Mayotte par Le Journal de Mayotte , samedi 17 octobre 2015 à 10:54
Restauration rapide

Le Goody’s a ouvert ses portes et vise 1.200 clients par jour

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Restauration rapide

Le groupe Sodifram a inauguré son 1er restaurant Goody’s à Mayotte, non loin du rond-point El-Farouk à Kawéni. Un investissement lourd et porteur de nombreuses ambitions.

Chez Goody’s, à Mayotte comme en Grèce d’où est originaire la chaîne, pas question de parler de fastfood. Ici, on dit « restauration rapide ». « C’est plus qu’une nuance. Quand vous prenez une salade par exemple, vous mangez dans de vraies assiettes, avec des couverts en métal et on vient vous servir à table », explique Christophe Pons, chargé de la communication à la Sodifram. Goody’s reste tout de même une « burger house », avec ses sandwichs chauds, ses glaces mais aussi ses petits déjeuners.

« Je me suis adressée à Goody’s parce que les goûts des Grecs correspondent aux goûts des Mahorais. Pour la viande par exemple, elle est bien grillée à l’extérieur mais tendre à l’intérieur », explique Ersi Volonakis, la directrice du groupe. Ses origines grecques ne sont également probablement pas étrangères à l’arrivée de la chaîne qui, avec Mayotte, pose pour la 1ère fois un pied en France.

Ouvrir un restaurant de chaîne implique de rentrer dans une charte précise. Les steaks et les pains seront donc importés de Grèce mais le groupe veut s’approvisionner au maximum localement pour certains produits comme les légumes.
Ce sont 21 emplois directs qui ont été créés et une trentaine au total, des postes occupés par des locaux à l’exception de celui d’André, le Grec du staff. Venu d’Athènes, cet ancien responsable de la formation des 170 restaurants de la chaine en Grèce, s’est installé à Mayotte pour piloter les premières années du démarrage du projet. Car ici, on ne pense pas petit, on vise… 1.200 clients par jour !

Le 1er d’une longue série

La Sodifram n’en est pas à sa 1ère expérience de restauration. Elle gère déjà le point-chaud installé à côté du Shopi de la place Mariage. Mais avec Goody’s, les enjeux sont tout autres. Car le groupe de distribution a acquis la licence pour l’ensemble du sud-ouest de l’océan Indien. A Mayotte, un 2e restaurant pourrait être créé dans les années qui viennent en Petite Terre et logiquement, La Réunion et Maurice pourraient aussi être des terres d’expansion.

Conséquence, la réussite du 1er restaurant n’est pas une option. C’est une impérieuse obligation. D’où l’investissement massif du groupe : 3,5 millions d’euros rien que pour le bâtiment, qui accueillera aussi un supermarché dédié aux surgelés, probablement en février 2016.

Un vaisseau spatial

Tout a été très soigneusement pensé : du mobilier aux plantes en passant par le parking et bien entendu l’architecture du bâtiment. Impossible de rater le restaurant tant sa modernité tranche dans le paysage urbain de la zone. « L’idée de départ était de faire un vaisseau spatial, avec des formes qui dénotent et qui accrochent », explique Violaine Liétar, l’architecte de l’agence AROM qui a travaillé sur le projet.

Le lieu se veut aussi en phase avec les préoccupations environnementales de notre époque. Pas de climatisation, mais une ventilation naturelle, permise aussi par la résille métallique qui entoure l’étage du restaurant… et par le brasseur d’air de plafond géant, le 1er du genre dans l’océan Indien. Il est tellement innovant qu’il a été subventionné par l’ADEME* !

Un outil pour la sécurité

A Kawéni, comme partout à Mayotte, la question de la sécurité se pose d’emblée. Mais les connaisseurs des problématiques urbaines pointent l’exemple de la chaîne de cafés Starbucks aux Etats-Unis.

Dans les centres villes nord-américains désertés le soir et livrés à une insécurité maximale, l’ouverture de cafés de la chaîne à partir des années 1990 entraînait la mise en place de flux, avec le passage des clients, et créait des poches de sécurité qui avaient ensuite tendance à s’étendre. Le Goody’s pourrait jouer ce rôle dans cette partie de Kawéni, d’autant que la BAC a prévu des patrouilles très nombreuses le soir pour faire de l’endroit, un espace relativement serein.

C’est aussi une des conditions du succès du restaurant. Car s’il ouvre le matin à 7 heures en semaine (10h le week-end), il doit fermer ses portes à 22 heures tous les soirs.
RR
www.lejournaldemayotte.com

*ADEME : Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie

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