Océan Indien par Imaz Press, jeudi 30 mai 2024 à 13:03

[PHOTOS - VIDEO] Rassemblement devant la préfecture (actualisé) : Opération "journée et nuit mortes" : pharmaciens en colère… et officines fermées

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À La Réunion ce jeudi 30 mai 2024, 90% des pharmaciens de l’île suivent le mouvement de grève nationale. Leurs principales inquiétudes : les pénuries de médicaments, l’inflation et un projet de loi visant à faciliter la vente en ligne. Des difficultés qui impactent le quotidien des officines. L’année dernière, plus de 200 pharmacies ont fermé dans l’Hexagone et trois à La Réunion. Ils se sont rassembles à Saint-Denis devant la préfecture dès 11 heures ce jeudi (Photo www.imazpress.com)

À La Réunion, la grande majorité des pharmacies de l'île gardera le rideau fermé ce jeudi.

"La majorité des pharmaciens suivent le mouvement. Les représentants des groupements des pharmaciens et les trois grossistes étaient présents à notre réunion et ils nous soutiennent à 100%", déclare Boubker El-Beghdadi, président de l'Union régionale des professionnels de santé (URPS) des Pharmaciens de la Réunion et de Mayotte.

"La majorité des pharmaciens suivent le mouvement. Les représentants des groupements des pharmaciens et les trois grossistes étaient présents à notre réunion et ils nous soutiennent à 100%", déclare Boubker El-Beghdadi.

"Depuis la grève de 2008 et 2014 je n’ai pas vu un tel rassemblement les pharmaciens sont remontés à bloc", indique-t-il à Imaz Press.

De plus, ce jeudi, les pharmaciens en grève se sont mobilisés dès 11 heures devant la préfecture de Saint-Denis. "On voudrait pouvoir rencontrer le préfet pour lui faire remonter nos revendications au national", explique Sabine Lény, présidente du syndicat des pharmaciens de La Réunion et de Mayotte.

"Une journée pharmacie "morte a été décidée ce jour afin de montrer notre mécontentement à l’État face aux enjeux économiques et de dérégulation que connaissent la profession."

Pour les urgences, il y aura toujours un dispositif de "garde" : une pharmacie par secteur de garde sera accessible, comme pour un dimanche, mais les volets pourraient être baissés.

Sabine Leny précise que le temps de cette grève, "l'Agence régionale de santé prend le relai dans l'organisation des services de garde. Le patient en faisant le 15 sera orienté".

Les pharmacien.nes ont été reçus en préfecture vers 11h30 par la directrice de cabinet du préfet. Une motion a été remise.

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- Trop de médicaments en rupture de stock -

Les pénuries de médicaments sont la raison principale de la grogne des pharmaciens. Près de 5.000 médicaments sont concernés par des ruptures, des médicaments souvent essentiels et pas toujours remplaçables.

En attendant une relocalisation de la production de médicaments, comme l'avait annoncé En Emmanuel Macron en Ardèche l'an dernier, les syndicats de pharmaciens réclament une hausse des prix des médicaments.

Les médicaments mis sur le marché en France sont parmi les moins chers d'Europe et les laboratoires privilégient d'autres pays européens comme l'Allemagne, où les médicaments sont en moyenne 30% plus chers que dans l'Hexagone.

"Le prix bas des médicaments amène les laboratoires à ne pas vendre ces médicaments à la France mais plutôt à d’autres pays européens où le prix est plus élevé ce qui nous amène à des listes de ruptures de plus en plus longues et des médicaments vitaux genre Amoxicilline et Amlodipine", précise le président de l'Union régionale des professionnels de santé (URPS) des Pharmaciens de la Réunion et de Mayotte.

À La Réunion - vu l’éloignement de l’Hexagone - "nous aurons de plus en plus de ruptures et nous ne sommes pas prioritaires quand les médicaments en rupture rentrent". "Il nous faudrait un soutien d’élus locaux pour notre mouvement et on a déjà contacté quelques élus", explique-t-il.

"On veut travailler correctement, sans avoir à attendre deux ou trois jours, notamment pour les patients aux pathologies chroniques", poursuit Sabine Lény.

"Depuis quelques temps, le pharmacien d’officine subit les conséquences des ruptures de médicaments sur son activité quotidienne : appel du médecin, gestion dupatient qu’il faut rassurer, gestion des effets indésirables."

Les syndicats de pharmaciens souhaitent "que l’État s’implique davantage dans les solutions à apporter vis-à-vis de cette pénurie de médicaments parfois d’usage courant comme les antibiotiques, les corticoïdes, les anti-inflammatoires mais aussi d’usage chronique comme les antihypertenseurs ou les antidiabétiques oraux. La Réunion a une population très touchée par les maladies chroniques et nous ne pouvons pasnous permettre de telles pénuries".

La possibilité, enfin, d'autoriser la vente de médicaments en ligne est un autre sujet de discorde. Un projet de loi de la majorité est prévu d'ici l'automne.

"La vente en ligne des médicaments un projet du gouvernement qui est en cours d’élaboration dans le cabinet du premier ministre sans inviter les pharmaciens spécialistes de la vente du médicament à la table de réflexion ce qui va nous emmener à la vente en ligne des médicaments par des multinationales et ce qui va signer la mort des pharmacies de proximité", indique Boubker El- Beghdadi.

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- Des pharmacies qui ferment -

Autre raison de cette grève : l'inflation et la hausse des charges. Entre 2019 et 2023, les pharmaciens ont vu leurs charges augmenter de 25%.

"Depuis 2012 l'on n'a pas négocié avec la CGSS. Du coup, on touche la même chose qu’en 2012 alors que l’inflation est là depuis quatre ans. Nos charges, les salaires de nos employés ont augmenté et les jeunes pharmaciens qui rachètent ont du mal à joindre les deux bouts", note l'Union régionale des professionnels de santé (URPS) des Pharmaciens de la Réunion et de Mayotte.

L'année dernière, "plus de 200 pharmacies ont fermé dans l'Hexagone et trois à La Réunion".

Ajouté à cela, une "dévalorisation du métier du pharmacien suite à des mesures gouvernementales depuis 20 ans, ce qui nous amène de moins en moins de jeunes qui choisissent l’option pharmacie pour leurs études".

"Exemple à la Réunion, nous avons 10 postes vacants mais on a du mal à trouver des jeunes pour s'engager."

www.imazpress.com/redac@ipreunion.com

mots clés de l'article : santé , Actus réunion

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