Réunion lundi 17 février 2020
Elections municipales 2020

Qui veut être maire ? moi, moi, moi !

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Alors que la campagne des municipales bat son plein actuellement, le bal des annonces de candidatures continue à La Réunion. Ils ne sont pas moins de 169 pour l’instant à briguer la primo magistrature des 24 communes de l’île. Un chiffre qui démontre que la chose politique intéresse toujours autant. C’est un signal positif pour la démocratie locale. Et ce, alors que les citoyens semblent de plus en plus se désintéresser de la politique. Une donnée que les candidats n’ont peut-être pas mesurée à sa juste mesure. Etat des lieux des candidatures à quelques semaines du premier tour, le 15 mars prochain (Photo rb/www.ipreunion.com)

Des habitués aux profils très différents

169 candidats, 169 profils différents, 169 projets politiques pour les communes réunionnaises. Parmi eux, il y a bien sûr ceux qu’on peut appeler les " professionnels de la politique ". Ce sont ceux qui sont dans le paysage politique depuis plusieurs années, habitués des joutes et des techniques de campagne électorale. Ils sont souvent sortants, tels que les maires candidats à leur réélection, ou bien issus de l’opposition.

Il y a également les revenants, tels qu’Huguette Bello, Alain Bénard, Wilfrid Bertile, Bruno Mamindy Pajany, Cyrille Hamilcaro, Claude Hoarau, Pierre Vergès ou encore Eric Fruteau, qui veulent reconquérir le pouvoir. N’oublions pas les héritiers, Ericka Bareigts à Saint-Denis, Jean-Marie Virapoullé à Saint-André , Philippe Robert à la Possession, Sandra Sinimalé à Saint-Paul.

Cette campagne est également marquée par de très nombreux déchirements au sein des majorités en place. Nombreux sont ceux qui ont décidé de sortir de l’ombre, des adjoints notamment, qui décident de voler de leurs propres ailes, comme c’est le cas à Saint-Paul ou à Saint-André où plusieurs adjoints ont décidé de se désolidariser de l’équipe sortante. On peut aussi évoquer le cas de Sainte-Marie où l’héritage Lagourgue fait l’objet d’une âpre opposition entre deux anciens adjoints du sénateur Jean-Louis Lagourgue, Richard Nirlo, couronné maire lors de la démission du sénateur, et l’éternel dauphin qui ne veut plus attendre son heure, Yves Ferrières.

Aux Avirons, voilà que l’ancien opposant Eric Ferrère est soutenu par une partie de la majorité municipale tandis que l’autre moitié a suivi les consignes de l’ancien maire Michel Dennemont pour se ranger derrière Roseline Lucas. Division également au Port où Sergio Erapa fera cavalier seul.

Gilets jaunes, jeunes, le renouveau peine à se faire de la place

Pour ce qui est du renouvellement de la classe politique, force est de constater que ça ne se bouscule par tant que ça.

La jeunesse a, il faut le reconnaître, une belle place dans cette élection avec de nombreux candidats âgés de moins 40 ans. C’est le cas des représentants de Croire et Oser d’Alexandre Laï Kaï Cheong qui, depuis quelques années déjà, font valoir la jeunesse comme moteur du renouveau politique. Mais bien d’autres jeunes se sont lancées dans la bataille des municipales, tels que Juliana M’Doihoma à Saint-Louis, Stéphane Randrianarivelo à la Possession avec le soutien de LREM, Ranjit Camalon à Saint-André, Grégoire Cordebeuf à Sainte-Marie, Imrhane Moullan à Saint-Pierre ou encore Dimitri Rangama-Petchy et Johan Guillou à Saint-Leu.

Du côté des gilets jaunes, alors qu’on aurait pu s’attendre à un véritable déferlement de listes citoyennes un an et demi après le grand mouvement qui avait secoué La Réunion, force est de constater que la mayonnaise n’a pas vraiment pris. Certes des citoyens issus du mouvement apparaissent ci et là sur certaines listes. Magaly Onesio qui fut une des figure du mouvement est même tête de liste à Saint-Denis, mais avec le soutien de la France Insoumise. D’autres noms apparaissent sur certaines listes. Mais la revendication d’une action collective indépendante des partis traditionnels semble avoir fait définitivement long feu.

Et les citoyens dans tout ça ?

Cette élection se déroule 1 an et demi après la crise des gilets jaunes qui avait ébranlé l’île et mis en exergue la défiance des citoyens vis-à-vis des élus réunionnais. Outre le président de Région, es maires en particulier avaient été pris à partie, accusés de céder au clientelisme et de ne pas suffisamment agir dans l’intérêt de leur commune.

Si les élections européennes ont été un fiasco démocratique avec XXX de taux de participation, elles ne permettent pas de mesurer véritablement la réalité de l’intérêt (ou de désintérêt) des électeurs. Les municipales seront donc le premier test grandeur nature post gilets jaunes qui permettra de mesurer l’impact du mouvement sur la confiance des Réunionnais.

Un sondage réalisé par Pigé et La’Bel Expression en juin 2019 donnait d’ailleurs à voir une certaine image de l’opinion publique à quelques mois du scrutin. Dans les détails, les Réunionnais affirmaient faire davantage confiance à leur maire, nettement plus qu'à leurs députés, et leurs conseillers régionaux et départementaux. Malgré un climat de confiance favorable, ils exprimaient une certaine déception de la mandature en place : 47 % étaient insatisfaits des actions menées jusqu'ici par leur maire contre 42 %, et 11 % sont sans opinion. 51 % des sondés ne souhaitaient pas que leur maire soit réélu, contre 25 %.

Quand on voit certaines alliances contre-nature, les trahisons, les jeux de pouvoir et les ambigüités de certains, on peut raisonnablement se demander si tous les candidats à cette élection ont réellement mesuré l’ampleur du ras-le-bol. Réponse les 15 et 22 mars prochains.

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