Association réunionnaise pour l’aide juridique aux familles et aux victimes

L’Arajufa, au service des Réunionnais depuis 50 ans

photo RB imaz press reunion

Ce jeudi 14 novembre 2019, l’Association réunionnaise pour l’aide juridique aux familles et aux victimes (Arajufa) fête ses 50 ans. 50 années à venir en aide aux plus démunis en matière d’accès au droit, et tout particulièrement aux femmes. Car, dès sa création, ce sont bien les femmes qui étaient visées par cette aide juridique, alors que l’abandon des pères de leurs obligations familiales étaient un vrai fléau. (Photo as/www.ipreunion.com)

A l'occasion de cet anniversaire, le président actuel de l'Arajufa, Jean-Paul Bénard, nous a ouvert les portes de son bureau pour nous conter ces 50 années de combat. En 1969, on pouvait parler d'une situation sociale misérable à La Réunion. Les allocations n'existaient pas, les plus pauvres n'avaient pas d'accès à la justice, l'illettrisme était – encore – plus haut qu'il ne l'est aujourd'hui, et les aides juridictionnelles n'existaient pas. Alors, le premier président de la Cour d'Appel et le procureur de la République de l'époque ont décidé de lancer une association : l'Arajufa. Regardez :

Initialement, l'objectif était de venir aux femmes isolées, précaires. Sur une note datée du 13 novembre 1969, on peut lire : "Déclaration à la Préfecture de la Réunion. Association réunionnaise pour l'aide judiciaire aux familles (A.R.A.J.U.F.A). But : apporter une aide aux personnes qui n'ont pas de ressources suffisantes pour intenter ou y défendre une action à caractère social". Si les femmes ne sont pas citées directement, le président actuel de l'association l'assure, c'est bien elles qui étaient les premières visées par cette aide.

En 50 ans cependant, l'association a eu le temps d'évoluer : aujourd'hui, l'Arajufa veut rendre service à tout ce qui touche aux affaires familiales, mais aussi à l'accès au droit de manière générale, apporter de l'aide aux victimes, quelle qu'en soit l'origine. Regardez :

Mais malgré les cinq décennies qui se sont écoulées depuis la création de l'Arajufa, les problématiques restent les mêmes à La Réunion aujourd'hui. Regardez :

D'ailleurs, l'association est affiliée au Réseau France Victimes, qui vient notamment en aide aux enfants de la Creuse. Entre 2017 et 2018, ce sont 30 personnes qui ont été aidées par l'Arajufa, via le Réseau France Victimes, pour renouer avec leurs racines. Encore aujourd'hui, 50 ans plus tard, ce sont toujours les femmes qui appellent le plus à l'aide : en moyenne, 70% des dossiers traitent de femmes. Affaires de violences conjugales, mises en place du téléphone grand danger, litiges concernant la pension alimentaire… Tous ces points font partie des nombreuses tâches des 17 salariés de l'association. Regardez :

Aujourd'hui, toujours reliée à la CAF et aux deux tribunaux de l'île, l'Arajuva tient une place primordiale dans l'accompagnement juridique des plus démunis. Mais leurs subventions baissent progressivement, et depuis trois départs de l'association, la présidence n'a pas eu les moyens de les remplacer. "On nous demande d'en faire plus, mais il nous manque des moyens" souligne Jean-Paul Bénard. Regardez :

Lors de la visite de la secrétaire d'Etat chargée de l'égalité entre femmes et hommes et de la lutte contre la discrimination Marlène Schiappa, il a été annoncé une enveloppe de 135.000 euros pour La Réunion dédiée aux violences conjugales (800.000 pour les Outre-mer en tout). Une aide très attendue par les associations. Cette rallonge, qui vient s'ajouter aux 4 millions débloqués pour les Outre-mer à ce sujet selon les chiffres du gouvernement, sera redistribuée, notamment entre petites et grandes associations. L'Arajufa est actuellement présente dans 17 communes de l'île, mais les permanences sont parfois irrégulières. Le manque de personnel oblige à se contenter d'une ou deux permances par mois, bien que les membres tentent d'apporter leur aide régulièrement. Il y a tout juste 20 ans, madame Louise Hanon, l'une des membres fondateurs de l'Arajufa, faisait parvenir un courrier au président de l'époque, alors que l'association fêtait ses 30 ans. Elle écrivait "Un jour, on célébrera le cinquantenaire de l'Arajufa. Deux fois dix ans, ce n'est pas si loin". Des mots justes. Et qui sait, peut-être y aura-t-il encore beaucoup d'autres décennies à fêter.

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