Océan Indien par Imaz Press, mardi 27 juin 2023 à 12:57

Ce mardi c’est un exercice : Le volcan qui se réveille, la population qui est évacuée... c’était (pour de vrai) en 2002

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Ce mardi 27 juin 2023, la ville de Saint-Philippe est en alerte. En alerte pourquoi ? Car le Volcan gronde, la lave jaillit et menace les habitations. Rassurez-vous, ceci n’est pas réel. C’est le scénario imaginé par les autorités de La Réunion dans le cadre d’un exercice d’évacuation des populations dans le cas où le Piton de la Fournaise déciderait de se réveiller d’une manière plus forte que d’habitude. Ce qui est loin d’être de la pure fiction. Les coulées sont sorties de l’enclos à plusieurs reprises au cours des cinq dernières décennies et des évacuations à Sainte-Rose et à Saint-Philippe. Rappel… (Photos d’archives : rb/www.imazpress.com)

Ce mardi, enfant et adultes du Tremblet (Saint-Philippe) se sont donc prêtés au jeu des évacuations.

Un exercice dont le scénario est une éruption fictive provoquant deux coulées de lave distinctes hors enclos :

• l’une en direction de Saint-Philippe (secteur Le Tremblet) ;
• l’une en direction de Sainte-Rose (secteur Bois-Blanc).

Afin de tester la chaîne de commandement, la coordination des secours et l’évacuation des populations, des riverains volontaires et deux écoles sont évacués sur ces deux communes qui mettront en place des centres d’hébergement.

Ce scénario, réaliste en coulée isolée mais très peu probable en simultané, vise à entraîner les acteurs de la sécurité et du secours, ainsi que les collectivités de chaque secteur concerné, au pire pour être prêts à agir en cas de crise majeure.

- Quand la lave a traversé la route et fait craindre le pire -

Imaz Press a fouillé dans ses archives pour faire vivre ou (re)vivre en images ces fois où la lave a traversé la route, obligeant parfois les habitants des communes de Sainte-Rose et de Saint-Joseph à abandonner leurs maisons.

La dernière fois que cela est arrivé, ce fut en 2007 au niveau du Tremblet (Saint-Philippe). L’éruption historique se déclare le 2 avril. À ce moment-là, laves franchissent très rapidement la RN2. L’intérieur du cratère du Dolomieu subit des effondrements de cinquante à cent mètres.

Le village du Tremblet, lui, est évacué. Ce jour-là, une seconde coulée traverse elle aussi la route peu de temps après. Et le soir même, vers 21h30, le feu liquide se jette dans la mer.

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Mais avant cette date, la lave avait déjà traversé la route à plusieurs reprises.

- 2005 : la route coupée au bout de 8 jours

Le 25 février 2005, la route est encore coupée par une coulée de lave, alors que l'éruption en question n'avait commencé que depuis 8 jours.

- 2004 : un cône éruptif au bord de la mer

Le 13 août 2004, le volcan entre en éruption. La coulée s’étend rapidement avant de traverser la RN2 le 22 août par quatre endroits. A deux endroits, la lave se jette dans l’océan. Puis le 31 août, phénomène spectaculaire : un cône éruptif actif apparaît au bout de la première coulée déversée dans la mer.

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- 2002 : la route coupée à plusieurs endroits

Le 5 janvier 2002, une nouvelle éruption volcanique démarre et menace le village de Bois Blanc. Cette année-là, la route nationale est coupée à plusieurs endroits par la lave.

L'une des coulées se jette dans la mer au niveau du lieu-dit la Vierge au Parasol sur la commune de Sainte-Rose.

Mais alors que la lave descendait, le 15 janvier 2022, le village de Bois-Blanc à Sainte-Rose était évacué en raison d'un risque important d'éruption hors enclos.

Plus d'un millier d'habitants de bois-Blanc quittent leurs habitations pour trouver refuge chez des proches ou dans des centres d'hébergement.

Lire aussi : Après la mer, le silence

Lire aussi : Fin d'alerte volcanique

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- 1986 : une coulée de lave divisée en deux bras

Le 20 mars 1986, une fissure de 700 mètres de long s'ouvre en dehors de l’enclos. De multiples fontaines de lave jaillissent, et la coulée se divise ensuite alors en deux bras.

Le premier bras coupe la route nationale et s'immobilise à 200 mètres de la mer. Le second traverse la route sur 150 mètres le même jour, et atteint l’océan, en formant des cascades qui se déversent sur les fonds marins en se jetant des falaises.

Huit habitations sont détruites et la pointe de la Table se retrouve agrandie de plusieurs hectares.

- 1977 : la naissance de "Notre Dame des Laves"

En 1977, le 24 mars plus précisément, le Volcan est en éruption. Des fissures apparaissent à l'extérieur de l'enclos et des coulées de lave se dirigent tout droit vers Bois-Blanc et Piton Sainte-Rose.

Et alors que la lave arrive vers l'église de Piton Sainte-Rose le 13 avril, la lave entre sur trois mètres dans la nef… mais pas plus. Le bâtiment n'a pas été détruit et le reste de la coulée a entouré l'église de Notre Dame.

Ce qui fait de cette éruption, une éruption historique. D'où le nom désormais de "Notre Dame des Laves".

Lire aussi : 1977: La lave s'arrête aux portes de l'église de Piton Sainte-Rose

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