Les parents d’élèves de Ouangani dénoncent le manque de suivi de leur plainte

Le 23 février 2016, les parents d’élèves d’Ouangani avaient en effet initié une action en justice concernant les fonds alloués à la mairie d’Ouangani et destinés aux rythmes scolaires. « Plus de 500.000 euros, ont été octroyés à la commune pour assurer le bon fonctionnement des rythmes scolaires, mais sur le terrain rien n’a été fait depuis 2014. Ils en donnent le détail. Depuis 2014, ce sont 560.000 euros qui ont été versés, sans compter le montant perçu l’année dernière, non porté à la connaissance des parents. Selon eux, aucune enquête n’aurait été lancée.

Ils réitèrent donc le 26 février 2019, mais cette fois ciblé sur les conditions d’accueil des enfants dans les différentes écoles de la commune. Une plainte pour mise en danger des enfants et non-assistance à personne en danger a été déposée au tribunal de grande instance. « Jusqu’à aujourd’hui aucune suite n’a été faite à cette requête de votre part », se plaignent-ils dans un courrier adressé au procureur. Ils rappellent que ces écoles, comme la plupart à Mayotte, ont reçu un avis défavorable de la commission d’hygiène et de sécurité et ne peuvent accueillir des élèves. « Elles ne sont pas équipées ni d’extincteurs, ni d’alarme à incendie. Encore une fois, notre plainte a été mise « sous coquillage » dans vos bureaux. »

Obligation de scolariser… sans conditions

Ali Ahmed Combo, maire de Ouangani

Celle qui polarise leur colère, c’est l’école maternelle de Barakani. « Les conditions dont sont soumis nos enfants s’apparentent à de la maltraitance envers des mineurs de moins de 6 ans. Pendant la pause méridienne, faute de lieu dédié au repos, la mairie fait dormir nos enfants sur du béton, avec la poussière, sous 35°C », et ils joignent une photo à la parole.

Le maire que nous avions contacté, invoquait « une manœuvre de l’opposition », nous étions alors à un an des municipales, voir à plusieurs années si l’on remonte aux premières plaintes. Dans un grand flair politique, il indiquait ne pas vouloir se représenter.

Les parents réunis en association « Les enfants de l’espoir », espèrent « que la loi soit respectée, dans nos écoles. Et cela commence par la prise en compte de nos différentes plaintes. La loi ne peut pas ‘aller’ que dans un seul sens, en obligeant les parents à scolariser leurs enfants dans des conditions déplorables, d’hygiène et de sécurité. Les plaintes déposées par les parents d’élèves doivent être prises en compte, des enquêtes doivent être ouvertes, et que les responsabilités de chacun soient dégagées. » (Lire la plainte Procureur 3ème)

Nous avons contacté le parquet, il nous informe que la plainte déposée par les parents d’élèves en février a bien été traitée et qu’une enquête a été ouverte par la gendarmerie.

A.P-L.

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