Mayotte vendredi 10 avril 2020

Un collectif guadeloupéen dépose plainte contre le gouvernement devant la Cour de justice de la République

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Après la plainte du syndicat UGTG contre les ARS et CHU de Guadeloupe, gagnée au tribunal administratif, mais débouté par le conseil d’Etat, c’est au tour du « Kolectif constituant jistiss Gwadloup » de déposer plainte contre Edouard Philippe, Olivier Véran, Annick Girardin et Agnès Buzyn. Et devant la Cour de Justice de la République, compétente pour juger les crimes ou délits commis par les membres du gouvernement dans l’exercice de leurs fonctions.

Il reproche « des informations et mesures préventives transmises tardivement », « l’autorisation données aux paquebots de croisière de poursuivre leurs activités touristiques et balnéaires en laissant poser le pied sur l’île de Guadeloupe à nombre de touristes italiens provenant des régions proches du foyer infectieux de la région touchée en Italie », de n’avoir « pas su anticiper la préparation du CHU et des établissements de santé à recevoir les patients infectés, par manque d’appareils nécessaires pour les soigner, tels que des masques aux normes, des respirateurs en nombre conséquent ».

Les urnes ont primé sur l’isolement

Les reproches se suivent et ressemblent à ceux portés par l’élu francilien et le syndicat Guadeloupéen : insuffisance de tests, de traitement à l’hydroxychloroquine du professeur Raoult, et absence du protocole du Professeur Paul Marik, « reposant sur l’utilisation de vitamine C à fortes doses », un « confinement tardif au motif d’élections municipales », avoir autorisé les arrivées en avion, et « ne pas distribuer de l’eau potable à la population alors que l’on sait que, dans beaucoup de communes, les robinets ne coulent pas. »

Des faits constitutifs d’une violation intentionnelle de l’article 223-7 code Pénal selon le Collectif, qui dit que « quiconque s’abstient volontairement de prendre ou de provoquer les mesures permettant, sans risque pour lui ou pour les tiers, de combattre un sinistre de nature à créer un danger pour la sécurité des personnes est puni de deux ans d’emprisonnement et de 30 000 euros d’amende. »

Jusqu’à présent, le conseil d’Etat a débouté ces plaintes en arguant en substance que les instances de santé ont fait du mieux en fonction du matériel (masques, etc.) à leur disposition, « il ne peut être reproché au centre hospitalier universitaire et à l’agence régionale de santé de carence caractérisée, dans l’usage des pouvoirs dont ils disposent, constitutive d’une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale » (Jugement UGTG), dans une crise qui a pris de court le monde entier.
Mais là, c’est l’action décisionnaire du gouvernement qui est en cause.

A.P-L.

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