Mayotte lundi 2 mars 2020

Réparer soi-même plutôt que racheter du neuf : un repair-café ouvre à Kawéni

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Lutter contre les déchets, la pauvreté et peut-être même la délinquance, c’est l’objectif que s’est fixé le Mouvement pour une alternative non violente (MAN) de l’Océan Indien, qui compte à Mayotte 25 bénévoles et services civiques et deux salariés. Déjà actif au pénitencier et dans les quartiers sensibles où l’association fait de la prévention et des groupes de parole, le MAN a équipé son siège de Kawéni d’un atelier au bénéfice des habitants.
L’idée, c’est de pouvoir, gratuitement mais moyennant la consommation café, d’un thé ou d’un jus de fruits frais, réparer ses appareils tombés en panne. Ventilateurs, téléphones ou ordinateurs font partie des petites machines les plus jetées, alors que la plupart des pannes sont réparables. Ecran cassé, faux contact et consors méritent un peu de bricolage.

Mais faire soi-même n’est pas donné à tout un chacun, et les professionnels peuvent coûter un bras. “Là, il s’agit d’apprendre à faire, et non de déposer son appareil pour revenir le chercher plus tard” explique Christine Raharijaona, présidente du MAN Océan Indien. Pour apprendre, un écran diffuse des tutoriels, et des professionnels bénévoles prodiguent conseils et astuces. Pour les travaux les plus compliqués, “ils peuvent laisser leur carte professionnelle” glisse Christine Raharijaona. Donnant-donnant.

Le MAN ambitionne de produire et vendre des meubles en bois de palette

Dans l’atelier, jusqu’à 6 personnes peuvent venir bricoler, sur rendez-vous, leurs petits appareils. D’une superficie de 20m², la pièce ne permet pas d’accueillir du gros électroménager.
A Côté, un espace détente précède le bar. Là tous les meubles sont faits maison, en bois de palette, par les membres de l’association. Un avant goût d’une boutique de mobilier en bois à bas prix, prochain projet de l’association.

En échange de la réparation d’une machine, la simple consommation d’une boisson garantit l’ambiance et permet de financer les outils mis à disposition. En effet le lancement de ce projet né en 2019 a coûté pas moins de 32 000€, principalement financés par la mairie de Mamoudzou et l’Ademe, grâce à un prêt citoyen du restaurant le 5/5.

Christine Raharijaona veut un lieu convivial

Le projet a germé du constat qu’il y a “trop de déchets sur l’île, on s’est dit qu’il fallait faire de l’économie sociale, solidaire et circulaire” poursuit la présidente.

Son association s’est alors rapprochée de la fondation Repair-Café d’Amsterdam, Paris et Montpellier, pour l’appuyer dans les démarches. Un an plus tard, la structure est prêt à accueillir les bricoleurs en herbe. Et il va y avoir du boulot, du mardi au dimanche de 10h à 20h. Avant même l’ouverture, pas moins de 350 personnes ont déjà manifesté leur intérêt.

Renseignements sur le Facebook du repair-café
Ou celui de l’association

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