Les chefs d’entreprises « optimistes sur l’évolution de leurs affaires », au 2ème trimestre

« L’environnement des affaires s’inscrit dans une trajectoire favorable. En hausse de 6,4 points par rapport au trimestre précédent, l’Indicateur du climat des affaires (ICA) s’établit à 108,4 points, soit 8,4 points au-dessus de sa moyenne de longue période depuis plusieurs trimestres, témoin d’une perception plutôt favorable de la conjoncture économique par les entreprises. » Un constat qui change de l’année dernière, mais qui colle au schéma habituel à Mayotte qui alterne une année sur deux, tantôt conflit social, tantôt résilience !

Pour évaluer le moral des chefs d’entreprises, l’Institut d’Emission des Départements d’Outre-mer (IEDOM) organise régulièrement une table ronde où il prend leur température. Gageons que l’annonce du Plan de convergence de 1,6 milliard d’euros est un dopant suffisant pour ragaillardir leur santé, touchée par le conflit social de mars 2018. La courbe de l’ICA est à ce titre parlante. Non seulement les chefs d’entreprise sont optimistes pour le trimestre à venir (+3,6 points), mais ils ont aussi des « appréciations favorables sur les réalisations du 2e trimestre (+2,8 points). » Intéressant quand on regarde la courbe retraçant l’écart entre les prévisions et les réalisations de l’activité depuis deux ans.

Nous ne nous arrêterons pas sur l’indice des prix à la consommation qui concerne les mois d’avril à juin, l’INSEE l’ayant actualisé depuis, mais rappelons seulement que l’époque où Mayotte affichait une tendance inflationniste insolemment supérieure à la métropole, semble révolue, puisque si la hausse des prix sur l’année est de 1,2% dans l’Hexagone, à Mayotte, elle décroit de 0,2% tiré par la baisse des prix des produits manufacturés, -4,3 %, tandis que l’énergie, les services et l’alimentation s’accroissent respectivement de 4,5 %, 1,7 % et 0,1 %.

On importe 20% de plus sur l’année

Mayotte importe toujours plus

La progression de la demande d’emploi de 3,7% sur l’année, notamment en raison de la régularisation de certains demandeurs qui vont s’inscrire à Pôle emploi, ou l’atonie de la consommation des ménages sur ce 2ème trimestre 2019 comparée à la même période de l’année précédente, n’ont pas été de nature à freiner les ardeurs : après 7 trimestres de niveau élevé, les prévisions d’investissement se renforcent encore au cours du 2e trimestre, +27,4 points, et particulièrement dans le secteur des services marchands, +29 points). « Cet élan témoigne de l’optimisme des chefs d’entreprise sur l’évolution de leurs affaires pour les trimestres à venir. »

Le chiffre des immatriculations de véhicules neufs appuie leur optimisme, + 26,1 % par rapport au 2e trimestre 2018, ainsi que ceux des crédits délivrés aux entreprises, +1,8 % par rapport au trimestre précédent, et +9,4 %sur l’année.

Ne tenons pas compte de la baisse des importations de biens d’équipement professionnel et de biens intermédiaires, nous dit l’IEDOM expliquant qu’elles avaient effectué un rattrapage d’après crise et retard de sorties des containers, pour ne retenir que leur hausse annuelle de 20,5 %.

En zoomant par secteur, on s’aperçoit que l’optimisme est inégalement réparti. Logiquement, avec les plans d’urgence et de convergence, surtout dans les constructions scolaires, le secteur du BTP note un regain d’activité. « Les chefs d’entreprise du secteur attestent d’une amélioration des charges et déclarent un besoin d’embaucher pour faire face au nombre croissant de chantiers à assurer. Ils anticipent par ailleurs une progression de leur activité sur le prochain trimestre et des intentions d’investir à la hausse ». Les importations croissantes de ciment attestent de l’expansion de leur activité, elles augmentent de 11,8 % en variation trimestrielle et de 20,5 % sur un an.

Des délais de paiement toujours plombant

Un gros décalage entre les prévisions et les réalisation depuis deux ans

Néanmoins, les chefs d’entreprise restent prudents sur l’état de leur trésorerie : si les prévisions d’embauche se concrétisent, les entreprises s’exposent à une croissance de leurs charges, alors que les délais de paiement demeurent structurellement longs dans ce secteur. Ainsi, la conjoncture bien orientée anticipée pour le prochain trimestre risque d’être compromise en cas de dégradation des trésoreries dans le secteur.

Les professionnels du secteur commercial portent eux un jugement défavorable sur leur activité au deuxième trimestre 2019. Cette mauvaise orientation s’explique principalement par des charges d’exploitations et des trésoreries dégradées. En revanche, l’emploi, les délais de paiement et les prévisions d’investissement sont nettement mieux orientés. Dans ce contexte, les chefs d’entreprise anticipent un léger rebond de l’activité au prochain trimestre.

Quant au secteur marchand, l’activité s’est plutôt dégradée, bien que le poids des charges semble s’amoindrir, que les trésoreries se consolident et que les prévisions d’investissement soient maintenues à la hausse. Le repli des embauches atteste de la difficulté des entreprises à recruter de la main-d’œuvre qualifiée, ce qui pénalise l’ensemble du secteur. Pour le prochain trimestre, les chefs d’entreprise prévoient une stabilisation de leur activité et de leur trésorerie.

En conclusion, après un début d’année plutôt morose, l’activité reprend au 2e trimestre. «  Pour le prochain trimestre, les chefs d’entreprise anticipent une activité favorable, avec des prévisions d’embauches et des intentions d’investir bien orientées ». Les points de vigilance communs aux secteurs restent donc les délais de paiement toujours structurellement longs sur le territoire.

Lire tendances_conjoncturelles_2t2019

A.P-L.

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