande un audit d’évaluation des entrées illégales sur le territoire

Si la ministre des Outre-mer a fait son mea culpa collectif sur la prise en charge de Mayotte, on n’en était pas loin avec le commandant de la gendarmerie Outre-mer Lambert Lucas, tout proportion gardée avec la réserve due à sa fonction. Il s’exprimait devant la presse locale Si l’Etat met désormais les moyens en matière de sécurité, il demande à la société de s’impliquer.

Le Général Lucas est clair : en réponse à une délinquance qui a considérablement augmenté à Mayotte, « multipliée par 3 de 2000 à 2017 », il faut « mettre les moyens », « et c’est ce que nous sommes en train de faire avec la pérennisation du demi-escadron arrivé en 2016, et le maintien de celui composé des mobiles de Guyane et de La Réunion jusqu’à cet été. Un bilan sera fait en terme de sécurisation scolaire, de sécurisation et de Lutte contre l’Immigration Clandestine (LIC) pour juger de sa pérennisation. » Mais en face, il a besoin d’interlocuteurs « qui tiennent un discours structuré ».

Or, faute d’interlocuteurs, « nous n’avons pas de contact avec les élus », la moitié de la mission est repartie, le conseiller d’Etat Courtial et le policier Yves Jobic, comme nous l’annoncions lundi, « définitivement », rapporte le général, et lui même sera sur le départ « dans quelques jours » si aucune rencontre n’est pas au programme. Il fait donc un peu office de « résistant ».

Quant à la base de négociation, « est-ce celle des élus ? Celle de l’Intersyndicale-Collectif ? Nous avons eu 3 documents ».

3 nouveaux bateaux pour la LIC en mer

A propos du « mandat » réclamé par l’Intersyndicale-Collectif, que nous appellerons l’IC (à ne pas confondre tout à fait avec la LIC…), son titre de général commandant la gendarmerie d’Outre-mer le rend légitime pour ce qui est de la sécurisation du territoire, mais en ce qui concerne les autres missionnaires, il ne sait pas. On ne sait d’ailleurs pas non plus qui était missionné pour mettre en place un schéma de développement du territoire demandé par l’IC, et c’est sur ce point que les leaders demandent qu’un travail soit initié, « est-ce le conseiller d’Etat ou le préfet qui devait travailler au rattrapage d’investissement ? », nous interpellait-ils.

Outre les engagements de la ministre, sa base de travail reste le Plan Sécurité pour tous, signé par le ministre Cazeneuve, en 2016. « Il a été appliqué en terme d’effectifs », assure-t-il, en convenant que du côté police, il n’y a eu que des remplacements et non des créations nettes de postes, « pas en gendarmerie ». Mais beaucoup de mesure de ce Plan n’ont pas encore été déclinées, notamment sur les moyens nautiques, « la lutte en mer, c’est l’arbre qui cache la forêt, les deux tiers des interpellations se font à terre ». Mais précisément parce que les arrivées furent maritimes, font remarquer les médias… « Deux nouveaux bateaux arrivent pour la gendarmerie maritime et un pour la Police aux frontières après l’été », confirme-t-il.

« Pourquoi autant de mineurs délinquants ? »

La question qu’il veut se poser, c’est « gagne-t-on la guerre de la LIC ? ». Pour savoir s’il y a plus d’entrées que d’expulsions, un seul moyen, « il faut un audit clair du volume des entrées ». Sa référence en la matière reste la Guyane à forte pression migratoire également : « Nous avions demandé à une société privée et à l’INSEE d’évaluer le nombre d’entrées, qui a été chiffré ».

En matière de délinquance, si les moyens sont mis dans son secteur de la sécurité, il interroge la société mahoraise : « Pourquoi y a-t-il autant de mineurs délinquants ? Ils représentent 33% des auteurs de faits de délinquance. On enregistre 4 fois plus de viols qu’en métropole, mais les brigades ne peuvent pas accueillir ces femmes en souffrance car personne ne nous contacte » Certains des mineurs sont isolés, « où sont les associations qui pourraient les prendre en charge ? », d’autres non, « 15 bandes sont identifiées, si chaque mois un travail est entrepris avec 4 ou 5 familles, on aura touché la moitié au bout d’un an. »

Dans un contexte où un message des 500 frères de Guyane appuie la mobilisation à Mayotte, le général Lucas rappelle qu’il était l’un des experts de haut niveau mandaté l’année dernière sur le volet sécurité, « nous avons eu une demande structurée à laquelle nous avons répondu en une semaine. »

Anne Perzo-Lafond
Lejournaldemayotte.com

mots clés de l'article : Mayotte , société , Guyane , orange , Une , Général Lambert Lucas

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