La culture va commencer en septembre

A La Réunion on sait aussi planter du chanvre

Pousse de chanvre (Association Chanvre Réunion)

Alors que les agriculteurs commencent à s’organiser pour la diversification de l’activité agricole réunionnaise, l’Association Chanvre Réunion se lance dans le marché du chanvre. Alors que la métropole est la première productrice européenne de ce produit, avec 16 000 hectares de terres consacrées à la culture de cette plante, La Réunion est encore en retrait. Une situation à laquelle l’association veut remédier. Bon à savoir : le chanvre en question n’est pas une drogue et ne provoque aucun effet...

Créée en septembre 2018, il aura fallu un an aux membres de l'Association Chanvre Réunion pour pouvoir commencer à planter leurs graines. D'ici un mois, six terrains seront donc dédiés à la culture du chanvre, afin de déterminer quel climat est le plus adapté. "Il y aura des terrains à Saint-Paul, à Sainte-Suzanne, à la Plaine des Cafres, à l'Entre-Deux, à Saint-Philippe et à Saint-André" liste Benjamin Coudriet, président de l'association. Pour bien se préparer, l'association a accueilli des spécialistes de la culture du chanvre sur l'année passée. "Une cinquantaine d'agriculteurs ont reçu une formation, et une évaluation de la faisabilité technique a été réalisée" continue-t-il.

Mais pourquoi investir dans cette plante ? "Aujourd'hui, l'utilisation du chanvre peut se décliner à de très nombreux marchés : le textile, le cosmétique, la construction, l'alimentaire… Tant de champs de possibilité qui ne sont pas exploités à La Réunion" explique Benjamin Coudriet. Le chanvre offrirait aussi de nombreux avantages du côté écologique, la plante ne nécessitant pas de pesticide. "Un réel atout lorsque l'on sait les quantités utilisées à La Réunion" souligne-t-il. De plus, l'association veut favoriser le circuit court grâce aux marchandises issues du chanvre, produites à La Réunion pour La Réunion. "On ne cherche pas à produire de façon industrielle" souligne le président. Si les plantations devaient prendre, l'association mise sur une pousse qui devrait s'étendre sur trois à quatre mois. "On pourrait donc commencer à commercialiser le chanvre, au moins sous forme de graine, d'ici la fin 2020" précise-t-il. Reste à voir aujourd'hui quelles plantations réussiront à prendre.

Un début de piste pour remplacer la canne

Si le chanvre n'est bien évidemment pas LA solution pour remplacer la totalité des plantations de cannes, il représente tout de même un début de piste pour les agriculteurs souhaitant se renouveler. "Nous sommes en partenariat avec la Chambre d'agriculture, et le Département et la Région ont une écoute bienveillante de nos demandes" continue Benjamin Coudriet. Par ailleurs, un crowfunding a été lancé. "C'est une façon d'inclure la population dans notre projet et de traduire leur engouement, explique le président de l'association, mais ce n'est pas notre principale source de financement". A noter que le chanvre cultivé par l'association n'est pas une drogue et une éventuelle "fumette" ne provoqueait aucun effet...

Dans le même ordre d'idée, un projet d'expérimentation de zamal thérapeutique est aussi en cours, toujours en partenariat avec la Chambre d'agriculture. Les différents acteurs souhaitent en effet transformer La Réunion en terrain laboratoire, alors que le gouvernement commence à ouvrir la voie pour le cannabis thérapeutique. " C'est un modèle fort alors qu’on l’on est en pleine rotation de cultures" conclut Benjamin Coudriet.

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as/www.ipreunion.com