Océan Indien par Imaz Press, jeudi 29 février 2024 à 14:49

31 cas ont été détectés (actualisé) : Paludisme : augmentation des cas importés en 2023, un décès signalé

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En 2023, une hausse des déclarations de cas importés de paludisme a été observée, avec 31 cas signalés. La moitié de ces personnes ont été hospitalisées, une personne est décédée, et un patient a été placé en réanimation. Les cas importés le sont essentiellement au retour de Madagascar ou des Comores. Santé Publique France appelle donc à un renforcement des mesures préventives chez les "voyageurs-cibles", de retour de ces territoires. Nous publions le rapport de Santé publique France ci-dessous (Photo d’illustration rb/www.imazpress.com)

Après une baisse constante depuis l’an 2000, marquée par un nombre historiquement bas de cas déclarés à la Réunion en 2016 (12 cas), une hausse des déclarations de cas importés avait été observée entre 2017 et 2019, avec près de 30 cas en 2019. Cette augmentation s’inscrivait dans un contexte général d’augmentation du paludisme dans la zone (Comores, Madagascar).

Le nombre de cas déclaré est resté faible les 3 années suivantes, marquées par la pandémie à Covid-19 et ensuite par une reprise progressive des voyages internationaux.

Rapportée au nombre de voyageurs en provenance de zone d’endémie palustre, l’incidence de 2023 (27 cas/100 0000 voyageurs) rejoint celle de 2013 (28 cas/100 000 voyageurs).

- Evolution mensuelle des cas importés -

En 2023, le nombre de cas déclarés par mois était assez stable. Les mois d’octobre à décembre sont ceux où le nombre de cas était le plus bas (1 cas chacun) tandis que 5 cas étaient signalés en septembre.

- Description et prise en charge des cas importés -

• Les cas

Malgré une majorité de cas rapportée chez des hommes (âge médian : 43 ans ; min-max : 2-78 ans), un nombre croissant de cas est détecté chez des femmes. Le sexe ratio passe ainsi de 4,5 à 1,8 en 2023.

• Le parasite en cause

Dans la plupart des cas, c’est le Plasmodium falciparum qui était l’espèce en cause (26/31 cas pour qui l’espèce est connue soit 84% des cas). P. vivax a été détecté chez 4 personnes et P. malariae une seule fois. Lorsque la parasitémie était connue, elle était dans la majorité des cas inférieure à 4% (critère de sévérité) – on note cependant une tendance à l’augmentation des parasitémies élevées en comparaison avec les années précédentes. Ainsi, elle excédait 4% chez 6 personnes (sur 22 pour lesquelles l’information était disponible, soit 27%). Enfin, des gamétocytes (forme sexuée nécessaire à la perpétuation de la transmission) n’ont été mis en évidence que chez un seul sujet.

• La prise en charge

En 2023, l’accès palustre était simple pour 90% des patients (soit 26 des 29 cas pour lesquels l’information était disponible). Parmi les personnes ayant souffert d’un accès sévère, un décès a été signalé. Parmi les 31 cas recensés, 18 ont été hospitalisés. Ce nombre est en baisse par rapport à 2019 (22 cas sur 27 hospitalisés). Un seul séjour en réanimation a été rapporté (pour 6 en 2019). La durée médiane de séjour était stable, et de 3 jours.

• Nature et pays du voyage

Comme les années précédentes, en 2023, la plupart des cas de paludisme signalés à la Réunion l’étaient au retour d’un voyage à Madagascar (48% des cas). Les Comores représentaient ensuite le 2ème lieu de contamination (29%) suivis par divers pays d’Afrique centrale ou australe (Côte d’Ivoire, Ouganda, Gabon Afrique du Sud ou Mozambique).

Rapportée au nombre de voyageurs, l’incidence était la plus élevée au retour d’un voyage aux Comores et en augmentation entre 2022 et 2023 passant de 122/100 000 à 214/100 000. Bien que plus basse, l’incidence au retour de Madagascar était aussi en augmentation, passant de 12/100 000 en 2022 à 21/100 000 en 2023.

La moitié des cas a contracté le paludisme au cours d’une visite familiale (52% des cas). Viennent ensuite les voyages pour tourisme « classique » (36%) et pour raisons professionnelles (12%).

• Usage de la prophyxalie

Plus de la moitié (58%, soit 18 cas) des patients déclarait connaître le risque d’infection avant le voyage en zone impaludée. Cependant, seules 3 personnes ont consulté un médecin avant le voyage pour se voir prescrire une chimioprophylaxie qui n’a cependant pas été prise pendant la totalité du séjour.

- Conclusion et préconisation -

Après la baisse du nombre de cas importés de paludisme en lien avec la crise sanitaire à Covid-19, l’année 2023 a été marquée par un nombre de cas équivalent à la période pré-pandémique. Le profil des cas change peu, malgré une féminisation de la population. Le nombre de cas déclarés au retour des Comores poursuit son augmentation.

Bien que la plupart des cas déclaraient avoir connaissance du risque, seuls 10% d’entre eux avaient consulté avant le voyage.

En matière de prévention du risque, de façon générale, il est recommandé de se protéger des piqûres de moustiques par l’usage de répulsifs, de moustiquaires imprégnées et par le port de vêtements couvrants dès la tombée de la nuit. Ces mesures permettent également d’être protégés contre les piqûres d’autres insectes vecteurs. L’usage d’une chimioprophylaxie doit être évaluée avant tout voyage. A ce jour, la combinaison atovaquone/proguanil ou la doxycycline sont les seuls médicaments recommandés en 1ère ligne pour une chimioprophalyxie antipaludéenne (recommandations détaillées en page 4).

Pour rappel, la prise d’une prophylaxie et l’usage de mesures répulsives (lotions ou sprays anti moustiques contenant du DEET, vêtements longs...) ne garantissent pas à 100% l’absence de risque de contracter le paludisme.

En cas de symptômes évocateurs (fièvre) au retour de voyage (et jusqu’à 2 mois après le retour) en zone impaludée, le diagnostic de paludisme doit toujours être envisagé et un test de confirmation biologique réalisé. Une prise en charge médicale rapide est requise.

mots clés de l'article : santé , Actus réunion

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