Première mise en place de la médiation du crédit à Mayotte pour les entreprises sinistrées par la crise sociale

La médiation du crédit vient d’être relancée à Mayotte, « elle existait, mais n’a jamais vraiment fonctionné », rapporte au JDM Robert Satgé, Directeur de l’antenne locale de l’Institut d’Emission des Départements d’Outre-mer (IEDOM). Face à la multiplicité des portes d’entrées pour les entreprises en difficulté en ce lendemain de blocage, il nous donne la marche à suivre.

Depuis deux semaines, une Cellule d’urgence entreprises tripartite Etat-conseil départemental-CCI a été montée, et le guichet unique reste la Maison de l’entreprise. Mais tous les jours, de nouvelles mesures tombent, et des chefs d’entreprise y perdent leur latin. Toujours précis et direct, Robert Satgé redonne les jalons à suivre.

« Tout d’abord, je voudrais dire que chaque chef d’entreprise est responsable de son affaire », et doit donc en assumer le risque, tout en étant accompagné. Un postulat qui invite chacun à la clairvoyance.

« Le premier réflexe est d’aller voir sa banque. Tout le monde regarde son relevé bancaire et est en mesure d’évaluer sa trésorerie. Une vraie discussion doit s’engager alors », explique l’économiste. Or, selon lui, peu de patrons avaient contacté leur banquier jusqu’à la semaine dernière, « il est vrai que les déplacements étaient compliqués. »

Deuxième démarche, contacter les institutions qui émettent des échéances : « Je suis surpris de voir que peu de chefs d’entreprise se sont rendus à la Caisse de Sécurité sociale de Mayotte, alors que ce sont les premières charges à tomber ». De même, ne pas hésiter à solliciter les services fiscaux et la Douane.

Un médiateur, pas un entremetteur

Si aucune entente n’est trouvée avec son banquier, l’IEDOM peut jouer les médiateurs : « Cela concerne les entreprises sérieuses qui n’avaient pas de difficultés particulières avant la crise. Dans le cas contraire, elles n’auront pas plus après, met-il en garde, les banquiers de leur côté ont intérêt à accompagner les entreprises dans l’espoir de voir vont assainir les situations. »

La médiation du crédit est donc ouverte à Mayotte à tout chef d’entreprise, artisan, commerçant, profession libérale, créateur ou repreneur d’entreprise, entrepreneur individuel, les associations, les entreprises bénéficiant d’une procédure collective ou amiable, qui rencontre des difficultés de financement, d’assurance-crédit, de crédit-bail, de garantie ou d’affacturage. En revanche, la médiation du crédit n’a pas vocation à aider les entreprises à trouver des partenaires bancaires ou financiers.

La démarche poursuit deux objectifs : ne laisser aucune entreprise seule face à ses problèmes de trésorerie ou de financement, et veiller au respect des engagements pris par les établissements financiers dans le cadre du plan de soutien à l’économie.

Contact dans les 48h

Le dépôt de dossier se fait exclusivement sur le site dédié (cliquer « Saisir la médiation). Dans les 48 heures suivant ce dépôt, le médiateur départemental, ici Robert Satgé en tant que directeur de l’IEDOM à Mayotte, contactera l’entreprise pour analyser conjointement son dossier de manière concrète et factuelle. Les partenaires financiers de l’entreprise sont prévenus afin que chacun puisse revoir sa position dans un délai de 5 jours.

« Si les difficultés persistent, le médiateur départemental intervient alors pour rapprocher les positions divergentes et proposer des solutions pragmatiques, concertées et adaptées ». Les équipes de la médiation disposent aujourd’hui de plusieurs leviers susceptibles d’aboutir à la résolution efficace des demandes, au travers de conventions ou d’accords signés au niveau national avec les principaux acteurs du financement des entreprises (la profession bancaire, les assureurs crédit, les acteurs du capital investissement).

Liste des pièces à fournir : les trois derniers bilans clos, une situation intermédiaire récente établie par le comptable ou l’expert-comptable (si possible certifiée), le carnet de commandes, l’atterrissage pour l’exercice en cours, le prévisionnel d’activité de l’exercice n+1, le plan de trésorerie des 6 ou 12 prochains mois selon les cas.

A tout moment, et dès avant le début de la procédure, les entreprises peuvent bénéficier d’un accompagnement motivé, individualisé et dans la durée grâce à l’appui des tiers de confiance de la médiation, experts de terrain aux côtés des entreprises, qui agiront dans le plus profond respect des règles de confidentialité : chambre de commerce et d’industrie, experts comptables…

A.P-L.
Lejournaldemayotte.com

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