Océan Indien par Imaz Press, mercredi 7 juin 2023 à 15:29

Prison sous tension : Domenjod : un agent pénitentiaire agressé à coups de lame de rasoir par un détenu

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Ce mercredi 7 juin 2023, un agent pénitentiaire de la prison de Domenjod a été pris à partie par un détenu, armé. Muni d’une lame de rasoir, le prisonnier a blessé l’agent à la main, qui a dû être opéré au CHU de Bellepierre. Face à la montée de la violence - dans des prisons bien souvent surpeuplées - le syndicat FO et les agents pénitentiaires de Saint-Denis ont décidé de débrayer ce jeudi (Photo d’illustration : rb/www.imazpress.com)

L'affaire a eu lieu ce matin. Vers 9 heures, alors que les détenus sont en promenade, l'un d'entre eux a franchi une grille pour récupérer une projection qui venait de l'extérieur, nous explique Vincent Pardoux, responsable de FO pénitentiaire. "De fait, mes collègues lui ont demandé de sortir de la cour, chose qu'il n'a pas faite."

Vers 9h15, fin de la promenade. Chaque détenu doit regagner sa cellule. "Le détenu trainant des pieds, mon collège est allé à son contact, c'est là que le prisonnier a sorti une lame de rasoir et a mis un coup violent sur la main de mon collègue", indique Vincent Pardoux, cela entraînant "une hémorragie importante".

Le détenu a donc été conduit directement au quartier disciplinaire de l'établissement. Un détenu pourtant condamné à 10 mois de prison pour "outrage et rébellion sur personne dépositaire de l'autorité publique".

Concernant l'agent pénitentiaire, "il a été vu par l'unité sanitaire de la prison gérée par le CHU. Vu la gravité de la blessure il a été conduit à l'hôpital et à l'heure où je vous parle il est en train d'être opéré", précise le responsable de FO pénitentiaire.

En geste de solidarité et de protestation, les agents pénitentiaires de centre de Saint-Denis feront un débrayage ce jeudi 8 juin à 9 heures devant l'établissement. "Un débrayage symbolique avec un décalage de la prise de service", souligne Vincent Pardoux.

- "On a franchi un palier" -

Le syndicaliste, qui parle au nom de ses collègues, se dit "très en colère". "On a franchi un palier. C'est la première fois qu'un de nos collègues est attaqué à coups de lame de rasoir."

"On est inquiet, on voit très bien la montée en charge des détenus à Saint-Denis avec un taux d'occupation important qui fait que la tension monte."

À La Réunion, selon les chiffres de FO, "on est aux alentours de 120% de surpopulation".

Ce qui exaspère d'autant plus les professionnels, c'est "que les détenus arrivent avec une grande facilité à franchir les règles et passer par-dessus les cours de promenade pour récupérer les projections". Des travaux doivent pourtant être faits, mais le matériel n'a pas encore été reçu.

Ce que demande Vincent Pardoux, c'est un renforcement des équipes locales de sécurité pénitentiaire. À Saint-Denis, ils sont 10 pour l'ensemble de l'établissement mais fonctionnent par groupes de 5 voire 3, 4 habituellement. "Des agents qui généralement sont absorbés par des missions d'extraction médicale."

Au Port également, lors du précédent débrayage, une demande avait été faite pour cette équipe locale de sécurité - non présente dans l'établissement pénitentiaire de l'Ouest.

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ma.m/www.imazpress.com/redac@ipreunion.com

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