Océan Indien par Imaz Press, jeudi 7 mars 2024 à 07:57

Relaxé pour provocation à la haine raciale : "Il faut peut-être les tuer" : trois mois avec sursis pour le vice-président du Département de Mayotte

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Ce jeudi 7 mars 2024, Salime Mdéré, vice-président du Conseil départemental de Mayotte a été relaxé pour provocation à la haine raciale. Il a été touefois condamné pour provocation à commettre un crime ou un délit à 3 mois de sursis et 10.000 euros d’amende. En avril 2023, l’élu avait déclaré : "Il faut peut-être les tuer…", en parlant des auteurs de violences urbaines qui secouent l’archipel. Des propos qui l’ont conduit à comparaître devant le tribunal judiciaire de Saint-Denis. Trois mois de prison avec sursis et trois ans d’inéligibilité ont été requis à son encontre. (Photo Photo sly/www.imazpress.com)

L'élu lui espère une relaxe, avait-il déclaré le 1er février lors de son procès. "Je suis encore là pour un mandat de quatre ans et je continuerai à travailler pour Mayotte".

Lors du procès, l'avocat de l'élu, Maître Yanis Souhaïli évoquait la possibilité de faire appel si l'éligibilité de trois ans était prononcée.

La représentante du parquet a requis 3 mois de prison avec sursis, 5.000 euros d’amende et 3 ans d’inéligibilité. Pour la représentante du parquet, il ne fait pas de doute qu'il y a une volonté d’attiser la haine sur le territoire de Mayotte (cela) va à l’encontre de la République et du code pénal".

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- "Beaucoup de choses sont sorties sans que je voulais les dire" -

Maître Yanis Souhaïli a soutenu que.son client "avait été soumis au stress d’une vidéo montrant les délinquants cagoulés qui caillassaient les voitures et qu'il s'agissait là d'un contexte particulier".

Questionné par l'un des avocats de la partie civile, le vice-président du conseil départemental de Mayotte, a présenté une nouvelle fois ses excuses.

"Est-ce qu’on vous a montré une image qui vous a amené à tenir de tels propos ?" tente de savoir la procureure. "Oui on m’a montré des hommes cagoulés et on m’a demandé ce que je ressentais" répond Salime Mdéré.

Lors de son audition, Salime Mdéré a déclaré "ce que je dis va toujours dans le sens où "il ne faut pas attendre à ce qu’il y ait un drame pour qu’on réagisse". C’est vraiment le message que je voulais passer". "Pendant toute l’interview beaucoup de choses sont sorties sans que je voulais les dire, dans toute l’interview il y avait des choses plutôt positives mais voilà j’aurais préféré ne pas sortir ce genre de propos."

Il qualifie ensuite lui-même ses propos de "dérapage". "Ce n'est pas une provocation, c'est un dérapage" insiste-t-il.

- Plusieurs plaintes déposées contre l'élu mahorais -

Interviewé le 24 avril 2023, au moment de l'opération Wuambushu, Salime Mdéré avait été interviewé. Il avait alors déclaré en parlant des auteurs d'actes de délinquance : "des gamins non même pas. Ces délinquants, ces voyous, ces terroristes et il faut peut-être en tuer, je pèse mes mots".

J'ai regardé tout le JT de la télévision publique française à #Mayotte parce que je ne croyais pas à cette séquence et en réalité, même si la journaliste s'oppose à ces mots là, c'est juste la cerise sur le gâteau de la présentation de #Wuambushu ds ce jt . https://t.co/4lsigzoA10

— Dalila Mouarfa (@Dalila_Mouarfa) April 25, 2023

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La Ligue des Droits de l'Homme (LDH), partie civile à se procès, avait décidé de porter plainte contre un élu de Mayotte

"Ces propos scandaleux et dangereux reprennent l’amalgame bien connu et dénué de fondement fait entre l’immigration et la délinquance et tombent sous le coup de la loi", avait déclaré la LDH.

La LDH (Ligue des droits de l’Homme) a déposé plainte contre Salime Mdere, sur le fondement de l’article 24 de la loi du 29 juillet 1881, incriminant la provocation non suivie d’effet à commettre des atteintes volontaires à la vie et l’incitation à la haine raciale.

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