Covid-19 : premier décès au Japon d’une personne infectée

© afp.com - CHARLY TRIBALLEAU

Le Japon a enregistré jeudi un premier décès de personne porteuse du nouveau coronavirus alors qu’il est aux prises avec un nombre croissant de cas sur un navire de croisière en quarantaine au large de ses côtes depuis début février.

Une femme de 80 ans, dont le décès a été constaté jeudi, a été testée positive selon des résultats obtenus post mortem, a annoncé le ministre japonais de la Santé Katsunobu Kato.

Le ministre est néanmoins resté prudent sur ce qui a réellement provoqué la mort de cette habitante de la région de Kanazawa (sud de Tokyo) qui avait développé des symptômes le 22 janvier et été hospitalisée le 1er février.

"La relation entre le nouveau coronavirus et la mort de cette personne n'est pas encore établie", a-t-il déclaré au cours d'un point de presse organisé dans la soirée. "Il s'agit du premier cas de décès d'une personne ayant été testée positive".

Jeudi encore, trois autres nouveaux cas ont été par ailleurs constatés dans l'archipel nippon, dont celui d'un chauffeur de taxi de la capitale. Ceci porte à 32 le nombre répertorié dans le pays, sans compter 218 passagers et membres d'équipage du paquebot Diamond Princess, plus un officier de quarantaine.

Le navire de luxe, où 44 nouveaux cas ont été confirmés jeudi, est devenu le rassemblement le plus important de porteurs du virus hors de Chine.

Celles dont les résultats sont positifs, sur 3.711 personnes initialement à bord, ont été hospitalisées. Les autres ont encore devant elles près d'une semaine d'isolement, dans l'ennui et des craintes grandissantes.

- 'Quitter le navire' -

Quant aux membres d'équipage, ils travaillent d'arrache-pied et s'inquiètent d'être particulièrement exposés à un risque de contamination. Tandis que les passagers sont confinés dans leurs cabines, eux doivent aller de porte à porte pour distribuer nourriture et autres produits de première nécessité.

"La situation à bord empire de jour en jour", a déclaré par téléphone à l'AFP une employée de la sécurité âgée de 24 ans, Sonali Thakkar. "Ce matin, ils nous ont dit que 44 personnes de plus avaient été infectées et tout le monde a vraiment peur et veut quitter le navire le plus tôt possible", a-t-elle ajouté.

"Tout ce que nous voulons ce sont des tests et d'être séparés de ceux qui sont positifs. Nous ne voulons pas rester à bord".

Le gouvernement japonais a expliqué qu'il n'avait pas assez de tests de diagnostic disponibles pour dépister tout le monde dans l'immédiat.

Seulement 300 personnes au maximum peuvent actuellement être testées à bord. Les autorités espèrent pouvoir passer à 1.000 par jour d'ici le 18 février, à la veille de la fin prévue de la quarantaine.

Le Japon a annoncé jeudi que les passagers âgés seraient, si leur résultats de test sont négatifs, autorisés à quitter le navire pour s'installer dans un site choisi par le gouvernement.

Les logements comprendraient des chambres et salles de bains individuelles, un accès à des médicaments mais pas de soins médicaux sur place et une alimentation exclusivement japonaise, selon des précisions données par l'opérateur de croisière Princess Cruises.

- Jeux olympiques -

Fustigeant des "rumeurs irresponsables", le président du comité d'organisation des Jeux olympiques de Tokyo, Yoshiro Mori, a une nouvelle fois souligné jeudi qu'il n'envisageait pas de "reporter ou d'annuler les Jeux" en raison de l'épidémie.

À seulement 162 jours de la cérémonie d'ouverture, des questions sont fréquemment soulevées sur un éventuel report des JO en cas de propagation du virus dans toute l'Asie.

Près de 60.000 personnes ont été contaminées en Chine continentale, selon le plus récent bilan. Le virus y a fait au moins 1.367 morts.

Ce bilan s'est nettement alourdi par rapport à la veille, en raison d'une nouvelle définition plus élargie des cas de contamination par les autorités chinoises.

La plupart des décès sont intervenus dans la province du Hubei, berceau de la contagion, dont Wuhan est la capitale.

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