Chantier de la NRL

Fin de la table ronde, la digue sera construite avec des roches locales

Photos : MM pour Imaz Press Réunion

Transporteurs, présidents des Conseils départemental et régional, groupement et préfet sont réunis ce vendredi 18 octobre 2019 pour une table ronde afin de discuter de l’avenir du chantier de la Nouvelle Route du Littoral. Cette réunion commune était une condition pour que les transporteurs cessent leurs blocages. Ce mercredi 16 octobre ils ont manifesté leur colère devant le siège du groupement SBTPT-Vinci-GTOI au Port : environ 80 camions ont bloqué les entrées, en attente d’une date claire et fixée pour se réunir avec tous les acteurs concernés par le chantier. Le sujet qui fâche : la recherche de roches massives. Commencée à 14h45, la table ronde s’éternise, et les points de désaccord semblent nombreux.

Selon une récente étude de la Safer et de la Région, 2,6 millions de tonnes de roches sont exploitables dans les champs agricoles de Sainte-Anne. Pour cela, il faut débloquer une enveloppe supplémentaire, nécessaire pour terminer le chantier.

Lors d'une réunion ce lundi 14 octobre à la Région, Didier Robert s'est dit ouvert à la question de l'extraction des andains, et à la mise à disposition d'une rallonge financière pour effectuer cette opération. Les transporteurs veulent savoir aujourd'hui à combien d'élèvera cette enveloppe. La question des roches mauriciennes, elle, a manifestement été écartée notamment pour des raisons de coût. En effet, l'extraction de roches réunionnaises reviendrait à 25 euros en moyenne par tonne, contre 50 euros par tonne en les important de Maurice.

Ce vendredi 18 octobre, les transporteurs attendent des réponses claires et une véritable feuille de route pour savoir comment terminer le chantier de la NRL. Sont rassemblés les représentants des syndicats de transporteurs, réunis en intersyndicale (FNTR, OTI, FTOI), le président de Région Didier Robert et le conseiller régional en charge des gros chantiers Dominique Fournel, le président du Département Cyrille Melchior, les représentants du groupement SBTPC-Vinci-GTOI, ceux de la préfecture et des syndicats du BTP, la CGTR et la CFDT.

Le point à 19h

La table ronde, commencée à 14h45, s'éternise et les discussions semblent compliquées. Selon nos informations, récoltées sur place, le groupement et la Région sont rigides dans leurs positions et ne lâchent rien.

Les transporteurs, faute de réponses satisfaisantes, devront alors réfléchir à la suite des opérations. En cas de désaccord profond, ils avaient évoqué des blocages dès lundi 21 octobre. Ils assuraient alors ne pas gêner la circulation, mais bloquer uniquement les administrations.

Le point à 21h

La digue sera bien construite avec des roches locales. Nous publions ci-dessous le communiqué de la préfecture :

"Ce vendredi après-midi, sous l’égide du préfet de La Réunion, les principaux acteurs du chantier de construction de la Nouvelle route du littoral se sont réunis : conseil régional, conseil départemental, groupement d’entreprises, FRBTP, FNTR, FTOI, OTI, CTTR, CDJA, CFDT, CGTR. Les échanges ont porté sur les conditions de poursuite du chantier.

Les participants se sont engagés à conduire le chantier à son terme dans les meilleurs délais possibles et à un coût acceptable par le maître d’ouvrage (conseil régional).

La digue de 2,7 km de Grande Chaloupe à La Possession sera construite en privilégiant les approvisionnements en ressources locales, incluant les andains et l’épierrage.

Une discussion entre le maître d’ouvrage et le groupement d’entreprises sera ouverte sous l’égide du secrétaire d’État chargé des transports, pour aboutir sous un mois à une solution opérationnelle. Les capacités financières et les contraintes juridiques du maître d’ouvrage seront prises en compte. Les propositions du groupement d’entreprises seront analysées.

Dans l’immédiat, les entreprises de transport seront mobilisées pour la poursuite des travaux."

Les syndicats satisfaits

Le chantier va reprendre la semaine prochaine, la route se finira. "On va quand même remercier monsieur le préfet qui a fait un énorme boulot de médiateur", explique Didier Hoarau, président du syndicat d'OTI.

"Chaque acteur a fait le nécessaire pour trouver une sortie de crise", explique Gaël Rivière. "Des roches on en a, maintenant l'activité va pouvoir reprendre. On va augmenter le nombre de camions et commencer à prendre les andains dans les champs." Démarrage du chantier : début 2020. Les syndicats parlent d'une "belle négociation", malgré des débats houleux. "Je ne suis plus en colère", admet Jacky Balmine, secrétaire général de la CGTR BTP.

"J'ai voulu jouer ce rôle de facilitateur", explique le président du Conseil départemental Cyrille Melchior. "Certains des freins peuvent être enlevés de façon intelligente, notamment concernant les andains, en disant pendant 10 ans qu'on ne pouvait pas les prélever. Tout le monde a fait des concessions" ajoute-t-il interrogé par RTL Réunion

La réunion était "importante" ajoute Didier Robert, président de la Région. "C'est un chantier d'intérêt général, nous sommes à 80% d'avancement. Ce que je retiens de cette réunion, c'est l'affirmation que nous terminerons la digue, avec des ressources locales de façon très prioritaire" commente-til sur RTL Réunion. Sur la question financière, il dit chercher "le bon équilibre", il affirme que ces questions économiques et environnementales vont être abordées avec le plus haut niveau de l'Etat. Mais pas de rallonge financière abordée précidément ce jour. "Nous avons besoin de l'ensemble des partenaires", ajoute-t-il.

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