Photographe amatrice passionnée

Danielle Dupré, la montagnarde voyageuse, assoiffée de rencontres

"Je suis une montagnarde, je traîne toujours mon appareil avec moi. Même s’il est peut-être lourd dans mon sac à dos avec les années venant. Tant que je peux le faire, je le fais ! Et quand c’est très beau, je ne peux pas résister," s’amuse la photographe. Retraitée, Danielle Dupré consacre une grosse partie de son temps à sa passion. En balade au plus près des rizières, au fin fond des déserts ou crapahutant en montagne... elle capture des images et ne manque jamais un instant pour aller à la rencontre de l’autre. Rencontre avec cette photographe amatrice, la tête dans les voyages.

C’est à 17 ou 18 ans que Danielle Dupré commence à se passionner pour la photo, "comme ça, par envie, une grande envie. Je ne viens pas d’une famille de photographes," se souvient-elle. Complétement autodidacte, elle avance toute seule. Dans son labo, aménagé dans sa salle de bains d’étudiante, elle développe ses clichés… "Je recouvrais la baignoire, la machine à laver, le lavabo de planches et je ne me lavais plus pendant trois jours !," rit-elle. Pour ne plus être enfermée dans le noir, elle est passée depuis, au numérique.

La magie des voyages

"Lumière, nuages, les changements de temps… J’aime les zones vides comme les montagnes ou les déserts… Je fais très souvent des photos dans la zone du volcan, le matin, le soir… J’adore coucher dehors, en pleine nature," explique Danielle Dupré. Du Sahara au sommet du Piton des Neiges, en passant par Madagascar, le Népal ou l’Inde, la photographe attend parfois longtemps que le soleil se lève ou se couche, que la magie du jeu de la lumière ou des nuages opèrent… "Tout se renouvelle sans cesse, il faut être patient aimer la nature, c’est parfois rude," résume-t-elle, un sourire aux lèvres.

"Mon cœur est toujours dans le désert algérien, dans le sud à Djanet. Il y a aussi le Gourara. La dernière fois que j’y suis allée, c’était en 2011," se rappelle Danielle Dupré.

Calligraphies d’eau et de feu

Pour sa prochaine exposition, la photographe présentera une série sur l’éruption de 2016 au Piton de la Fournaise et les rizières du Yunnan (sud ouest de la Chine)… "Des calligraphies de terre, d’eau et de feu. Les rizières ont toutes sortes de couleurs. Des algues se forment et passent du vert au orange, de bleu au turquoise. Un patchwork magnifique que je voulais photographier. Un froid matin de janvier, je me suis levée à six heures et j’attendais que le soleil se lève. Il y avait une épaisse couche de nuages et les rizières passaient par toutes les couleurs. C’était improbable ! "

De vraies calligraphies pour la photographe. Elle voit dans les murets des rizières, noyés dans l’obscurité des traits à l’encre de Chine. Quelques mois plus tard, elle part photographier le Piton de la Fournaise en éruption "depuis le Pas de Bellecombe avec un téléobjectif, les traits de lave m’ont encore fait penser à de la calligraphie. Ses deux regards, au Yunnan et à La Réunion sont devenus cette exposition," sourit-elle.

Histoires de gens

Mais ce que la passionnée préfère, c’est le portrait, photographier les gens. Une manière d’aller à la rencontre de l’autre. "La photo vient très souvent après un échange, parfois elle est faite et je vais ensuite près de la personne. Elle n’est jamais faite de loin et sans consentement. Si elle ne plaît pas, j’efface."

Une journée a particulièrement marqué Danielle Dupré. C’était à Madagascar, alors qu’elle aidait avec une association à l’installation d’une bibliothèque dans le nord, à Baramahamay : "J’ai passé toute une semaine avec les gens, à couper du bois, s’occuper de la bibliothèque. Les derniers jours, ce sont eux qui sont venus me demander de les prendre en photo. Dans ce village perdu, je me suis retrouvée comme dans un studio ! J’ai ensuite fait tirer les photos et l’association "Ose Madagascar" les a rapportées quelques mois plus tard. Les gens ont eu leur portrait. C’était un bel échange."

Vers d’autres aventures…

Danielle Dupré semble ne jamais s’arrêter de voyager… La prochaine aventure sera en juin, au Zanskar, dans l’Himalaya indien. La photographe s’y rend avec une association pour couvrir la construction d’une école, emportée par une coulée de boue. "L’Himalaya est très touché par le réchauffement climatique, il pleut de plus en plus dans ces anciens déserts d’altitude. L’école de ce village perché à 4.200 mètres d’altitude a été détruite. L’association a trouvé des financements pour apporter des matériaux. Il n’y a pas de routes, on s’y rend par des sentiers et un fleuve. Je pars là-bas pour faire des photos." Une véritable expédition… D’abord un avion qui atterrit à 3.800 mètres, puis des transports et des routes douteuses et enfin trois ou quatre jours de marche… "Tant que je peux voyager, je voyage. Avec l’âge, ce sera difficile, on commence à avoir les genoux usés," rit-elle.

Infos sur son exposition:

Danielle Dupré présente à la salle Beaudemoulin du Tampon du 5 avril au 4 mai prochains, une exposition des photographies de paysages qui évoquent des Calligraphies. Les Calligraphies de Feu dessinées par la Nature au Piton de la Fournaise font écho aux Calligraphies de Terre et d'Eau du Yunnan. Ces rizières, fruits du labeur des Hommes qui les ont créées et entretenues pendant des siècles, sont classées depuis 2013 au patrimoine mondial par l'UNESCO.

Ces prises de vues déjà exposées en Bourgogne en 2017 furent choisies par le Festival Photographique de Montcoutant en 2018 pour être présentées en 2 mètres sur 3. L'exposition sera reprise en septembre dans la région parisienne pour un autre Festival Photographique.

Vernissage: le 5 avril 2019 à 18h, salle Rita et Charles Beaudemoulin au Tampon Ouverture : le mardi, jeudi, vendredi de 9h à 13h et de 14h à 17h ; le mercredi de 14h à 18h ; le samedi de 10h à 18h ; Présence de l'artiste les mercredis et samedis

Site : ddupre.photos.free.fr blog : danielledupre.blogspot.com/ facebook : photographiesdanielledupre

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