Métropole par Paris (AFP) , jeudi 17 septembre 2020 à 14:04

La CGT, la FSU et Solidaires ouvrent la rentrée syndicale

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La CGT, Solidaires et la FSU ouvrent la rentrée syndicale jeudi avec un appel à grèves et manifestations contre les suppressions d’emploi et pour des hausses de salaires, au moment où se multiplient les restructurations et plans sociaux.

"Il est difficile de se faire entendre mais ça n'a jamais été autant nécessaire", souligne auprès de l'AFP Benoît Teste, secrétaire général de la FSU, pour qui il est "important" de "ne pas laisser s'installer l'idée que manifester serait aller à l'encontre de l'unité nationale".

Covid oblige, les organisateurs ne s'attendent pas à une forte affluence, mais jugent ce "premier" appel nécessaire pour permettre aux salariés de se "retrouver ensemble", après des mois de restrictions liées au coronavirus.

A Toulouse dans la matinée, la CGT recensait 3.000 manifestants (1.400 selon la police). Ils étaient plusieurs centaines à Marseille ou à Montpellier.

"Dès qu'il y a un problème, on licencie d'abord, et on réfléchit après. Nous, on propose de réfléchir d'abord et après de prendre des mesures en fonction des réalités", a déclaré samedi sur RTL Philippe Martinez, numéro un de la CGT, qui voit ce jeudi comme une occasion pour les salariés de "se défendre".

Ces dernières semaines les annonces de plans sociaux ou de restructurations se sont multipliées: de l'enseigne d'ameublement Alinéa en passant par Nokia, BFMTV/RMC ou encore Auchan.

Au 13 septembre, 394 plans de sauvegarde de l'emploi (PSE), représentant jusqu'à près de 57.000 emplois, avaient été recensés depuis mars, contre 249 sur la même période l'an dernier.

Dernier en date, le gouvernement a vertement condamné mercredi la décision du Japonais Bridgestone de fermer en 2021 son site de Béthune (Pas-de-Calais) où travaillent 863 personnes, parlant de "trahison". Jeudi, le ministre de l'Économie Bruno Le Maire a évoqué une décision "révoltante".

"Ça ne suffit pas de râler, d'être en colère ou de montrer du doigt. Il faut plus que ça", s'est emporté M. Martinez, réclamant sur LCI que les entreprises touchant des aides publiques signent "un genre de pacte" où elles s'engagent à créer des emplois. "Il faut absolument mettre une pression" sur Bridgestone, a renchéri son homologue de FO, Yves Veyrier, sur Europe 1.

La CGT avait lancé son appel à mobilisation le 9 juillet, près de deux mois avant l'annonce d'un plan de relance de 100 milliards d'euros, qui a déçu les syndicats.

Ce plan, "annoncé en grande pompe, ne s'adresse qu'aux entreprises, qui pourront notamment bénéficier d'une exonération d'impôts de production à hauteur de 10 milliards d'euros par an et cela sans aucune condition ni contrepartie", regrettent la CGT, la FSU, Solidaires et les organisations de jeunesse Fidl, MNL, Unef et UNL, organisateurs de la mobilisation.

-"Mouvement de foule" -

Plus d'une centaine de rassemblements/manifestations sont organisés dans la journée, selon la CGT, avec comme mot d'ordre "Mobilisés pour un autre avenir".

Parmi les revendications: hausses de salaires, abandon "définitif" des réformes des retraites et de l'assurance chômage, réduction du temps de travail "sans perte de salaire", augmentation du Smic...

A Paris, la manifestation partira à 14H00 de République, direction Nation.

L'interdiction de rassemblement de plus de 5.000 personnes reste en vigueur pour éviter la propagation du virus mais les autorités ont jusqu'à présent fermé les yeux sur les dépassements, tant pour les manifestations des "gilets jaunes" le 12 septembre, que pour les mobilisations des personnels hospitaliers en juin-juillet, qui avaient réuni jusqu'à des dizaines de milliers de personnes.

"Nous ferons tout pour que les gestes barrières soient appliqués, avec le port du masque et la distanciation. C'est aussi important que les forces de l'ordre aient les bonnes consignes pour qu'il n'y ait pas de mouvement de foule", explique Céline Verzeletti, responsable CGT.

Des préavis de grève ont été déposés à la SNCF et RATP mais le trafic est globalement normal. A La Poste à la mi-journée, la direction recensait 1,95% de grévistes.

A Nice en revanche, il n'y avait pas de tramway, peu de bus et de trains mais beaucoup d'embouteillages. De nombreuses crèches étaient en outre fermées, et les services de cantine pas toujours assurés dans les écoles.

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