Les planteurs se disent "inquiets"

Photos RB Imaz Press

Une vingtaine de planteurs, membres de la Confédération générale des planteurs et éleveurs de La Réunion (CGPER), a invité la presse ce mercredi 13 juin 2018 devant l’usine Bois Rouge de Saint-André. Ils ont souhaité faire le point suite à leurs nombreuses manifestations qui ont marqué l’année 2017. S’ils ne remettent pas en cause la convention signée avec l’industriel Tereos à l’issue de leur mobilisation massive, les agriculteurs pointent du doigt une nouvelle problématique. Selon eux, les professionnels qui utilisent une coupeuse automatique, aussi appelée "coupeuse péi", sont perdants. Leur production ne serait pas rémunérée à sa juste valeur. "On tire la sonnette d’alarme" affirme la CGPER.

Pour rappel, l’année dernière, au mois de juillet, la signature de la convention canne 2017-2021 avec Tereos a bousculé toute l’île. Blocages d’usines, opérations escargot, tensions et tracteurs à la préfecture... Les actions des planteurs avaient été nombreuses et elles avaient porté leurs fruits : l’usinier avait fini par leur octroyer 2,60 euros de revalorisation du prix de base de la tonne de canne, une prime d’intéressement de 0,88 centimes d’euros et une aide à la production de 0,4 cts pour ceux coupant un volume de moins de 700 tonnes.

"Il reste un véritable problème"

"Certes, il y a eu des avancées sur la nouvelle convention canne signée en 2017 suite à des semaines de manifestation des agriculteurs. Nous avons pu avoir 2,60 euros" concède Atanari Krishna, deuxième vice président de la CGPER et planteur à Saint-Benoit, Néanmoins, il affirme : "aujourd’hui, il reste un véritable problème. Cela concerne les coupeuses mécaniques canne longue, les fameuses coupeuses péi". 

Atanari Krishna précise son propos. Regardez : 

 

 

Un agriculteur de Grand Bois explique

Concrètement, pourquoi l’usage de la coupeuse mécanique fait-elle perdre de l’argent aux planteurs qui l’utilisent ? Samuel Mouguia, agriculteur à Grand Bois et président de la fédération Sud de la CGPER est directement concerné. Il répond : 

 

 

Cette perte de richesse trouverait son origine dans la coupe de la canne. Le taux de fibre augmenterait avec la coupeuse péi, ce qui diminueraient les revenus des planteurs. Alors qu’une fois arrivée à l’usine, la production présenterait le même taux de sucre qu’une production coupée manuellement. Samuel Mouguia l’explique : 

L’ancien président de la CGPER s’exprime

"Les agriculteurs ont besoin d’argent pour vivre" a réagi l’ancien président de la CGPER, Jean Yves Minatchy. L’avenir de la filière et notamment la concurrence internationale, l’inquiètent. Regardez :

 

La CGPER veut une réunion avec Tereos

Pour trouver un accord, la CGPER souhaite s’entretenir, dans les jours qui viennent, avec la Coopérative Tereos. "Il faut qu’on trouve des solutions ensemble" déclare Atanari Krishna qui n’envisage par, pour autant, un étalement des dettes des agriculteurs concernés : 

 

Si les discussions tournent court, les planteurs l’assurent : une nouvelle mobilisation aura lieu. "On ne lâchera pas l’affaire" prévient Samuel Mouguia qui espère tout de même que la filière canne-sucre soit pérennisée. 

sw/www.ipreunion.com

 

mots clés de l'article : La Réunion , agriculteurs , sucre , Planteurs , Canne , actus reunion , Actus réunion , Tereos

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