Désengorger Saint-Denis

Le projet de tram de la Cinor devrait voir le jour d’ici fin 2023

Photos : RB Imaz Press Réunion

La CINOR détaille son projet de Tram Aéroport entrée Ouest (TAO). Celui-ci pourrait voir le jour à la fin de l’année 2023. Un chantier colossal censé désengorger les entrées de Saint-Denis et valoriser les transports en commun, plutôt que la voiture. Une concertation publique a été lancé le 26 août 2019, elle se termine officiellement le 31 octobre. Entre 45.000 et 50.000 personnes y auront contribué.

Les études de faisabilité vont dans le sens d'une "mise en service avant 2023" annonce Denis Defargues, assistant maîtrise d'ourage et chef de projet à la CINOR. Dans les faits, celle-ci devrait être faite fin 2023. Cela correspond à la fin du plan de déplacement urbain (PDU). Le budget transport représente un tiers du budget total de la communauté intercommunale.

Le financement de ce projet de tram devrait notamment venir de fonds européennes via la FEDER (Fonds européen de développement régional), de subventions de l'Etat ou encore du versement transport pour lequel toutes les entreprises cotisent.

Aujourd'hui la CINOR, même si elle ne veut pas être "stigmatisée", reconnaît avoir mal anticipé les paramètres de développement de la ville et de l'entrée Est de Saint-Denis. "On constate une accélération de la saturation depuis 2013" explique le chef de projet.

Des trams toutes les 4 à 6 mn

Les trois communes de la CINOR, Saint-Denis, Sainte-Marie et Sainte-Suzanne, sont concernées. Le PDU concerne une zone allant du Barachois jusqu'au Quartier français. "C'est une offre sur laquelle il n'y a pas de voiture", précise Denis Defargues.

Deux dispositions techniques : "entre Duparc et Barachois : un tram qui va permettre de profiter à 90.000 passagers par jour, et sur la partie Duparc – Quartier Français, un bus qui sera capable de transporter 15 à 20.000 passagers par jour". La partie tramway correspond au tracé de l'ancien tram-train.

Une garantie : la ponctualité, sujet fâcheux pour beaucoup d'usagers des cars et bus du réseau Nord. Les tramways auront une fréquence d'un passage toutes les 6 mn, 4 mn en heure de pointe.

Apprendre à abandonner sa voiture

Sur le territoire de la CINOR, 60% des déplacements se font en voiture contre 10% en transports en commun. Tous les matins la saturation des routes autour du chef-lieu est évidente. "A l'Est près de 90.000 véhicules bloquent l'accès à Saint-Denis, 45.000 qui entrent, 45.000 qui sortent" précise Denis Defargues. Sur l'Ouest c'est autour de 85.000. "Globalement 82% de l'Ouest s'arrêtent à Saint-Denis, et 40% de l'Est."

Bien sûr ce PDU implique donc de nombreux changements culturels, parmi lesquels celui d'abandonner sa voiture, au moins aux portes de la ville, au mieux aux portes du territoire de la CINOR. Pour inciter les automobilistes à prendre le tram, notamment les usagers qui viendront de la Route du Littoral, des tarifs préférentiels peuvent être mis en place aux parkings relais qui seront situés sur le passage du TAO.

Sur le plan de la billettique, des études techniques vont maintenant permettre de définir tous les détails : "une billettique commune entre tramway et bus, ainsi que les transports par câble (téléphérique, ndlr). L'objectif est de conserver le même prix de billet, voire moins cher." La CINOR espère ainsi passer de 82.000 passagers par jour sur le réseau de transport en commun à "plus du double".

Après la voie terrestre, des "bateaux bus"

Prochaine étape, après 2023 cette fois, la circulation maritime. "Aujourd'hui le port de Sainte-Marie, le seul sur le territoire du Nord, pourrait recevoir des capacités de cabotage. Réflexions similaires à Sainte-Suzanne, et le projet NEO à l'entrée Ouest de Saint-Denis."

Ces "bateaux bus" pourraient donc permettre de désengorger encore un peu plus les routes, et d'envisager "des mobilités maritimes".

Concertation entre la CINOR et la Région

"Aujourd'hui les deux présidents de la Région et la CINOR discutent, pour l'instant le résultat n'est pas connu, mais ils se sont entendus pour développer une offre de transport commun" explique Denis Defargues. "Simplement ce que l'on peut dire c'est qu'aujourd'hui c'est que la CINOR a pour objectif des développements de transport intra-urbain, et la Région a des projets inter-urbains."

Comme l'indique le SAR depuis 2010, "ces deux offres doivent être coopérantes, et ne doivent pas être concurrentes l'une de l'autre."

45.000 participants à la concertation

D'ici la fin de la semaine, fin officielle de la concertation, la CINOR envisage près de 50.000 participations. Plus de 25.000 personnes sont directement rentrées dans la caravane itinérante pour donner leur avis. En tout, la concertation aura duré 65 jours.

"Trois constats ont été effectués : ce projet doit se faire, mais il arrive avec 10 ans de retard, et enfin la population redoute une annonce politique et avec les échéances électorales, les gens se demandent si ce projet TAO ne sera pas remis en cause par les prochaines mandatures."

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